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Carrie : notre avis sur la série de Mike Flanagan

Carrie White, jouée par Summer H. Howell, flotte en robe de bal au milieu de débris sur l’affiche de la série
© Prime Video

On pensait tout savoir de Carrie : le roman de Stephen King, le film culte de Brian De Palma, le seau de sang au bal. Mike Flanagan a quand même réussi à me surprendre. Sa série, disponible sur Prime Video, transpose l’histoire à l’époque des téléphones et des réseaux sociaux, élargit tout l’univers autour de Carrie, et repose sur une actrice incroyable, Summer H. Howell. C’est pour moi l’une des meilleures adaptations de King, au même niveau que le film, dans un style complètement différent. Je lui mets 9/10.

Notre avis9/10

Flanagan réinvente Carrie pour l’époque des téléphones sans la trahir, et Summer H. Howell est une révélation.

  • Où la voirPrime Video
  • Format1 saison · 8 épisodes
  • GenreHorreur, drame
Pour vous si…

vous aimez les séries de Mike Flanagan, l’horreur qui prend le temps des personnages et les adaptations de Stephen King.

Passez votre chemin si…

vous voulez une transposition fidèle du roman ou des sursauts toutes les cinq minutes.

Si vous avez aimé : Carrie (1976), La Chute de la maison Usher, Sweetpea

De quoi parle Carrie ?

Carrie White a grandi coupée du monde, élevée par une mère très religieuse, Margaret. Quand son père meurt brutalement, les services sociaux découvrent comment vit la famille, et la condition pour que Margaret garde sa fille, c’est que Carrie aille enfin au lycée public. Elle débarque donc dans un monde qu’elle ne connaît pas, avec ses codes, ses groupes et ses téléphones qui filment tout. Les moqueries commencent, puis le harcèlement, et en même temps Carrie découvre qu’elle peut déplacer des objets par la pensée.

Comme dans le roman, l’histoire est en partie racontée à travers des témoignages recueillis après coup, notamment celui de Sue Snell, une camarade de classe. On sait donc dès le départ que quelque chose de terrible va arriver à Chamberlain, la petite ville où se passe l’histoire. Toute la tension vient de là.

Ce qui m’a plu

La patte Flanagan

J’ai vu The Haunting of Hill House et La Chute de la maison Usher, et on retrouve tout de suite ce qui fait la force de Mike Flanagan. Il ne cherche pas à faire sursauter toutes les cinq minutes : il prend le temps de construire ses personnages, laisse les scènes respirer, et l’horreur arrive quand on s’est attaché à eux. Il a écrit et réalisé le premier et le dernier épisode, en réalise quatre sur huit, et confie les autres à des réalisatrices, dont Kate Siegel. On retrouve aussi sa bande d’acteurs habituels, de Kate Siegel à Rahul Kohli en passant par Samantha Sloyan, et la musique des Newton Brothers, ses compositeurs de toujours. Pour un fan de ses séries, c’est un plaisir de se sentir en terrain connu.

Une Carrie modernisée sans être trahie

Le pari le plus risqué, c’était de transposer l’histoire aujourd’hui, et il est réussi. Le harcèlement passe désormais par les téléphones : on filme, on partage, on commente, on crée des faux comptes. Ce qui était une humiliation dans un vestiaire devient une humiliation devant tout le lycée, et bien au-delà. Ça rend la série encore plus dure, parce que ça sonne terriblement vrai. Mais Flanagan ne s’en sert pas pour faire la morale : le cœur de l’histoire reste le même, une adolescente que tout le monde pousse à bout.

Un univers élargi

C’est la grande différence avec le film et les autres adaptations. Flanagan s’appuie sur les documents qui ponctuent le roman, rapports de police et études scientifiques, pour imaginer ce qu’il y a autour de Carrie : d’autres femmes qui partagent son don, et un groupe mené par une certaine Adelaide, jouée par Kate Siegel. Je ne vous en dis pas plus, mais ça donne à la série une dimension qu’aucune version de Carrie n’avait. On n’est plus seulement dans l’histoire d’une fille harcelée, mais dans quelque chose de plus grand, et j’ai trouvé ça passionnant.

