Netflix renforce considérablement le casting de The Retrievals. Jessica Chastain rejoint Emilia Jones et Amy Ryan dans cette nouvelle série dramatique créée par Molly Smith Metzler, déjà à l’origine de Maid et Sirens. L’actrice oscarisée incarnera Kaitlyn Langford, une femme dont le parcours de fertilité bascule lorsqu’elle découvre avoir été victime du détournement de fentanyl au cœur du scandale réel du Yale Fertility Center.
L’arrivée de Jessica Chastain a été révélée dans la nuit du 16 au 17 septembre, avant d’être directement intégrée par Netflix à sa présentation officielle de The Retrievals sur Tudum. Elle rejoint un projet qui avait déjà commencé à se préciser au cours de l’été : Emilia Jones avait été annoncée en août dans le rôle principal de Gabby Clemente, puis Amy Ryan avait rejoint la distribution quelques jours avant Chastain.
À première vue, The Retrievals pourrait ressembler à une nouvelle reconstitution télévisée d’un fait divers américain. Le projet est pourtant plus complexe. La série est bien inspirée d’une affaire réelle et du podcast d’investigation du même nom produit par The New York Times et Serial Productions, mais Netflix ne transpose pas directement à l’écran l’identité des patientes et de l’infirmière impliquées. Les trois personnages principaux actuellement annoncés sont fictifs, conçus pour préserver ce que Molly Smith Metzler décrit comme la « vérité émotionnelle » des témoignages tout en construisant un véritable récit dramatique.
Cette distinction sera particulièrement importante pour une histoire dont les événements réels sont déjà largement documentés.
Jessica Chastain incarnera Kaitlyn Langford
Jessica Chastain jouera Kaitlyn Langford, une ancienne historienne de l’art qui a passé une dizaine d’années à enchaîner les traitements de fertilité. Son personnage apprend qu’elle fait partie des patientes touchées par un détournement criminel de médicaments au Yale Fertility Center et devient ensuite l’une des principales plaignantes de la bataille judiciaire racontée par la série.
Netflix décrit cette découverte comme le point de départ d’une profonde remise en question personnelle pour Kaitlyn. Après des années de traitements, elle ne doit pas seulement comprendre qu’un acte criminel a affecté ses soins : elle doit aussi revenir sur une décennie entière durant laquelle son corps, ses espoirs de maternité et sa confiance dans le système médical ont occupé une place centrale dans sa vie.
Molly Smith Metzler révèle surtout que Chastain occupait déjà une place dans l’esprit des scénaristes bien avant que son contrat soit signé. La créatrice explique à Netflix que l’actrice constituait leur référence lorsqu’ils écrivaient Kaitlyn. Elle recherchait quelqu’un capable de faire coexister une très grande retenue et une perte de contrôle émotionnelle sans que l’une annule l’autre.
L’arrivée de Chastain n’est donc pas simplement celle d’une star ajoutée tardivement pour renforcer la promotion du projet. Le rôle semble avoir été construit avec une sensibilité qui correspondait déjà directement à son jeu.
Il faut toutefois éviter un raccourci important : Kaitlyn Langford n’est pas le nom d’une véritable plaignante de l’affaire Yale. Netflix précise explicitement qu’il s’agit d’un personnage fictif, tout comme Gabby Clemente et Carla Russo. La série ne doit donc pas être présentée comme la reconstitution exacte du parcours d’une femme identifiable ayant participé au véritable procès.
Emilia Jones sera le véritable moteur de la série
Si Jessica Chastain devient naturellement le nom le plus immédiatement identifiable du casting, Netflix continue de présenter Emilia Jones comme le centre du récit.
L’actrice de CODA et Task joue Gabby Clemente, une barmaid de New Haven qui étudie parallèlement pour devenir enseignante. Sa vie bascule après une ponction d’ovocytes particulièrement traumatisante. Lorsqu’elle découvre qu’une infirmière de la clinique détournait le fentanyl destiné aux patientes, elle cherche d’autres femmes ayant vécu des expériences similaires et finit par participer à une bataille judiciaire contre Yale.
Molly Smith Metzler parle même de Gabby comme du « moteur » de la série. Le personnage doit relier les différentes victimes et transformer une expérience individuelle, que chacune aurait pu continuer à considérer comme inexplicable ou isolée, en prise de conscience collective.
C’est précisément l’un des aspects les plus frappants de l’histoire réelle racontée par le podcast : plusieurs femmes avaient signalé des douleurs extrêmes sans connaître la véritable cause de ce qu’elles venaient de subir. Ce n’est qu’après la découverte du détournement de fentanyl que leurs expériences ont pu être replacées dans un même contexte.
The Retrievals devrait donc consacrer autant de place à la manière dont une communauté se forme qu’au scandale médical lui-même.
