Quatre scientifiques massacrés dans une station de recherche perdue au milieu du désert australien. Un seul survivant incapable d’expliquer ce qui s’est passé. Une jeune inspectrice dont toute l’existence va finir par être absorbée par l’affaire. Puis, trente-sept ans plus tard, de nouveaux meurtres qui semblent reproduire ceux de 1987. The Killings at Parrish Station possède les fondations d’un cold case classique, mais la nouvelle série australienne portée par Mia Wasikowska ne tarde pas à les faire dérailler.
En six épisodes, le créateur Ben Jenkins mélange enquête criminelle, obsession, occultisme et horreur cosmique dans une histoire construite entre deux époques. La série a d’abord été lancée en Australie sur Stan le 24 juin 2026 avant d’entamer son déploiement international. Elle est notamment disponible depuis le 10 septembre sur HBO Max en Allemagne, en Autriche, en Suisse, au Luxembourg et au Liechtenstein. Pour la France, en revanche, aucune diffusion n’a encore été officiellement annoncée par Warner Bros. Discovery.
Derrière cette arrivée internationale se cache surtout l’une des propositions les plus atypiques du polar australien récent. The Killings at Parrish Station ne cherche pas longtemps à laisser croire que tout pourra être expliqué par une enquête policière traditionnelle. Dès ses premiers épisodes, la station, les recherches scientifiques qui y étaient menées et les circonstances du massacre ouvrent la porte à quelque chose de beaucoup plus inquiétant.
Quatre scientifiques sont massacrés dans une station isolée en 1987
L’histoire commence en 1987, lorsque l’inspectrice Georgia Cooke est envoyée dans une station de recherche installée dans le désert australien. Quatre scientifiques viennent d’y être tués dans des circonstances particulièrement violentes. Une seule personne a survécu et devient naturellement le principal suspect.
Ce qui pourrait commencer comme une enquête relativement fermée se complique rapidement. Les recherches menées à Parrish Station, les comportements des scientifiques et les éléments retrouvés sur les lieux conduisent Georgia vers des phénomènes qu’elle peine à intégrer dans une explication rationnelle.
Stan décrit officiellement le récit comme un mystère où une investigation criminelle finit par « descendre dans le paranormal ». La plateforme évoque une affaire mêlant obsession, rituels, complot et phénomènes difficiles à expliquer. Voir la présentation officielle de la série sur Stan
Cette enquête devient progressivement beaucoup plus qu'un dossier professionnel pour Georgia. Sa recherche de la vérité finit par détruire une partie de sa vie personnelle et par remettre en question sa propre perception de ce qu’elle a découvert à Parrish Station.
Trente-sept ans plus tard, en 2024, une nouvelle série de meurtres présentant des ressemblances inquiétantes avec ceux de 1987 oblige les enquêteurs à rouvrir une histoire que beaucoup auraient préféré laisser enterrée.
Mia Wasikowska et Heather Mitchell incarnent la même enquêtrice
La construction sur deux temporalités permet à The Killings at Parrish Station de confier son personnage principal à deux actrices.
Mia Wasikowska, connue notamment pour Alice au pays des merveilles, Stoker et Crimson Peak, interprète Georgia Cooke en 1987. Heather Mitchell reprend le rôle en 2024, après plusieurs décennies pendant lesquelles l’affaire de Parrish Station a profondément modifié la trajectoire de l’enquêtrice.
Le même dispositif est utilisé pour Michael Thorne, le partenaire de Georgia. Xavier Samuel l’incarne dans les événements de 1987, tandis que Robert Taylor joue sa version plus âgée.
Cette structure évite de faire des deux époques une simple alternance esthétique. Le véritable sujet est aussi de comprendre ce que l’affaire a fait aux personnages pendant les trente-sept années qui séparent les deux enquêtes.
Autour d’eux, le casting comprend également Alan Dale, Doris Younane, Emma Lung, Essie Randles, Kat Hoyos, Nic English, Alex Malone et Geoff Morrell.
