Il y a des personnages qu’on n’oublie pas, et Cathy Ames en fait partie. Avec À l’est d’Éden, Netflix adapte en mini-série le grand roman de John Steinbeck, et confie ce rôle à Florence Pugh, qui le rend absolument glaçant. Autour d’elle, c’est une vraie saga familiale sur deux générations, très belle à regarder, et qui parle de choses importantes : le bien, le mal, et la liberté de choisir qui on devient. Seul vrai bémol, la série prend énormément son temps. Je lui mets 8/10.
Une grande saga familiale, magnifique à regarder et portée par une Florence Pugh glaçante. Il faut juste accepter qu’elle prenne son temps.
- Où la voirNetflix
- FormatMini-série · 7 épisodes
- GenreDrame, saga familiale
vous aimez les grandes fresques familiales, les personnages troubles et les séries qui prennent le temps de poser leurs thèmes.
vous cherchez du rythme et des rebondissements à chaque épisode.
Si vous avez aimé : À l’est d’Éden (1955), Lady Macbeth, Sweetpea
De quoi parle À l’est d’Éden ?
La série suit la famille Trask, dans la Californie de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. D’un côté, il y a Adam (Christopher Abbott) et son demi-frère Charles (Mike Faist), élevés par un père dur, Cyrus (Tracy Letts), qui ne les aime pas de la même façon. De l’autre, il y a Cathy Ames (Florence Pugh), une jeune femme au passé trouble, qui va entrer dans la vie d’Adam et tout faire basculer. Adam l’épouse et part s’installer avec elle dans la vallée de Salinas, où il veut construire son Éden. La deuxième partie suit la génération suivante, les jumeaux Cal et Aron, qui grandissent avec les blessures laissées par leurs parents, sous le regard de Lee (Hoon Lee), le domestique de la famille, et de Samuel Hamilton (Ciarán Hinds), le voisin.
Derrière la série, il y a Zoe Kazan, qui l’a créée et écrite. C’est un clin d’œil assez fort : elle est la petite-fille d’Elia Kazan, qui avait réalisé en 1955 le film À l’est d’Éden avec James Dean. Les quatre premiers épisodes sont réalisés par Garth Davis, les trois derniers par Laure de Clermont-Tonnerre, et le tournage s’est fait en Nouvelle-Zélande.
Ce qui m’a plu
Une saga familiale sur deux générations
Le film de 1955 ne gardait qu’une partie du roman, l’histoire de Cal et de son père. La série, elle, a le temps de tout raconter, ou presque : les deux frères Trask, l’arrivée de Cathy, puis les enfants. On voit comment les erreurs d’une génération pèsent sur la suivante, comment un père qui préfère un fils à l’autre reproduit ce qu’il a lui-même subi. C’est ce qui donne à la série son ampleur, et c’est exactement le genre d’histoire qu’on a envie de suivre sur plusieurs heures.
Des thèmes qui comptent
Au fond, À l’est d’Éden est une relecture de l’histoire de Caïn et Abel. Est-ce qu’on naît bon ou mauvais ? Est-ce qu’on est condamné à répéter ce qu’ont fait ses parents ? Le roman répond avec un mot hébreu, « timshel », qu’on peut traduire par « tu peux » : on garde toujours le choix de ce qu’on devient. La série prend ce thème au sérieux, et certaines scènes autour de cette idée sont vraiment fortes. C’est rare de voir une série aussi grand public parler aussi directement de morale sans faire la leçon.
Une image magnifique
Visuellement, c’est superbe. Les grands espaces, la lumière sur les champs, les maisons isolées : on a l’impression de regarder un grand film d’époque. La mise en scène prend le temps de poser les décors, et ça participe beaucoup à l’ambiance. Et pourtant, la Californie de la série a été filmée de l’autre côté du monde, en Nouvelle-Zélande.
Florence Pugh, une Cathy inoubliable
Le personnage qui m’a le plus marqué, c’est Cathy, et c’est clairement la raison numéro un de regarder la série. Florence Pugh, qu’on a vue dans Midsommar ou Lady Macbeth, joue une femme froide, manipulatrice, capable du pire, mais elle ne la réduit jamais à un monstre. Tout passe par des détails : un regard qui se ferme, une posture qui change selon la personne en face, un sourire qui ne monte pas jusqu’aux yeux. La série lui donne aussi plus de profondeur que le roman, sans chercher à la rendre sympathique pour autant. On ne l’excuse pas, mais on comprend mieux d’où elle vient, et c’est ce qui la rend encore plus inquiétante. Chaque fois qu’elle apparaît, la série change de température.
Ce qui coince
Le défaut principal, c’est le rythme. Sept épisodes de 51 à 68 minutes, c’est long, et la série ne se presse jamais. Certains passages s’étirent, et il faut parfois un peu de patience pour retrouver l’intensité des meilleurs moments. Ce n’est pas une série qu’on enchaîne comme un thriller : elle se regarde plutôt un ou deux épisodes à la fois.
Est-ce que ça tient jusqu’au bout ?
Oui. La deuxième partie, centrée sur les jumeaux, prend le relais et donne tout son sens au thème du choix. À l’est d’Éden est une mini-série avec une vraie fin : pas de cliffhanger, pas de saison 2 à attendre. Elle a d’ailleurs trouvé son public, puisqu’elle s’est classée deuxième des séries Netflix en France et dans le monde la semaine du 5 au 11 octobre, avec 12,6 millions de vues.
Pour qui, et quoi regarder ensuite
À l’est d’Éden est faite pour ceux qui aiment les grandes fresques familiales, les drames d’époque et les personnages troubles. Si vous ne l’avez jamais vu, le film d’Elia Kazan avec James Dean vaut toujours le détour, même s’il ne raconte qu’une partie de l’histoire. Pour retrouver Florence Pugh dans un rôle de femme qui fait froid dans le dos, Lady Macbeth est le complément parfait. Si c’est l’héroïne inquiétante qui vous a accroché, jetez un œil à notre avis sur Sweetpea. Et pour une autre saga où les fautes des parents retombent sur les enfants, sur plusieurs générations, il y a notre avis sur Dark.
Infos pratiques
- Plateforme : Netflix, les 7 épisodes sont disponibles depuis le 1er octobre 2026
- Format : mini-série, 7 épisodes de 51 à 68 minutes
- Création : Zoe Kazan, d’après le roman de John Steinbeck (1952)
- Réalisation : Garth Davis (épisodes 1 à 4), Laure de Clermont-Tonnerre (épisodes 5 à 7)
- Avec : Florence Pugh, Christopher Abbott, Mike Faist, Hoon Lee, Ciarán Hinds, Joseph Zada, Tracy Letts