Aller au contenu

Dark Winds : notre avis sur le polar dans la Nation navajo

Dark Winds – illustration de l’article de Dernier Rush
© AMC

Un meurtre, des policiers hantés par leur passé, une communauté où les secrets circulent plus vite que les preuves : Dark Winds a tout d’un polar classique, et c’est exactement ce que j’y ai aimé. La série d’AMC, adaptée des romans de Tony Hillerman, se passe dans la Nation navajo au début des années 70, et elle est portée par un excellent Joe Leaphorn. C’est une bonne série, même si on a déjà vu mieux dans le genre. Je lui mets 8/10.

Notre avis8/10

Un vrai polar dans la Nation navajo des années 70, porté par un Joe Leaphorn magnétique. C’est bien, même si le genre a déjà fait mieux.

  • Où la voirCanal+
  • Format4 saisons · 28 épisodes
  • GenrePolar
Pour vous si…

vous aimez les enquêtes à l’ancienne, True Detective et les grands espaces.

Passez votre chemin si…

vous voulez un rythme effréné.

Si vous avez aimé : True Detective, Wind River, La isla mínima

De quoi parle Dark Winds ?

La série suit Joe Leaphorn (Zahn McClarnon), lieutenant de la police tribale navajo, endeuillé par la mort de son fils. Il accueille dans son équipe Jim Chee (Kiowa Gordon), un jeune policier dont le retour sur ses terres cache plusieurs zones d’ombre. À leurs côtés, Bernadette Manuelito (Jessica Matten) prend de plus en plus d’importance au fil des saisons. Chaque saison suit une nouvelle enquête, meurtres, disparitions, crimes dont les ramifications dépassent souvent les frontières de la réserve, tout en poursuivant l’histoire personnelle des trois policiers.

Ce qui m’a plu

Une enquête façon polar

C’est ce qui m’a accroché. Dark Winds assume complètement son côté polar : interrogatoires, suspects, fausses pistes, tensions avec le FBI. Mais elle remplace les ruelles sombres et la pluie par le désert. Les routes vides, les canyons et les distances énormes entre les maisons créent leur propre isolement : une panne de voiture ou une radio qui ne répond plus suffit à mettre un personnage en danger, même en plein jour. Et comme on est en 1971, il n’y a ni téléphone portable ni base de données. Les enquêteurs doivent aller sur le terrain, parler aux gens, faire des kilomètres pour relier deux indices. Ça donne des enquêtes à l’ancienne, prenantes, où l’on avance avec eux.

Le créateur Graham Roland, membre de la Nation Chickasaw, voulait aussi éviter le cliché de l’enquêteur blanc qui découvre une communauté. Comme il l’explique dans cet entretien, tout est raconté à travers des personnages qui vivent sur place. La Nation navajo n’est pas un décor exotique, c’est le cœur de l’histoire.

Joe Leaphorn, un enquêteur à part

Le personnage qui porte la série, c’est Leaphorn. Zahn McClarnon, qu’on a vu dans Fargo, Westworld ou Reservation Dogs, trouve ici le rôle principal qu’il méritait. Leaphorn parle peu, observe beaucoup, et semble toujours contenir une colère liée à la mort de son fils. Ce n’est pas un enquêteur infaillible : ses blessures influencent ses décisions et le poussent parfois au-delà de ce que son uniforme lui permet. C’est ce qui en fait un vrai héros de polar noir, de ceux qui ne sortent jamais indemnes d’une enquête. Sa relation avec Jim Chee évite le simple duo maître et élève : ils ne sont pas souvent d’accord, et leurs désaccords comptent autant que les affaires.

Ce qui coince

C’est bien, mais il y a mieux. Dark Winds fait très bien ce qu’elle fait, mais elle n’atteint pas le niveau des grands polars comme la première saison de True Detective. Les enquêtes sont solides sans être toujours surprenantes, et le rythme est parfois un peu lent. C’est une série qu’on regarde avec plaisir, pas une claque.

Pour qui, et quoi regarder ensuite

Dark Winds est faite pour ceux qui aiment les polars posés, les grands espaces et les enquêtes de terrain. Avec 28 épisodes en quatre saisons, elle se rattrape facilement, et la suite est assurée : AMC a renouvelé la série pour une saison 5, attendue en 2027. Pour un autre polar dans des paysages écrasants, lisez notre avis sur La isla mínima. Et pour une ambiance encore plus sombre, il y a The Terror.

Infos pratiques

  • Plateforme : Canal+ en France (saisons 1 à 4)
  • Format : 4 saisons, 28 épisodes d’environ 45 minutes
  • Création : Graham Roland, d’après les romans de Tony Hillerman
  • Avec : Zahn McClarnon, Kiowa Gordon, Jessica Matten
  • Suite : saison 5 de 8 épisodes prévue en 2027
Ajouter Dernier Rush sur Google