FX continue de transformer son adaptation de Far Cry en l’un des projets télévisés les plus intrigants issus d’un jeu vidéo. Alors que le tournage de la première saison vient de commencer au Royaume-Uni, la série développée par Noah Hawley et Rob Mac accueille cinq nouveaux acteurs : Brendan Gleeson, Jennifer Jason Leigh, Hamish Linklater, Sam Spruell et Jamie Demetriou. Ils rejoignent une distribution qui comptait déjà Rob Mac, Lizzy Caplan et Steve Buscemi.
Sur le papier, huit noms sont donc désormais associés à cette première saison. Pourtant, FX et Ubisoft continuent de protéger presque entièrement ce qu’ils sont en train de fabriquer. Aucun des cinq nouveaux personnages n’a été identifié et l’intrigue elle-même reste secrète. Impossible, pour l’instant, de déterminer qui sera le protagoniste, qui occupera la place de l’antagoniste ou même dans quel pays se déroulera cette première histoire.
Ce silence devient d’autant plus intéressant que Far Cry ne suivra pas la méthode habituelle des adaptations de jeux vidéo. Noah Hawley n’a pas l’intention de refaire Far Cry 3, Far Cry 5 ou Far Cry 6 avec de vrais acteurs. La série racontera une histoire originale, tout en reprenant l’un des principes fondamentaux de la franchise Ubisoft : chaque saison pourra changer complètement de lieu, de personnages et de situation.
Autrement dit, Far Cry sera une anthologie.
C’est probablement l’information la plus importante pour comprendre le projet — bien davantage que le nombre de stars désormais réunies devant la caméra.
Brendan Gleeson, Jennifer Jason Leigh et trois autres acteurs rejoignent Far Cry
FX a confirmé une nouvelle vague de casting particulièrement impressionnante.
Brendan Gleeson, nommé aux Oscars pour Les Banshees d’Inisherin, rejoint la première saison aux côtés de Jennifer Jason Leigh, elle aussi nommée aux Oscars pour Les Huit Salopards. Ils seront accompagnés de Hamish Linklater, Sam Spruell et Jamie Demetriou.
Aucun rôle n’a encore été communiqué.
Ce choix de garder les personnages secrets n’est pas anodin. Dans une adaptation plus traditionnelle, annoncer un acteur permettrait généralement d’identifier immédiatement la partie du jeu concernée : qui joue Vaas Montenegro ? Pagan Min ? Joseph Seed ? Jason Brody ?
Ici, rien de tout cela.
FX peut révéler Brendan Gleeson sans permettre au public de savoir s’il joue un révolutionnaire, un dictateur, un homme politique, un criminel, un militaire ou même quelqu’un qui n’entre dans aucune de ces catégories.
C’est la conséquence directe de la liberté prise par Noah Hawley.
La première saison n’adapte pas une intrigue connue. Elle doit construire son propre territoire.
Et dans une franchise dont les antagonistes ont souvent davantage marqué les joueurs que les héros eux-mêmes, l’identité du personnage joué par Gleeson ou Steve Buscemi devient naturellement l’un des premiers grands mystères autour de la série.
Le casting compte désormais huit noms connus
Les nouveaux acteurs rejoignent Rob Mac, Lizzy Caplan et Steve Buscemi, annoncés progressivement depuis la commande officielle de la série.
Rob Mac — longtemps crédité sous son nom complet Rob McElhenney — occupe une place particulière dans le projet. Il ne se contente pas de jouer dans Far Cry : il en est également coconcepteur et producteur exécutif aux côtés de Noah Hawley.
Lizzy Caplan avait ensuite rejoint le casting en juin.
À ce moment-là, Ubisoft avait déjà confirmé un élément essentiel : elle ne venait pas interpréter un personnage repris d’un jeu existant dans une adaptation classique, mais participait à une histoire originale conçue pour la télévision. Ubisoft présente officiellement la série Far Cry et l’arrivée de Lizzy Caplan
Steve Buscemi est arrivé quelques semaines plus tard.
Lui non plus n’a pas de personnage publiquement identifié. Ubisoft s’était contenté de confirmer sa présence et de rappeler le principe anthologique de la série. La société indique également que la franchise vidéoludique a dépassé les 100 millions de joueurs depuis sa création.
La distribution actuellement connue rassemble donc :
Rob Mac, Lizzy Caplan, Steve Buscemi, Brendan Gleeson, Jennifer Jason Leigh, Hamish Linklater, Sam Spruell et Jamie Demetriou.
Ce qui ressemble déjà davantage au casting d’une grande série FX qu’à celui d’une adaptation de jeu vidéo pensée uniquement pour les fans de la licence.
