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Tyra Banks contre Netflix : la plateforme demande le rejet de sa plainte pour diffamation

Tyra Banks contre Netflix : la plateforme demande le rejet de sa plainte pour diffamation

Le conflit judiciaire autour de Reality Check: Inside America’s Next Top Model entre dans une nouvelle phase. Deux mois après la plainte déposée par Tyra Banks, qui accuse le documentaire Netflix d’avoir déformé ses propos par son montage, la plateforme demande désormais au tribunal de rejeter l’affaire. Netflix affirme que la présentatrice avait accepté de ne disposer d’aucun contrôle éditorial sur le résultat final et conteste toute diffamation.

Netflix ne compte pas modifier sa position sur son documentaire consacré à America’s Next Top Model.

Le 14 août 2026, la plateforme et plusieurs autres défendeurs ont déposé une demande visant à faire rejeter la procédure engagée par Tyra Banks devant un tribunal fédéral de Californie. Ils ont parallèlement présenté une requête fondée sur la législation dite anti-SLAPP, destinée notamment à permettre le rejet anticipé de certaines actions considérées comme portant atteinte à la liberté d’expression.

La procédure fait suite à la plainte déposée par Banks le 13 juin 2026 contre Netflix, EverWonder Studio ainsi que les réalisateurs Mor Loushy et Daniel Sivan. L’ancienne présentatrice d’America’s Next Top Model reproche à la série documentaire Reality Check: Inside America’s Next Top Model d’avoir construit, selon elle, une représentation fausse et diffamatoire de son comportement.

À ce stade, aucun tribunal n’a tranché le fond du litige. Les accusations de Tyra Banks sont contestées par Netflix.

TYRA BANKS AFFIRME QUE SON INTERVIEW A ÉTÉ DÉFORMÉE PAR LE MONTAGE

Le cœur de l’affaire concerne une longue interview accordée par Tyra Banks aux réalisateurs du documentaire.

Selon sa plainte, l’entretien aurait duré environ trois heures et demie, alors que seulement une quinzaine de minutes de ses réponses ont finalement été conservées dans les trois épisodes. Banks ne conteste pas en soi le principe du montage, mais affirme que certaines séquences auraient été retirées de leur contexte afin de construire un récit différent de ce qu’elle avait réellement expliqué.

La plainte soutient notamment que plusieurs passages dans lesquels elle reconnaissait certaines erreurs commises durant les années America’s Next Top Model auraient été écartés de la version finale.

Banks affirme ainsi que le documentaire aurait minimisé les moments où elle assumait une part de responsabilité concernant différentes controverses entourant l’émission.

Il s’agit toutefois de la version avancée par Tyra Banks et ses avocats, que Netflix conteste désormais devant la justice.

UNE SÉQUENCE AUTOUR DE SHANDI SULLIVAN EST AU CŒUR DE LA PLAINTE

Un passage en particulier occupe une place centrale dans le dossier.

Dans Reality Check, l’ancienne candidate Shandi Sullivan, participante du deuxième cycle d’America’s Next Top Model, revient sur une nuit survenue lors d’un tournage à Milan.

Dans le documentaire, Sullivan décrit aujourd’hui cet événement comme une agression sexuelle. La plainte de Tyra Banks affirme que celle-ci n’avait jamais entendu Sullivan présenter auparavant l’événement de cette manière et que les réalisateurs ne lui auraient pas communiqué cette nouvelle description avant de l’interroger.

Selon la plainte, Mor Loushy lui demande pendant l’entretien si elle se souvient de « l’histoire de Shandi ». Le montage montre alors Banks hésiter avant que la séquence ne soit interrompue.

Banks affirme que la suite de sa réponse, dans laquelle elle aurait indiqué se souvenir effectivement de l’histoire de la candidate, n’aurait pas été conservée.

Elle considère que l’enchaînement retenu par le documentaire peut laisser croire qu’elle ne se souvenait pas d’un événement grave concernant une participante de son émission.

NETFLIX : ÊTRE MÉCONTENTE DU MONTAGE NE SUFFIT PAS À ÉTABLIR UNE DIFFAMATION

Netflix rejette cette interprétation.

Dans sa demande de rejet, la plateforme estime que les arguments de Tyra Banks concernent essentiellement des choix éditoriaux ordinaires : quelles réponses conserver, dans quel ordre les présenter, quelles personnes interroger et quelles séquences retirer au montage.

Les avocats de Netflix soutiennent qu’un désaccord avec le résultat final ne suffit pas à transformer un documentaire en contenu diffamatoire.

Ils affirment également que la série ne transmet pas raisonnablement les significations diffamatoires que Banks lui attribue dans sa plainte et contestent toute intention de produire une fausse impression à son sujet.

Netflix a publiquement pris la défense de Mor Loushy et Daniel Sivan, les qualifiant de documentaristes expérimentés ayant longuement interrogé les personnes impliquées dans America’s Next Top Model.

La plateforme affirme que Tyra Banks a eu l’occasion de s’exprimer librement et que son point de vue a été présenté avec ceux des autres participants.

NETFLIX S’APPUIE ÉGALEMENT SUR UN ACCORD SIGNÉ PAR TYRA BANKS

L’un des principaux arguments juridiques de Netflix concerne les conditions dans lesquelles Banks a accepté de participer.

Selon la plateforme, elle aurait signé après son interview un accord donnant aux réalisateurs le droit d’utiliser et de monter ses déclarations et reconnaissant qu’elle ne disposerait d’aucun droit de regard ou d’approbation sur le documentaire terminé.