La série a été créée par Ben Jenkins, qui en partage l’écriture avec Tim Pye, Catherine Smyth-McMullen et Yolanda Ramke. Cette dernière connaît déjà particulièrement bien la rencontre entre drame australien et horreur : elle avait notamment coécrit et coréalisé Cargo, avant de travailler sur The Haunting of Bly Manor.
Les six épisodes sont réalisés par Daniel Nettheim, passé notamment par The Tourist, Black Snow, Line of Duty et Doctor Who.
Un polar qui glisse progressivement vers l’horreur cosmique
C’est surtout par son mélange de genres que The Killings at Parrish Station se distingue.
Screen Australia ne présente d’ailleurs pas simplement la série comme un thriller ou un drame policier, mais comme une œuvre d’horreur cosmique mêlée au crime. Dans un entretien publié après la diffusion australienne, Ben Jenkins explique avoir tenu à conserver cette dimension malgré les suggestions reçues pendant le développement pour atténuer certains éléments horrifiques ou comiques. Lire l’entretien de Ben Jenkins avec Screen Australia
Le créateur vient lui-même de la comédie. Ce parcours se retrouve dans sa manière d’aborder l’horreur : les personnages ne cessent pas d’être humains ou parfois absurdes simplement parce que des événements terrifiants surviennent autour d’eux.
Cette tonalité permet à la série d’éviter le registre extrêmement austère adopté par certains thrillers policiers. Parrish Station reste inquiétante, mais le scénario accepte également l’étrangeté de son propre univers et multiplie progressivement les idées.
Le Guardian, qui lui a attribué quatre étoiles sur cinq lors de sa sortie australienne, a précisément souligné cette accumulation de retournements et le caractère volontairement débridé de l’intrigue. Selon le journal britannique, la série devient de plus en plus étrange à mesure qu’elle avance, tout en conservant suffisamment de rythme pour que ses excès participent à son attrait. Lire la critique du Guardian
Le désert australien devient une partie du mystère
Le choix de l’Outback n’est pas non plus un simple moyen d’offrir de beaux plans de paysages.
L’isolement de Parrish Station joue directement sur l’enquête. En 1987, les policiers travaillent loin des grandes villes, dans un espace immense où une station scientifique peut devenir un monde fermé. La chaleur, les roches rouges et les longues distances renforcent l’impression que les personnages sont coupés de toute aide extérieure.
ITV Studios décrit officiellement l’histoire comme un « cosmic mystery » prenant naissance dans une station reculée au milieu du désert, avant de contaminer progressivement les deux temporalités du récit. Voir la présentation internationale d’ITV Studios
Ce rapport au territoire rapproche The Killings at Parrish Station de certains autres polars qui utilisent les grands espaces comme une source de menace plutôt que comme une simple toile de fond.
Dernier Rush recommandait récemment Dark Winds, un autre polar où le désert et l’isolement transforment profondément la manière de raconter l’enquête. Les deux séries sont très différentes culturellement et narrativement, mais elles partagent cette manière de rendre des espaces ouverts presque aussi oppressants qu’un huis clos.
Quand le cold case rencontre le surnaturel
Le principal intérêt de The Killings at Parrish Station vient toutefois de la façon dont elle refuse de séparer proprement ses genres.
Les premiers éléments appartiennent au vocabulaire du polar : scène de crime, survivant suspect, inspecteurs, preuves difficiles à interpréter et ancienne affaire que de nouveaux meurtres viennent brutalement rouvrir.
Puis apparaissent les rituels, les comportements obsessionnels et la possibilité qu’un phénomène dépasse complètement les protagonistes. Le spectateur est alors placé dans la même position que Georgia : déterminer jusqu’où une explication criminelle peut encore fonctionner lorsque les indices commencent à contredire le monde rationnel.
Cette progression rappelle davantage les récits d’horreur qui laissent d’abord leurs personnages croire qu’ils peuvent maîtriser la situation.