Noah Hawley reforme aussi une partie de sa troupe
Les cinq arrivées ne sont pas complètement aléatoires.
Trois d’entre elles connaissent déjà particulièrement bien le travail de Noah Hawley.
Jennifer Jason Leigh et Sam Spruell ont tous les deux participé à la cinquième saison de Fargo. Leigh y incarnait Lorraine Lyon, tandis que Spruell jouait l’étrange et inquiétant Ole Munch.
Hamish Linklater avait quant à lui participé à la troisième saison de Fargo, mais aussi à Legion, autre série créée par Hawley pour FX.
Et Sam Spruell vient encore de rejoindre la saison 2 d’Alien: Earth.
Le réalisateur-producteur semble donc reconstituer autour de Far Cry une partie du vivier d’acteurs avec lesquels il a déjà travaillé.
Ce détail est beaucoup plus intéressant qu’une simple accumulation de CV prestigieux. Hawley construit régulièrement ses séries autour d’ensembles importants dans lesquels les seconds rôles peuvent devenir aussi essentiels que les personnages présentés comme principaux.
Fargo en est l’exemple le plus évident : chaque saison recommence avec une nouvelle distribution, de nouveaux lieux et une nouvelle histoire, mais conserve une identité immédiatement reconnaissable.
Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Hawley utilise précisément Fargo pour expliquer son approche de Far Cry.
Far Cry fonctionnera comme Fargo
Lors de l’annonce initiale de la série en novembre 2025, Noah Hawley avait expliqué ce qui l’intéressait dans la franchise Ubisoft : Far Cry est déjà une anthologie dans les jeux vidéo.
Chaque épisode principal conserve certaines grandes idées, mais peut déplacer l’action à l’autre bout du monde, changer totalement de protagoniste et introduire un nouvel antagoniste.
Far Cry 3 emmène par exemple le joueur sur les îles Rook avec Jason Brody et Vaas.
Far Cry 4 abandonne cet environnement pour le Kyrat, pays himalayen fictif dominé par Pagan Min.
Far Cry 5 transporte l’action dans le Montana face à Joseph Seed et à son culte.
Far Cry 6 change encore complètement de décor avec Yara, Anton Castillo et Dani Rojas.
Les histoires ne reposent pas sur un héros qui traverse toutes les aventures. Ce qui les relie est plutôt une certaine conception de Far Cry : un personnage projeté dans un territoire instable, une autorité souvent tyrannique, différentes factions et un environnement suffisamment chaotique pour que les frontières entre libération, violence et folie deviennent progressivement floues.
Hawley veut reproduire cette logique à la télévision.
Lors de l’annonce officielle, il comparait directement ce fonctionnement à celui de Fargo : chaque saison doit être une nouvelle variation autour d’un même thème plutôt qu’un chapitre supplémentaire de la même histoire. Lire l’annonce originale d’Ubisoft sur la série Far Cry
Cela signifie également quelque chose de particulièrement audacieux pour le casting annoncé aujourd’hui.
Si FX respecte réellement son concept, une éventuelle saison 2 pourrait repartir avec des acteurs totalement différents.
Brendan Gleeson, Lizzy Caplan ou Steve Buscemi ne sont donc pas nécessairement engagés pour plusieurs années.
La première saison racontera une histoire originale
Ce choix résout immédiatement l’un des problèmes les plus difficiles de n’importe quelle adaptation de jeu vidéo.
Quel Far Cry fallait-il adapter ?
Le troisième épisode reste probablement le plus emblématique grâce à Vaas Montenegro et à son environnement tropical. Mais adapter directement cette histoire aurait immédiatement déclenché des comparaisons avec Michael Mando, dont l’interprétation de Vaas est devenue indissociable du personnage.
Far Cry 5 aurait offert un cadre américain très adapté à FX, tandis que Far Cry 6 possède déjà Giancarlo Esposito dans l’un de ses rôles principaux.
Noah Hawley évite complètement ce problème.
La série ne demande pas au spectateur de regarder un acteur reproduire un personnage qu’il connaît déjà.
Elle emprunte la structure de Far Cry plutôt que son scénario.
C’est une méthode qui possède désormais quelques précédents particulièrement intéressants dans les adaptations de jeux vidéo.
Prime Video a fait un choix comparable avec Fallout : Lucy, Maximus et la Goule ont été créés pour la télévision plutôt que repris d’un jeu Bethesda précis. La série peut ainsi utiliser l’univers, les factions, le ton et les règles de la franchise sans rejouer une intrigue que les joueurs connaissent déjà.