Amy Ryan jouera l’infirmière responsable du détournement dans la fiction
Le troisième grand rôle annoncé est celui d’Amy Ryan.
Elle incarnera Carla Russo, une infirmière expérimentée du centre de fertilité qui détourne de grandes quantités de fentanyl puis dilue ou remplace le médicament par du sérum physiologique. Ses actes privent ainsi plusieurs patientes du puissant analgésique qu’elles étaient censées recevoir lors de leurs procédures.
Là encore, il faut distinguer la fiction de la réalité.
Carla Russo est un personnage inventé pour la série. Dans l’affaire réelle, l’infirmière impliquée s’appelait Donna Monticone. Les investigations ont établi qu’elle avait volé du fentanyl au Yale Reproductive Endocrinology and Infertility Clinic et remplacé le contenu de flacons par une solution saline afin de dissimuler le détournement.
Selon Reuters, les faits documentés se sont notamment déroulés entre juin et octobre 2020. L’enquête avait conclu qu’une part considérable du fentanyl administré pendant cette période avait été altérée. Monticone a plaidé coupable en 2021 et a ensuite été condamnée à une peine comprenant trois mois d'assignation à domicile. Yale a par la suite conclu en 2024 un accord amiable avec 154 plaignants, dont 95 anciennes patientes et leurs partenaires, sans rendre public le montant de l’accord. Reuters revenait alors en détail sur l’issue judiciaire de l’affaire.
Cette chronologie réelle permet de comprendre ce que Netflix adapte, mais elle montre aussi pourquoi il serait trompeur de présenter Amy Ryan comme interprétant directement Donna Monticone. La série reprend les faits essentiels du scandale tout en les transformant en fiction à travers Carla Russo.
Le véritable scandale derrière The Retrievals
À l’origine du projet se trouve une histoire difficile à comprendre sans revenir à ce qui s’est réellement passé au Yale Fertility Center.
Les patientes venaient à la clinique dans le cadre de parcours de fécondation in vitro. La ponction ovocytaire consiste à prélever les ovocytes dans les ovaires afin qu’ils puissent ensuite être utilisés dans la procédure de FIV. Un traitement contre la douleur faisait partie de leur prise en charge, notamment avec du fentanyl.
Certaines femmes ont pourtant ressenti des douleurs qu’elles ont décrites comme extrêmes pendant ou après leurs interventions.
Plusieurs ont signalé ce qu’elles avaient vécu. À ce moment-là, la majorité des personnes auxquelles elles parlaient au sein de la clinique ignoraient encore pourquoi le protocole antalgique semblait avoir échoué.
La raison ne sera découverte que plus tard : l’infirmière détournait le fentanyl pour son propre usage et remplaçait le médicament par du sérum physiologique.
Le podcast The Retrievals, produit par Serial Productions et The New York Times, ne s’est pourtant pas contenté de raconter le vol d’un médicament. Son enquête, menée par la journaliste Susan Burton, s’intéressait surtout à ce qui s’était produit lorsque ces femmes avaient essayé d’expliquer leur douleur.
Pourquoi leurs témoignages n’avaient-ils pas immédiatement conduit à comprendre qu’un problème grave existait ? Pourquoi certaines avaient-elles commencé à remettre en question leur propre perception de ce qu’elles avaient subi ? Et plus largement, de quelle manière la médecine écoute-t-elle — ou n’écoute-t-elle pas — la douleur des femmes ?
C’est cette dimension que Molly Smith Metzler veut conserver.
La créatrice de Maid ne veut pas simplement reconstituer un scandale
Le choix de Molly Smith Metzler n’a rien d’anodin.
Avant The Retrievals, elle a créé pour Netflix Maid, adaptation du livre de Stephanie Land sur une jeune mère quittant une relation abusive et découvrant les mécanismes souvent absurdes des aides sociales américaines. Elle a ensuite développé Sirens, avec Meghann Fahy, Milly Alcock et Julianne Moore.
Avec The Retrievals, Metzler retrouve une histoire dans laquelle une expérience profondément intime finit par révéler des mécanismes institutionnels beaucoup plus larges.
Elle raconte avoir initialement réagi au podcast comme elle l’avait fait en découvrant Maid : elle savait immédiatement qu’il y avait une histoire extraordinaire, mais ne voyait pas encore comment la transformer en série. Les témoignages des femmes entendues dans le podcast ont ensuite continué à la poursuivre jusqu’à ce qu’elle trouve un angle.
Pour la scénariste, ce qui s’est produit au Yale Fertility Center possède quelque chose du film d’horreur. Mais la manière dont les patientes se sont retrouvées, soutenues et finalement organisées pour obtenir des réponses lui évoquait davantage un thriller.
C’est probablement là que The Retrievals cherchera son identité.