Sur ce point, la série peut aussi évoquer The Terror, que nous recommandions récemment pour sa manière de transformer une catastrophe humaine en cauchemar surnaturel. Là encore, la comparaison s’arrête au principe : Parrish Station reste un thriller contemporain beaucoup plus rapide, là où The Terror construit lentement son enfermement.
La série s’intéresse aussi à notre fascination pour les faits divers
La temporalité de 2024 ajoute un autre élément absent de l’enquête originelle : la transformation d’anciens crimes en objets de consommation.
Trente-sept ans ont passé. L’affaire Parrish Station n’appartient plus uniquement aux victimes, aux enquêteurs et à leurs proches. Elle est devenue une histoire que d’autres peuvent raconter, commenter et transformer en contenu.
La série intègre ainsi le phénomène du true crime à son intrigue et confronte les personnages ayant réellement vécu le massacre à une société qui considère désormais l’événement comme un mystère fascinant à résoudre.
Cette dimension donne davantage de poids au retour de Georgia. Pour elle, Parrish Station n’est jamais devenu un cold case divertissant. L’affaire a détruit sa carrière, ses relations et une partie de sa stabilité. La voir revenir au premier plan près de quatre décennies plus tard signifie donc également rouvrir une période qu’elle n’a jamais réellement réussi à laisser derrière elle.
Six épisodes seulement pour résoudre le mystère
La première saison compte six épisodes d’environ 46 à 50 minutes. Stan propose l’intégralité du récit en Australie, tandis que HBO Max a mis en ligne les six épisodes simultanément le 10 septembre dans les territoires européens concernés.
Le format relativement court joue en faveur de la série. Ben Jenkins et ses scénaristes doivent faire avancer simultanément deux périodes, développer la mythologie de Parrish Station et conserver une véritable enquête criminelle. Il n’y a donc que peu de place pour les intrigues périphériques.
La série ne se contente cependant pas d’un long épisode pilote suivi d’une enquête traditionnelle. Les résumés officiels montrent au contraire que chaque chapitre ajoute une nouvelle couche au mystère : disparition d’un scientifique, existence d’un livre mystérieux, nouveaux meurtres, rapprochements avec d’anciennes affaires et rituels liés aux recherches effectuées dans la station.
Mieux vaut donc éviter de lire les synopsis détaillés des derniers épisodes avant de commencer : plusieurs d’entre eux dévoilent directement des éléments que la série construit progressivement.
Peut-on regarder The Killings at Parrish Station en France ?
C’est le point sur lequel il faut rester particulièrement précis.
La série est officiellement disponible sur HBO Max depuis le 10 septembre 2026 en Allemagne, en Autriche, en Suisse, au Luxembourg et au Liechtenstein. Warner Bros. Discovery a confirmé l’acquisition auprès d’ITV Studios et la mise en ligne simultanée des six épisodes dans ces cinq territoires. Voir l’annonce officielle de Warner Bros. Discovery
Cette communication ne mentionne pas la France.
Une fiche française de The Killings at Parrish Station existe également sur Prime Video, avec la distribution et le synopsis de la série, mais la page indexée ne permet pas à elle seule de confirmer qu’un abonnement ou un achat est actuellement proposé aux utilisateurs situés en France.
Au 16 septembre 2026, il est donc plus rigoureux de considérer que la diffusion française n’est pas encore officiellement établie plutôt que d’annoncer la série disponible sur HBO Max France sans confirmation du distributeur.
Cela laisse The Killings at Parrish Station dans une situation un peu frustrante pour le public français. La série existe désormais dans plusieurs catalogues européens et sa distribution internationale est assurée par ITV Studios, mais il faudra encore attendre une annonce locale avant de pouvoir indiquer avec certitude où regarder les six épisodes dans l’Hexagone.
Pour les amateurs de polars qui acceptent que leur enquête bascule progressivement vers quelque chose de beaucoup plus étrange, elle mérite en tout cas d’être surveillée. The Killings at Parrish Station commence avec quatre corps au milieu du désert ; six épisodes plus tard, la question n’est plus seulement de savoir qui les a tués, mais de comprendre exactement ce que les scientifiques avaient découvert avant leur mort.