Dernier Rush analysait justement pourquoi cette décision a participé au succès de Fallout, qui a désormais dépassé les 100 millions de spectateurs selon Amazon.
Far Cry va encore plus loin.
Même sa propre histoire originale n’a pas vocation à devenir nécessairement le récit permanent de la série.
Une fois la saison terminée, FX pourra tout recommencer ailleurs.
Le tournage de Far Cry vient de commencer
Cette énorme annonce de casting arrive au moment où le projet devient enfin concret.
Le tournage de la série a commencé cette semaine au Royaume-Uni, avec une production notamment installée autour de Londres. Les premières informations professionnelles plaçaient déjà la série en préparation dans la capitale britannique depuis plusieurs mois.
Cette entrée en production explique probablement pourquoi FX accélère désormais les annonces de casting.
En revanche, le secret reste pratiquement total autour du décor censé apparaître à l’écran.
Tourner au Royaume-Uni ne signifie évidemment pas que l’histoire se déroulera en Angleterre. Une grande production peut utiliser des studios britanniques pour recréer des environnements situés presque n’importe où dans le monde.
Et dans le cas de Far Cry, le lieu de la saison 1 est une information narrative majeure.
Dévoiler que l’action se situe sur une île tropicale, dans une région montagneuse ou dans un territoire américain isolé donnerait immédiatement des indices sur le type de conflit que Hawley prépare.
Pour l’instant, FX préfère garder cette carte cachée.
Noah Hawley enchaîne Far Cry pendant Alien: Earth
Le calendrier de Noah Hawley est d’autant plus impressionnant que le créateur n’a pas terminé son autre grande série FX.
La saison 2 d’Alien: Earth est actuellement en préparation et en production dans la même période, après le très bon accueil critique de la première.
Dernier Rush revenait récemment sur le parcours d’Alien: Earth, désormais mieux notée sur Rotten Tomatoes que tous les films de la franchise.
Passer d’Alien à Far Cry pourrait sembler être un simple enchaînement de deux licences célèbres.
Les deux projets ont pourtant un point commun intéressant.
Hawley ne semble pas intéressé par l’idée de reproduire exactement une œuvre existante.
Avec Alien: Earth, il a pris une franchise extrêmement codifiée pour introduire ses propres corporations, ses hybrides et de nouvelles formes de vie tout en conservant les bases de l’univers.
Avec Far Cry, il dispose d’encore davantage de liberté puisque la série ne doit même pas reproduire une intrigue précise.
La vraie question sera donc moins « la série sera-t-elle fidèle à Far Cry 3 ? » que « qu’est-ce qui fait qu’une histoire mérite réellement le nom Far Cry ? ».
Les antagonistes seront probablement essentiels
Impossible d’évoquer cette question sans parler des méchants.
Les jeux Far Cry se sont progressivement construits autour de figures antagonistes très identifiables.
Vaas Montenegro est probablement l’exemple le plus célèbre, mais Pagan Min, Joseph Seed ou Anton Castillo ont chacun donné une identité très différente à leur épisode.
Ubisoft elle-même décrit la franchise à travers ses mondes ouverts, ses histoires singulières mais également ses antagonistes mémorables.
Voilà pourquoi le nouveau casting devient aussi intrigant.
Brendan Gleeson possède exactement la présence nécessaire pour incarner une figure d’autorité imposante.
Steve Buscemi peut aussi bien devenir inquiétant que profondément imprévisible.
Jennifer Jason Leigh a démontré dans Fargo qu’elle pouvait imposer une présence extrêmement froide et autoritaire sans avoir besoin d’occuper physiquement tout l’espace.
Sam Spruell venait justement d’offrir à Hawley l’un des personnages les plus étranges de la cinquième saison de Fargo.
Cela ne signifie absolument pas que l’un d’eux jouera le grand méchant.
FX n’a rien révélé.
Mais l’absence d’informations rend précisément cette distribution particulièrement intéressante : plusieurs de ces acteurs pourraient correspondre à l’archétype du grand antagoniste Far Cry, et il est impossible aujourd’hui de savoir si Hawley décidera même de conserver cette structure.
Rob Mac apporte aussi son expérience du jeu vidéo
Noah Hawley n’est pas seul à construire cette adaptation.
Rob Mac constitue l’autre moitié créative du projet.
Sa présence peut surprendre si l’on pense principalement à It’s Always Sunny in Philadelphia ou Welcome to Wrexham, mais il possède déjà un lien particulièrement direct avec l’industrie vidéoludique grâce à Mythic Quest.
