Charlie Hunnam change complètement de côté dans Monstre. Après avoir porté le troisième chapitre de l’anthologie Netflix dans la peau d’Ed Gein, l’acteur revient dès la saison suivante sous les traits d’un homme qui n’est cette fois pas présenté comme le « monstre » de l’histoire, mais comme l’une de ses victimes.
Dans Monstre : L’Histoire de Lizzie Borden, disponible depuis ce 17 septembre 2026 sur Netflix, Hunnam incarne Andrew Borden, le père de Lizzie Borden. Andrew et sa seconde épouse Abby ont été retrouvés assassinés dans leur maison de Fall River, dans le Massachusetts, le 4 août 1892. Lizzie fut ensuite arrêtée, jugée pour les deux meurtres puis acquittée en juin 1893.
La transformation physique de Hunnam attire immédiatement l’attention : barbe imposante, cheveux grisonnants, costumes du XIXe siècle et attitude austère le rendent difficile à rapprocher de Jax Teller dans Sons of Anarchy ou même de son Ed Gein de la saison précédente.
Mais la vraie différence ne se trouve pas seulement dans son apparence. Netflix utilise Andrew Borden pour construire l’environnement familial oppressant dans lequel évolue sa version de Lizzie — quitte à prendre plusieurs libertés avec une affaire dont la vérité judiciaire n’a jamais été établie.
Charlie Hunnam revient immédiatement après avoir joué Ed Gein
La continuité est inhabituelle pour Monstre.
Charlie Hunnam était encore le personnage central de Monstre : L’Histoire d’Ed Gein, troisième volet de l’anthologie criminelle produite par Ryan Murphy et Ian Brennan.
Quelques mois plus tard, il se retrouve déjà dans la saison suivante.
Mais il ne joue pas une variation du même rôle.
Ed Gein était le sujet principal de la saison précédente. Andrew Borden devient au contraire l’un des personnages qui entourent Lizzie, interprétée par Ella Beatty.
Ian Brennan explique sur Tudum que l’équipe ne voulait tout simplement pas « dire au revoir » à Hunnam après avoir travaillé aussi longtemps sur la saison consacrée à Gein.
Le scénariste voulait surtout éviter qu’Andrew soit réduit à un père uniformément détestable. Selon lui, le choix de Hunnam devait apporter suffisamment d’humanité au personnage pour que le spectateur ne le considère pas immédiatement comme une caricature.
Cette intention est importante.
La nouvelle saison présente clairement la famille Borden comme un environnement oppressant pour Lizzie, mais elle ne voulait apparemment pas transformer chaque adulte qui l’entoure en simple méchant fonctionnel.
Andrew Borden est présenté comme un père particulièrement dur
Le descriptif officiel de Netflix est pourtant loin d’être tendre.
Dans la série, Andrew est présenté comme un homme devenu amer et cruel après la mort de la mère de Lizzie.
Netflix ajoute qu’il travaille comme entrepreneur de pompes funèbres et qu’il est particulièrement fier de sa collection de haches soigneusement aiguisées.
Le dernier détail n’est évidemment pas anodin dans une série consacrée à l’un des doubles meurtres à la hache les plus célèbres de l’histoire américaine.
Mais il faut immédiatement distinguer le personnage écrit par Netflix de l’homme historique.
La documentation consacrée à Andrew Borden est beaucoup plus complexe que cette description.
La Fall River Historical Society conserve une importante quantité d’archives liées à la famille Borden et rappelle notamment qu’Andrew a exercé différentes activités commerciales au cours de sa vie.
Les annuaires de Fall River le présentent dans sa jeunesse dans le commerce de meubles et de plumes, puis comme fabricant de meubles. Il développe ensuite considérablement son patrimoine grâce à l’immobilier et à différentes activités financières.
Le portrait de Monstre ne doit donc pas être utilisé comme une biographie documentaire d’Andrew Borden.
Netflix assume une version très fictionnalisée de l’affaire
Cette distinction devient essentielle dès qu’on parle de Lizzie Borden.
Le 4 août 1892, Andrew Borden et Abby Borden sont retrouvés morts dans leur domicile de Fall River.
Lizzie est arrêtée une semaine plus tard.
Son procès débute en juin 1893 et se termine le 20 juin par son acquittement.
Netflix, en revanche, choisit une narration beaucoup plus affirmative.
La fiche française de la plateforme décrit directement Lizzie comme une femme qui « massacre ses parents à la hache ». La saison imagine également des motivations, des relations et des situations qui ne correspondent pas nécessairement à des faits historiquement démontrés.
Netflix France présente désormais les huit épisodes de Monstre : L’Histoire de Lizzie Borden.
Il faut donc regarder cette saison comme une dramatisation inspirée de l’affaire Borden, et non comme une reconstruction judiciaire capable d’apporter une réponse définitive à un meurtre vieux de plus de 130 ans.
La transformation de Hunnam sert surtout à rompre avec Ed Gein
Charlie Hunnam devait affronter un problème très particulier.
Le public de Monstre venait de passer une saison entière avec son visage dans le rôle d’Ed Gein.
Le faire revenir immédiatement risquait donc de provoquer une confusion.
Ian Brennan raconte justement que la différence produite par la barbe et la perruque de son nouveau personnage était suffisamment importante pour le surprendre lui-même après avoir passé des heures à monter les images de Hunnam en Gein.
Cette transformation est loin de l’image de Jax Teller que l’acteur conserve encore auprès d’une partie du public.
Andrew est plus âgé, beaucoup plus rigide et intégré à une reconstitution historique qui modifie complètement sa silhouette.
Le changement sert également la structure d’anthologie.