La série ne semble pas vouloir maintenir les personnages dans une souffrance permanente pour produire un récit uniquement sombre. Netflix la présente également comme une histoire de communauté, d’amitié et de persévérance. Metzler insiste sur le fait qu’elle souhaite donner à ses héroïnes une existence complète en dehors du traumatisme qui les rapproche.
La créatrice explique également avoir entendu, pendant le développement, de nombreuses personnes lui raconter leurs propres expériences de douleur minimisée dans un contexte médical. À ses yeux, le sujet dépasse donc très largement le seul établissement de Yale.
The Retrievals ne sera pas une reconstitution personnage par personnage
Ce choix de fictionnalisation est probablement l’une des informations les plus importantes à connaître avant de découvrir la série.
Netflix dispose d’un matériau journalistique extrêmement précis grâce au podcast de Susan Burton, qui participe d’ailleurs à la production de l’adaptation. Pourtant, les scénaristes ont choisi de ne pas simplement attribuer à des actrices les noms des véritables protagonistes.
Gabby, Kaitlyn et Carla sont donc des personnages fictifs.
Cette méthode donne aux auteurs davantage de liberté pour condenser certaines expériences, réunir plusieurs situations et construire un arc dramatique sur la durée. Elle implique en revanche que le spectateur ne devra pas considérer chaque événement montré à l’écran comme la reproduction littérale de ce qui est arrivé à une personne précise.
La nuance est d’autant plus importante qu’un simple label « inspiré d’une histoire vraie » crée souvent une confusion entre documentation et dramatisation.
Dernier Rush revenait récemment sur cette question avec Who Is Erin Carter?, une série Netflix qui, contrairement à ce que son intrigue peut laisser penser, n’est justement inspirée d’aucune histoire réelle. The Retrievals se trouve dans la situation inverse : l’affaire au cœur du projet est authentique et abondamment documentée, mais les principaux personnages de sa version télévisée sont inventés.
Cette distinction permettra aussi à la série de parler du sujet au-delà des seules personnes impliquées dans le dossier de Yale.
Margot Robbie participe également à la production
Le casting n’est pas la seule raison pour laquelle Netflix traite The Retrievals comme un projet important.
La série est produite avec LuckyChap Entertainment, la société notamment portée par Margot Robbie et Tom Ackerley. Margot Robbie, Tom Ackerley et Dani Gorin figurent parmi les producteurs exécutifs.
Molly Smith Metzler écrit la série, la dirige en tant que showrunneuse et produit également le projet via Quiet Coyote. Colin McKenna, déjà associé à Maid et Sirens, est lui aussi producteur exécutif.
Le projet conserve surtout un lien direct avec le travail journalistique d’origine : Susan Burton, autrice et présentatrice du podcast, participe à la production, tout comme Caitlin Roper pour The New York Times.
Lila Neugebauer, qui avait déjà travaillé avec Metzler sur Maid et Sirens, doit par ailleurs réaliser le premier épisode et officier comme productrice exécutive.
Cette présence des journalistes et producteurs du podcast ne garantit évidemment pas à elle seule que chaque détail de la série reproduira les faits. Elle montre en revanche que l’adaptation n’est pas développée totalement séparément du travail d’investigation dont elle est issue.
Quand sortira The Retrievals sur Netflix ?
C’est précisément le point sur lequel Netflix ne donne encore aucune réponse.
Au 17 septembre 2026, aucune date de sortie officielle n’est annoncée pour The Retrievals. Netflix le confirme directement sur Tudum et il serait donc prématuré d’associer la série à une date ou même à une période précise de 2027.
Des informations de production indiquent que le projet se prépare pour un tournage à New York et dans la région de New Haven, mais Netflix n’a pas encore transformé ce calendrier de fabrication en calendrier de diffusion.
Même prudence concernant le nombre d’épisodes : la plateforme n’en communique actuellement aucun.
C’est exactement le type d’information sur lequel il vaut mieux attendre plutôt que combler les blancs. The Retrievals possède désormais ses trois principales interprètes et une équipe créative clairement identifiée, mais son format final et sa date de lancement restent encore à préciser.
L’arrivée de Jessica Chastain constitue néanmoins une étape importante. En quelques semaines, Netflix est passé d’un projet principalement identifié par le nom de Molly Smith Metzler à une série réunissant Emilia Jones, Amy Ryan et l’une des actrices les plus reconnues de sa génération.
Et derrière ce casting prestigieux, l’enjeu restera autrement plus délicat : adapter une affaire dans laquelle la douleur de dizaines de femmes a d’abord été incomprise, minimisée ou expliquée autrement avant qu’un acte criminel ne soit découvert.
The Retrievals ne racontera donc pas seulement ce qui s’est produit dans une clinique de fertilité.
La série devra surtout raconter ce qui se passe lorsque des patientes savent que quelque chose ne va pas, mais que personne ne possède encore les informations nécessaires — ou l’attention suffisante — pour comprendre ce qu’elles essaient de dire.