À quelques semaines de son arrivée dans les salles, Clayface ne cherche plus vraiment à cacher le type de film qu’il veut être. DC Studios vient de dévoiler la bande-annonce finale du long-métrage de James Watkins et les nouvelles images s’éloignent encore davantage du film de super-héros traditionnel pour assumer pleinement le body horror, avec un Matt Hagen dont le désir de retrouver son visage finit par transformer son propre corps en cauchemar.
Tom Rhys Harries incarne cet acteur de Gotham dont la carrière semble initialement destinée à exploser avant qu’une violente agression orchestrée par un baron du crime ne le laisse atrocement défiguré. Privé de son apparence, abandonné par ceux qui l’entouraient et prêt à tout pour retrouver la vie qu’il possédait, Matt accepte l’aide de la scientifique Caitlyn Corr, interprétée par Naomi Ackie.
Son traitement expérimental fonctionne.
Du moins au début.
Matt retrouve son visage, mais son organisme devient progressivement impossible à contrôler. Sa chair se déforme, ses traits cessent d’obéir aux règles normales du corps humain et ce qui devait réparer sa vie lui fournit finalement les pouvoirs qui feront de lui Clayface.
La Motion Picture Association présente directement cette nouvelle bande-annonce comme celle d’un film de body horror, et rappelle que Clayface constitue la première véritable incursion horrifique de DC Studios.
Le public français pourra découvrir le résultat dès le 21 octobre 2026 au cinéma, deux jours avant la sortie nord-américaine du 23 octobre. Warner Bros. France confirme officiellement cette date dans sa communication autour du film.
La dernière bande-annonce montre surtout le prix du traitement de Matt Hagen
Le principe de Clayface était déjà connu depuis les premiers teasers, mais cette ultime bande-annonce remet beaucoup plus clairement l’accent sur la mécanique tragique du film.
Matt Hagen ne devient pas Clayface parce qu’il cherche immédiatement à acquérir des pouvoirs.
Il cherche d’abord simplement à récupérer son ancienne vie.
Avant l’agression qui détruit son visage, Matt est présenté comme une star montante d’Hollywood issue des rues de Gotham. Son apparence fait directement partie de sa carrière et de son identité. Lorsque celle-ci disparaît, il ne perd donc pas seulement sa capacité à jouer devant une caméra : tout ce qu’il avait construit autour de lui semble s’effondrer en même temps.
Caitlyn Corr lui offre une solution qui paraît presque miraculeuse.
Le traitement expérimental qu’elle a développé pourrait reconstruire son visage et rendre à Matt ce qu’il pense avoir perdu définitivement. La procédure semble d’abord être une réussite, puisque son apparence humaine revient.
C’est seulement ensuite que la véritable transformation commence.
La bande-annonce montre à nouveau les déformations incontrôlables qui frappent son visage et son corps. Caitlyn lui explique qu’il doit apprendre à maîtriser ce qui lui arrive. À mesure qu’il comprend que cette mutation peut également devenir une force, son rapport au traitement change : le problème qui détruit son identité devient progressivement une arme.
La Motion Picture Association résume précisément cette évolution comme un passage du contrôle au pouvoir, puis du pouvoir au désir de vengeance.
C’est ce qui rapproche davantage Clayface d’une tragédie horrifique que d’une simple origin story de super-vilain.
DC Studios assume enfin complètement le body horror
James Gunn et Peter Safran n’ont jamais vraiment essayé de présenter le film comme un blockbuster DC classique.
Dès les premières communications importantes autour du projet, Gunn décrivait Clayface comme quelque chose de « psychologique », de profondément ancré dans le body horror et volontairement répugnant dans certaines de ses transformations. Peter Safran expliquait de son côté que le personnage pouvait être moins connu du grand public que Joker ou Penguin, mais que son histoire était potentiellement beaucoup plus terrifiante.
La bande-annonce finale montre désormais concrètement cette stratégie.
Le pouvoir de Clayface, qui pourrait facilement devenir spectaculaire dans une production de super-héros plus traditionnelle, est d’abord traité comme une maladie.
Matt ne découvre pas avec excitation qu’il peut modifier son corps.
Il le subit.
Sa peau et ses traits perdent leur stabilité. Son propre visage devient quelque chose sur lequel il ne peut plus compter. Chaque transformation rappelle donc autant la promesse de ses nouveaux pouvoirs que la disparition progressive de l’homme qu’il était.
Cette approche rapproche forcément le film d’une tradition beaucoup plus ancienne du cinéma horrifique, dans laquelle la transformation physique traduit également une crise d’identité.
Pour DC Studios, le pari est particulièrement intéressant parce que Clayface appartient bien au DC Universe principal de James Gunn et Peter Safran.