Netflix affirme également que cet accord comportait une renonciation à certains types de recours, notamment concernant la diffamation ou une représentation trompeuse.

Cet argument devra évidemment être examiné par le tribunal : le simple fait que Netflix l’invoque ne signifie pas encore qu’un juge considérera automatiquement l’accord comme suffisant pour mettre fin à la procédure.

Les avocats de Banks soutiennent justement que le problème ne concerne pas le contrôle créatif du documentaire mais la question de savoir si le montage a matériellement modifié le sens de ses propos.

LES AVOCATS DE TYRA BANKS DEMANDENT À NETFLIX DE PUBLIER L’INTERVIEW COMPLÈTE

Après la réponse de Netflix, l’équipe juridique de Tyra Banks a elle aussi réagi.

Son avocat Tom Clare rejette l’idée selon laquelle sa cliente chercherait simplement à obtenir davantage de temps à l’écran ou aurait été mécontente de son portrait.

Selon lui, la question est plutôt de déterminer si les spectateurs d’un documentaire présenté comme factuel ont reçu une représentation exacte de ce que Banks a réellement déclaré.

Ses avocats ont donc publiquement invité Netflix à mettre en ligne l’intégralité de l’interview non montée de Tyra Banks, afin que le public puisse comparer ses réponses originales avec les séquences conservées dans le documentaire.

Netflix n’a pas annoncé qu’elle comptait donner suite à cette demande.

L’existence du matériau brut pourrait néanmoins devenir un élément important de la procédure si l’affaire dépasse le stade actuel des demandes de rejet.

QU’EST-CE QU’UNE REQUÊTE ANTI-SLAPP ?

Netflix et EverWonder Studio ne se contentent pas d’une demande classique de rejet de la plainte.

Ils ont également déposé une requête anti-SLAPP.

Les mécanismes anti-SLAPP visent à protéger la liberté d’expression contre certaines procédures judiciaires susceptibles d’être utilisées pour décourager ou sanctionner la prise de parole sur des questions d’intérêt public.

Netflix estime que son documentaire et les décisions éditoriales prises par ses réalisateurs relèvent de cette protection.

Tyra Banks devra donc notamment convaincre la justice que ses demandes disposent d’une base juridique suffisante pour pouvoir continuer.

Une audience concernant ces requêtes est actuellement envisagée pour le 30 octobre 2026, selon les informations rapportées par Deadline.

REALITY CHECK REVIENT SUR PLUS DE 20 ANS DE CONTROVERSES

Le documentaire à l’origine de l’affaire est sorti sur Netflix le 16 février 2026.

Reality Check: Inside America’s Next Top Model compte trois épisodes et rassemble plusieurs anciens membres de l’émission, dont Tyra Banks, Jay Manuel, J. Alexander, Nigel Barker ainsi que différentes candidates.

La série revient à la fois sur le succès mondial d’America’s Next Top Model et sur certaines des controverses qui entourent désormais le programme : critiques sur le physique et le poids des participantes, transformations imposées, représentations raciales, décisions de production et séquences aujourd’hui considérées différemment de la manière dont elles l’étaient lors de leur diffusion originale.

Netflix avait insisté dès le lancement sur le fait que Banks participait uniquement comme personne interviewée.

La productrice Vanessa Golembewski expliquait alors qu’elle n’avait demandé aucun droit de contrôle créatif et qu’elle découvrait le résultat final en même temps que le public.

Cet élément se retrouve désormais directement au cœur des arguments de la plateforme devant la justice.

AMERICA’S NEXT TOP MODEL A DURÉ 24 CYCLES

Créée par Tyra Banks, America’s Next Top Model avait été lancée en 2003.

Le concours suivait chaque saison un nouveau groupe de candidats tentant de remporter différents contrats dans le milieu de la mode.

L’émission a finalement compté 24 cycles et 322 épisodes, avec une diffusion s’étendant jusqu’en 2018. Tyra Banks en a été la principale figure, à la fois créatrice, productrice exécutive et présentatrice pendant l’essentiel de son existence.

Son héritage a néanmoins fait l’objet d’une importante réévaluation ces dernières années.

Plusieurs anciennes participantes ont publiquement évoqué leurs expériences de tournage tandis que d’anciennes séquences ont circulé massivement sur les réseaux sociaux, provoquant de nouvelles critiques sur certaines décisions prises à l’époque.

C’est précisément cette réévaluation que Reality Check cherche à documenter.

TYRA BANKS RÉCLAME UN PROCÈS DEVANT UN JURY

La plainte de Tyra Banks a été déposée auprès du tribunal fédéral du district central de Californie.

Elle vise notamment Netflix Worldwide Entertainment, EverWonder Studio, Mor Loushy et Daniel Sivan. Banks réclame un procès devant un jury ainsi que des dommages et intérêts dont le montant n’a pas été précisé publiquement.

Mais avant qu’un éventuel procès puisse avoir lieu, la justice devra décider si l’affaire peut simplement continuer.

Netflix veut obtenir son rejet à un stade précoce. La plateforme affirme que le documentaire relève de décisions éditoriales protégées et que Banks avait contractuellement accepté de ne pas contrôler la manière dont son interview serait utilisée.

De son côté, Tyra Banks soutient que son action ne porte pas sur son droit de choisir le montage, mais sur l’exactitude de l’impression créée par celui-ci.

Pour le moment, aucune des deux positions n’a été validée par un juge.

Le prochain enjeu judiciaire sera donc de déterminer si la plainte de Tyra Banks possède suffisamment de fondement pour poursuivre son chemin vers un éventuel procès, ou si Netflix parviendra à faire arrêter l’affaire avant cette étape.

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