Monstre n’est pas pensée comme une continuité narrative entre ses saisons. Les acteurs peuvent revenir sous d’autres identités, à la manière de certaines autres productions liées à Ryan Murphy.
Vicky Krieps effectue d’ailleurs elle aussi un passage entre plusieurs histoires de l’anthologie.
Dans cette saison, elle joue Bridget « Maggie » Sullivan, l’employée des Borden, mais également la comtesse Elizabeth Báthory dans des séquences fantasmées.
Hunnam a aussi conseillé Ella Beatty après son expérience sur Ed Gein
Le passage d’une saison à l’autre a donné à Charlie Hunnam un rôle supplémentaire sur le plateau.
Ella Beatty raconte à Netflix que son partenaire venait à peine de terminer le travail particulièrement lourd autour d’Ed Gein lorsqu’ils se sont retrouvés sur Lizzie Borden.
Son expérience lui a permis de lui donner plusieurs conseils sur la manière d’entrer dans la psychologie d’un personnage aussi complexe sans se laisser complètement absorber par lui.
Beatty occupe ici son premier grand rôle principal à la télévision.
Elle incarne une Lizzie construite comme une femme étouffée par son époque, sa famille et les normes imposées aux femmes de la fin du XIXe siècle.
Le réalisateur Max Winkler explique à Reuters que cette nouvelle saison veut notamment explorer la colère féminine et les restrictions sociales imposées aux femmes de cette période.
Cette approche explique pourquoi Andrew et Abby ne sont pas seulement les futures victimes d’un crime.
Ils servent aussi à matérialiser le système familial contre lequel la Lizzie de la série cherche à se libérer.
Rebecca Hall joue Abby Borden, la seconde victime
Face à Charlie Hunnam, Rebecca Hall incarne Abby Borden.
Abby est la seconde épouse d’Andrew et la belle-mère de Lizzie et Emma.
Netflix la présente elle aussi comme une femme prisonnière de sa position sociale et de son mariage, mais qui reporte une partie de ses frustrations sur Lizzie.
Ian Brennan explique que cette dimension permettait de construire Abby autrement qu’en simple antagoniste.
Le personnage peut participer à l’oppression de Lizzie tout en étant lui-même enfermé dans un système qui limite considérablement les femmes.
Cette complexité rejoint précisément l’ambition affichée de la saison : ne pas chercher uniquement à déterminer qui est « bon » ou « mauvais », mais examiner la manière dont différents personnages arrivent au point où la violence devient possible.
Rebecca Hall explique également à Reuters que Lizzie Borden est devenue une figure presque mythologique de la culture américaine, bien au-delà du dossier judiciaire lui-même.
La vraie affaire est beaucoup moins nette que la série Netflix
La culture populaire a tellement associé Lizzie au meurtre qu’il est facile d’oublier le résultat du procès.
Elle a été acquittée.
Aucun autre suspect n’a ensuite été condamné pour la mort d’Andrew et Abby.
Le double meurtre reste donc officiellement non résolu.
Cette absence de conclusion a permis aux théories de se multiplier pendant plus d’un siècle.
Les motivations financières, les tensions familiales, les rapports entre Lizzie et sa belle-mère ou encore le témoignage de Bridget Sullivan ont tous alimenté différentes interprétations.
Mais une adaptation dramatique doit forcément faire des choix.
Monstre en fait beaucoup.
Le principal consiste à proposer une Lizzie beaucoup plus proche de l’image de la meurtrière que de celle d’une femme dont la culpabilité reste historiquement incertaine.
Ella Beatty a elle-même expliqué à Netflix avoir étudié autant que possible les documents et podcasts consacrés à l’affaire avant de finalement jouer la version fictionnelle écrite par Ryan Murphy et Ian Brennan.
C’est probablement la meilleure manière d’aborder la saison.
Charlie Hunnam passe littéralement du « monstre » à la victime
C’est ce qui rend son double casting particulièrement intéressant.
Dans la saison précédente, Charlie Hunnam devait porter un récit construit autour d’Ed Gein, dont les crimes ont influencé des décennies de cinéma horrifique.
Dans L’Histoire de Lizzie Borden, il incarne l’un des hommes tués dans une affaire où personne n’a jamais été condamné.
En l’espace de deux saisons, son statut dans l’anthologie est donc complètement inversé
Les huit épisodes sont maintenant disponibles sur Netflix France
L’attente est terminée.
Monstre : L’Histoire de Lizzie Borden est disponible sur Netflix en France depuis ce jeudi 17 septembre 2026.
La saison compte huit épisodes, tous accessibles immédiatement.
Ella Beatty porte le rôle principal, entourée notamment de Vicky Krieps, Charlie Hunnam, Rebecca Hall, Billie Lourd, Jessica Barden, Joey Pollari et Sarah Paulson.
Cette dernière incarne Aileen Wuornos, née plusieurs décennies après l’affaire Borden, ce qui permet à la saison d’étendre son récit bien au-delà du seul procès de 1893.
Netflix ne cherche donc manifestement pas à réaliser un simple biopic judiciaire de Lizzie Borden.
La plateforme propose une lecture plus large sur la manière dont certaines femmes accusées de violence deviennent des figures culturelles, parfois au point que la légende finit par écraser les faits.
Charlie Hunnam se retrouve au centre de cette mécanique sous une forme assez inattendue.
Après avoir été quasiment méconnaissable en Ed Gein, le voici transformé en Andrew Borden, un père que la série rend volontairement dur et inquiétant avant même que le célèbre crime ne se produise.
La transformation est spectaculaire.
Mais la nuance la plus importante se trouve ailleurs : le Andrew Borden de Monstre est d’abord un personnage dramatique construit pour raconter la version de Lizzie choisie par Netflix, pas une reproduction incontestable de l’homme qui vivait à Fall River en 1892.