Il ne s’agit pas d’un projet indépendant comparable à The Batman de Matt Reeves ou aux anciens films Joker. Safran avait déjà confirmé que Clayface devait exister à l’intérieur du DCU et que cette intégration faisait partie de l’intérêt du projet.
Dernier Rush suit justement l’évolution de ce nouvel univers à travers des projets très différents, notamment Peacemaker, dont le prochain retour dans le DCU reste encore à préciser. Clayface montre désormais jusqu’où la logique de James Gunn peut aller : les productions partagent un même monde sans être obligées de partager exactement le même genre.
Mike Flanagan est à l’origine du film
L’existence même de Clayface tient largement à Mike Flanagan.
Le réalisateur de Doctor Sleep, The Haunting of Hill House et Midnight Mass avait proposé son idée à DC Studios alors que James Gunn et Peter Safran n’avaient pas initialement prévu de consacrer un long-métrage au personnage.
Gunn a depuis expliqué que Flanagan leur avait présenté le projet puis livré un scénario qu’il considérait comme l’un des meilleurs reçus depuis la création de leur nouvelle structure DC Studios.
Flanagan n’a finalement pas réalisé lui-même le film.
Son calendrier était devenu trop chargé et il a laissé le projet poursuivre son développement avec James Watkins derrière la caméra. Il conserve toutefois un crédit sur l’histoire et partage le scénario avec Hossein Amini, scénariste notamment connu pour Drive. Flanagan a expliqué cet été qu’il aurait aimé réaliser Clayface, tout en se montrant très positif sur la manière dont le projet avait continué sans lui.
Son approche du personnage semble néanmoins toujours constituer le cœur de l’histoire.
Flanagan était notamment intéressé par la dimension tragique de Clayface, très présente dans certaines versions animées du personnage. L’idée était moins de partir d’un monstre déjà constitué que d’observer comment un homme bascule lorsqu’une transformation qu’il n’a jamais réellement désirée détruit ce qui lui reste de stabilité.
C’est exactement cette dimension que les bandes-annonces successives ont mise en avant.
James Watkins était un choix particulièrement logique pour le film
Après le départ de Flanagan de la réalisation, DC Studios s’est tourné vers James Watkins.
Ce choix n’a rien d’anodin.
Le cinéaste britannique a notamment signé Eden Lake, La Dame en noir et la version américaine de Speak No Evil. Son cinéma repose régulièrement sur une forme de menace très physique, mais aussi sur une violence qui s’installe progressivement dans un cadre initialement crédible.
Clayface lui demande évidemment de gérer une dimension fantastique beaucoup plus importante.
Matt Hagen finit par devenir l’un des personnages les plus physiquement improbables de la galerie de Batman, capable de remodeler son corps d’une manière qui pourrait facilement pousser le film vers le pur spectacle numérique.
Watkins semble pourtant essayer de conserver un sentiment de matière et de douleur.
La transformation ne doit pas seulement être impressionnante visuellement. Elle doit donner l’impression que le corps de Matt est en train de cesser de lui appartenir.
Le site officiel de Clayface présente d’ailleurs directement le film comme un horror thriller, et non comme un film d’action ou un blockbuster de super-héros.
Pour découvrir la présentation officielle du film et ses vidéos, Warner Bros. et DC Studios disposent désormais d’un [site officiel consacré à Clayface]. Site officiel de Clayface
Tom Rhys Harries porte un personnage beaucoup moins connu que Joker
Pour DC Studios, le film constitue également un autre type de pari.
Matt Hagen n’a évidemment pas la notoriété cinématographique de Joker, Catwoman, Penguin ou même Riddler.
Le personnage possède une histoire très importante dans les comics et l’animation, mais il n’a encore jamais bénéficié d’un grand film live action construit entièrement autour de lui.
Tom Rhys Harries doit donc vendre au public un protagoniste que beaucoup découvriront directement en salles.
Cette relative méconnaissance donne paradoxalement davantage de liberté au film.
Le spectateur occasionnel arrive avec beaucoup moins d’attentes précises sur ce que doit être Clayface que sur un nouveau Joker. Watkins peut donc présenter Matt Hagen comme un personnage tragique avant d’en faire une menace du DCU.
Le choix de Harries participe également à cette volonté de ne pas construire toute la campagne autour d’une énorme vedette immédiatement reconnaissable.
Autour de lui, la distribution reste pourtant solide.
Naomi Ackie incarne Caitlyn Corr, tandis que David Dencik, Max Minghella et Eddie Marsan font partie des principaux noms annoncés. Nancy Carroll, Joshua James, Francesca Corney, Ruby Sear, Wil Coban et Jake Curran complètent notamment la distribution.
Matt Reeves produit Clayface, mais le film n’appartient pas à l’univers de The Batman
Autre particularité intéressante : Matt Reeves fait partie des producteurs du film.