La série Apple TV était précisément construite autour d’un studio développant un immense jeu vidéo en ligne, avec ses créateurs, ses scénaristes, ses programmeurs, ses dirigeants et les conflits permanents entre création et impératifs économiques.
Far Cry n’a évidemment rien à voir narrativement avec Mythic Quest.
Mais Mac arrive sur l’adaptation avec une expérience assez rare : il a déjà passé plusieurs années à fabriquer une série sur le fonctionnement d’un studio de jeux et sur la culture qui entoure ce média.
Il est également acteur de Far Cry, ce qui renforce encore son implication.
Lors de la commande officielle, il expliquait qu’Ubisoft avait laissé à l’équipe une liberté importante pour travailler dans cet univers.
Ce degré de liberté est probablement indispensable pour que le concept anthologique fonctionne.
Ubisoft reste directement impliqué dans la série
La production ne se fait cependant pas sans l’éditeur français.
Ubisoft Film & Television participe directement au projet, avec Gerard Guillemot, Margaret Boykin et Austin Dill parmi les producteurs exécutifs.
FX Productions assure la production de la série, tandis que Noah Hawley intervient via 26 Keys et Rob Mac via More Better Productions. Plusieurs autres producteurs sont également associés au projet, parmi lesquels Simon Emanuel, Emilia Serrano, Nick Frenkel, Monica Macer, Peter Calloway et John Campisi.
Cette présence d’Ubisoft permet à la série de rester officiellement intégrée à la stratégie audiovisuelle de l’éditeur tout en laissant aux créateurs la possibilité d’inventer leur propre histoire.
C’est un équilibre devenu particulièrement important depuis que les adaptations de jeux vidéo ont cessé d’être de simples produits dérivés.
Après The Last of Us, Fallout, Arcane ou encore Cyberpunk: Edgerunners, le public attend désormais davantage qu’un catalogue de références destinées aux joueurs.
Une bonne adaptation doit fonctionner même lorsque le spectateur n’a jamais tenu la manette.
Le principe de Far Cry peut justement faciliter cette transition : puisque les jeux eux-mêmes changent constamment de héros et de décor, la série n’a aucune obligation de faire passer un examen de connaissances à son public.
Far Cry sera diffusée sur Disney+ à l’international
La distribution française est déjà beaucoup plus claire que l’histoire.
Ubisoft confirme que la série sera proposée sur Hulu aux États-Unis et sur Disney+ à l’international.
Pour le public français, Disney+ est donc la destination internationale annoncée pour la série.
En revanche, aucune date de diffusion n’est encore communiquée.
Il serait notamment prématuré d’annoncer une arrivée en 2027 simplement parce que le tournage vient de commencer. FX n’a officiellement donné ni année, ni mois, ni fenêtre de sortie.
La production doit d’abord terminer cette première saison avant que la chaîne puisse lancer sa véritable campagne promotionnelle.
On ne connaît pas davantage le nombre d’épisodes.
Voilà les prochaines informations réellement importantes à surveiller : le décor de la première saison, l’identité des personnages, le nombre d’épisodes et une première fenêtre de diffusion.
Far Cry commence surtout à ressembler à une série de Noah Hawley
C’est peut-être le point le plus encourageant dans tout ce que FX dévoile jusqu’ici.
Une adaptation paresseuse de Far Cry aurait pu choisir le jeu le plus célèbre, recruter un nouvel acteur pour jouer Vaas et essayer de reproduire ses scènes les plus populaires.
Noah Hawley et Rob Mac font l’inverse.
Ils utilisent la structure même de la franchise pour justifier une série qui pourra changer d’identité chaque année.
La première saison aura son histoire, son territoire et son casting.
Une éventuelle deuxième saison pourra tout abandonner et recommencer ailleurs.
Et le choix d’acteurs comme Brendan Gleeson, Jennifer Jason Leigh, Steve Buscemi, Hamish Linklater ou Sam Spruell commence à donner au projet un parfum assez différent de celui d’une simple adaptation de blockbuster vidéoludique.
Le risque existe évidemment.
À force de s’éloigner des jeux, Far Cry devra démontrer pourquoi elle porte encore ce nom.
Mais c’est précisément la question la plus intéressante que pouvait poser cette adaptation.
Parce que la franchise Ubisoft n’a jamais réellement été l’histoire d’un seul héros, d’un seul pays ou d’un seul ennemi.
Elle repose plutôt sur une idée : placer quelqu’un dans un monde qui semble avoir perdu ses règles, lui donner une arme et observer jusqu’où le chaos peut l’entraîner.
Noah Hawley connaît déjà très bien ce genre de terrain.
Son Far Cry vient maintenant de trouver les acteurs qui vont devoir y survivre.