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The Good Place : pourquoi la série s’est arrêtée après quatre saisons

The Good Place – illustration de l’article de Dernier Rush
© NBC

Quatre saisons, 53 épisodes, et une fin qui sonne comme une évidence. Quand on découvre The Good Place, sa durée peut pourtant surprendre : la comédie portée par Kristen Bell et Ted Danson avait trouvé son public, était saluée par la critique et avait encore de quoi continuer. Alors pourquoi s’arrêter si tôt ? Tout simplement parce que NBC ne l’a pas annulée : c’est son créateur, Michael Schur, qui a décidé que la quatrième saison serait la dernière.

Une fin choisie, pas imposée

Schur l’a annoncé le 7 juin 2019, plusieurs mois avant le lancement de la dernière saison, comme le rapportait TheWrap. Après le renouvellement pour une saison 2, son équipe avait commencé à tracer la trajectoire globale du récit, et quatre saisons lui ont peu à peu paru être « la bonne durée de vie ». La confusion vient sans doute du calendrier : NBC avait renouvelé la série pour une quatrième saison en décembre 2018, et l’annonce de la fin est arrivée six mois plus tard. On aurait pu croire à une chaîne accordant une dernière saison pour boucler l’histoire. En réalité, Schur a remercié NBC et Universal Television de l’avoir laissé finir selon son propre calendrier, et la chaîne a soutenu publiquement ce choix, comme le relevait UPI. Il n’y a jamais eu de saison 5 commandée puis abandonnée.

Une destination connue très tôt

Schur n’avait pas pour autant écrit quatre saisons avant le premier épisode. Dès 2017, il expliquait au Los Angeles Times qu’il avait déjà une bonne idée de la destination de l’histoire avant même de présenter la série aux chaînes, et que tout le travail consistait à trouver le meilleur chemin pour y arriver. C’est ce qui explique la forme si particulière de The Good Place. Contrairement à une sitcom classique, où les personnages retrouvent à peu près leur situation de départ à la fin de chaque épisode, son univers change sans arrêt : des révélations qui auraient pu nourrir une saison entière tombent au bout de quelques épisodes, les règles évoluent et les enjeux philosophiques avec elles. Connaître le cap, selon Schur, permettait justement de ne pas faire du surplace.

Une série qui « dévorait » ses idées

La vitesse est la clé. Le grand retournement de la première saison aurait pu être repoussé de plusieurs années dans une autre série. Schur et son équipe ont choisi de l’utiliser tout de suite et d’en assumer toutes les conséquences, puis de passer à la suite dès qu’une situation avait donné ce qu’elle pouvait. La différence avec The Office ou Parks and Recreation est importante : ces comédies reposent sur un cadre stable, une entreprise ou une mairie, qui peut accueillir des dizaines d’histoires sans que le principe change. Dans The Good Place, l’univers lui-même est une énigme, et chaque réponse réduit le nombre de mystères disponibles. Schur disait en 2019 que la série dévorait son histoire à une vitesse folle, ce qui explique pourquoi ses 53 épisodes paraissent si denses.

Une saison 5 possible, mais pas souhaitable

Schur ne prétend pas qu’il était impossible de continuer. Il reconnaît que les scénaristes ont été plusieurs fois tentés d’aller plus loin, non parce qu’ils avaient trouvé une nouvelle grande histoire, mais parce qu’ils adoraient faire la série. D’où son image : l’équipe ne voulait pas continuer à faire du surplace simplement parce que l’eau était bonne. Le casting fonctionnait, NBC laissait travailler, tout le monde aurait aimé prolonger l’expérience. Mais selon Vanity Fair, les auteurs consommaient leurs idées si vite qu’une prolongation les aurait forcés à ralentir ou à étirer artificiellement certaines étapes. Une fois la structure de la saison 3 fixée, la quatrième ressemblait déjà à la conclusion logique, et chaque tentative de garder des idées pour une saison 5 butait sur le même problème.

Une dernière saison qui a eu le temps de bien finir

NBC n’a pas obligé les auteurs à compresser leur fin. Les trois premières saisons comptent 13 épisodes, la quatrième en a 14, avec un final rallongé, de quoi donner à Eleanor, Chidi, Michael, Tahani, Jason et Janet le temps de conclure leur parcours. Le dernier épisode, Whenever You’re Ready, a été écrit et réalisé par Michael Schur lui-même. Les acteurs savaient que l’histoire s’arrêtait : chaque trajectoire a pu être écrite en sachant combien de temps il restait, sans cliffhanger pour convaincre la chaîne de renouveler ni intrigue laissée ouverte pour une éventuelle suite. Une liberté rare à la télévision américaine.

Une fin qui colle au propos de la série

Sans rien dévoiler, le lien est évident. Pendant quatre saisons, The Good Place pose des questions sur la façon de vivre, de devenir meilleur et de donner du sens au temps qu’on a. Sa conclusion pousse naturellement vers une autre question : comment savoir quand une expérience est arrivée à son terme ? Elle concerne les personnages, mais aussi la série elle-même. La prolonger indéfiniment aurait presque contredit ce qu’elle racontait. Quatre saisons semblent courtes à côté des neuf de The Office, mais The Good Place n’a jamais été conçue comme elle : c’est une histoire continue, et une fois la destination connue, rallonger le trajet n’aurait ajouté que des détours. Schur a choisi de partir pendant que l’équipe avait encore envie de rester.

Elle n’est pas la seule à avoir fait ce choix : lisez aussi pourquoi Fleabag s’est arrêtée après deux saisons.

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