Son nom pourrait facilement entretenir une confusion puisque Reeves dirige parallèlement sa propre branche de Gotham avec The Batman.
Pourtant, Clayface n’appartient pas à cet univers.
James Gunn et Peter Safran ont explicitement confirmé que le film se déroule dans leur DCU principal, alors que The Batman reste une production séparée.
Reeves intervient ici à travers sa société 6th & Idaho et produit le film aux côtés de Lynn Harris, James Gunn et Peter Safran.
Cette collaboration montre également la porosité qui peut exister entre les différentes équipes créatives de DC sans obliger les films à appartenir à la même continuité.
Il serait en revanche beaucoup trop tôt d’en déduire que Batman apparaîtra dans Clayface.
DC Studios n’a annoncé aucun interprète de Batman pour ce film et aucune apparition du personnage n’a été officiellement confirmée. Le fait que Matt Hagen soit historiquement un adversaire du Chevalier Noir ne suffit pas à transformer Clayface en film Batman déguisé.
Pour l’instant, toute la campagne reste concentrée sur Matt.
Clayface élargit un DCU qui refuse de rester dans un seul registre
C’est probablement l’aspect industriel le plus intéressant du projet.
Le nouveau DC Universe n’essaie pas de donner exactement la même esthétique à toutes ses productions.
Peacemaker fonctionne comme une comédie d’action particulièrement irrévérencieuse. Lanterns s’est développé autour d’une enquête aux accents policiers et de science-fiction. Clayface se présente maintenant comme un véritable film d’horreur.
Dernier Rush suivait récemment le succès de Lanterns, dont le troisième épisode avait établi un nouveau record d’audience pour la série. Cette diversité de formats devient progressivement l’un des éléments les plus visibles du DCU actuel.
Le lien narratif existe, mais le genre change.
C’est précisément ce que Clayface va tester à une échelle particulièrement importante : un spectateur doit-il avoir l’impression de regarder « un film DC » pendant deux heures, ou suffit-il que le personnage existe dans le même monde que Superman et les autres héros ?
Gunn et Safran semblent clairement privilégier la deuxième possibilité.
Et si cette stratégie fonctionne, Clayface pourrait ouvrir la porte à d’autres personnages adaptés dans des genres beaucoup plus spécifiques.
La sortie française est fixée au 21 octobre
La bande-annonce finale arrive moins d’un mois avant la sortie.
Clayface sortira dans les cinémas français le mercredi 21 octobre 2026.
Warner Bros. France le confirme directement dans sa campagne officielle, tandis que le site international fixe la sortie nord-américaine au vendredi 23 octobre.
Cette proximité avec Halloween paraît évidemment idéale pour un film dont DC Studios assume maintenant complètement l’identité horrifique.
La campagne ne présente plus Matt Hagen comme un simple nouvel antagoniste de Gotham.
Elle présente son histoire comme une transformation physique et psychologique.
Un homme se fait voler son visage. Il accepte une procédure expérimentale pour le récupérer. La procédure fonctionne suffisamment longtemps pour lui faire croire qu’il peut revenir à sa vie d’avant, puis son organisme commence à changer.
Et au moment où il comprend qu’il peut contrôler une partie de cette mutation, son objectif n’est plus seulement de retrouver ce qu’il a perdu.
Il veut se venger.
C’est là que Matt Hagen cesse progressivement d’être seulement la victime du film pour devenir le personnage que Gotham connaîtra comme Clayface.
DC ne cache plus le film d’horreur derrière le personnage de comics
La bande-annonce finale ne révolutionne donc pas ce que nous savions déjà de l’intrigue.
Son intérêt est ailleurs.
À quelques semaines de la sortie, DC Studios confirme définitivement la manière dont il veut vendre le film.
Pas comme une aventure de Batman sans Batman.
Pas comme un nouveau blockbuster construit autour d’un méchant célèbre.
Et pas simplement comme une origin story destinée à préparer un futur crossover.
Clayface est d’abord présenté comme un film d’horreur sur un homme qui perd le contrôle de son corps.
Mike Flanagan a conçu cette tragédie, Hossein Amini a participé à son adaptation, James Watkins l’a mise en scène et Tom Rhys Harries doit désormais convaincre le public de suivre Matt Hagen avant même que celui-ci ne devienne véritablement le monstre annoncé par le titre.
La dernière bande-annonce montre que DC Studios n’a visiblement pas cherché à adoucir cette idée en approchant de la sortie.
Au contraire.
Plus le 21 octobre approche, plus Clayface ressemble précisément au film que James Gunn promettait depuis le début : quelque chose de psychologique, de tragique et surtout suffisamment grotesque pour faire entrer officiellement le body horror dans le DC Universe.