Le duo mère-fille

Margaret White, c’est souvent le monstre de l’histoire. Ici, Samantha Sloyan, pour qui Flanagan a écrit le rôle, en fait une mère plus complexe : bornée, étouffante, terrifiante par moments, mais d’abord persuadée de protéger sa fille. Leur relation est le vrai fil de la série. Flanagan l’a d’ailleurs dit lui-même : pour lui, ce sont Summer H. Howell et Samantha Sloyan qui font battre le cœur de la série, et je suis d’accord.

Summer H. Howell, une Carrie qu’on n’avait jamais vue

Le personnage qui m’a le plus marqué, c’est Carrie, et c’est grâce à Summer H. Howell. Flanagan raconte que trouver son actrice a été le casting le plus difficile de sa carrière : son équipe a vu plus de 1 400 actrices. Il cherchait une Carrie qu’on n’avait jamais vue, et il l’a trouvée. Sa Carrie n’est pas seulement terrorisée : elle est curieuse, ouverte, sincère, presque naïve face à ce nouveau monde. Elle fait confiance aux autres, et c’est justement ce qui rend chaque humiliation aussi difficile à regarder. On s’attache à elle dès le premier épisode, et quand elle commence à comprendre ce qu’elle est capable de faire, on passe de la peine à l’inquiétude. Le fait qu’on la croie à chaque seconde, même dans les scènes les plus folles, tient entièrement à elle.

Ce qui coince

Honnêtement, pas grand-chose. Il faut juste savoir que ce n’est pas une adaptation fidèle au roman : le bal, en particulier, n’est pas tout à fait celui que vous connaissez, et tout ce qui touche à l’univers élargi est une invention de Flanagan. Si vous attendez une version page par page du livre, certains choix pourront vous surprendre. Et avec huit épisodes d’environ une heure, c’est une série qui prend son temps.

Plus forte que le film de De Palma ?

Pour moi, les deux se valent, parce qu’ils ne font pas du tout la même chose. Le film de 1976 avec Sissy Spacek est un modèle d’efficacité, avec une mise en scène qui est restée dans l’histoire. La série, elle, a le temps de creuser : la relation entre Carrie et sa mère, les autres élèves, les adultes du lycée, et tout ce qu’il y a autour du don de Carrie. Le film frappe plus fort en moins de deux heures, la série va plus loin. Les deux méritent d’être vus.

Est-ce que ça tient jusqu’au bout ?

Oui. La fin est réussie, elle conclut bien l’histoire tout en assumant ses propres choix, sans se contenter de rejouer la scène que tout le monde attend. Carrie a été pensée comme une mini-série, et aucune suite n’est annoncée à ce jour, même si Flanagan a évoqué l’envie de prolonger cet univers.

Pour qui, et quoi regarder ensuite

Carrie est faite pour les fans de Mike Flanagan, pour ceux qui aiment l’horreur qui prend le temps de ses personnages, et pour les lecteurs de Stephen King prêts à redécouvrir une histoire qu’ils connaissent. Si vous ne l’avez jamais vu, regardez aussi le film de Brian De Palma, pour comparer deux visions très différentes. La Chute de la maison Usher est le bon choix pour prolonger la patte Flanagan, avec une partie du même casting. Et si c’est l’héroïne invisible qui finit par basculer qui vous a touché, jetez un œil à notre avis sur Sweetpea, avec Ella Purnell. Pour une autre série sur une jeunesse cruelle et malsaine, il y a notre avis sur The Shards.

Infos pratiques

  • Plateforme : Prime Video, les 8 épisodes sont disponibles depuis le 7 octobre 2026
  • Format : mini-série, 8 épisodes de 48 à 59 minutes
  • Création : Mike Flanagan, d’après le roman de Stephen King
  • Avec : Summer H. Howell, Samantha Sloyan, Siena Agudong, Alison Thornton, Joel Oulette, Amber Midthunder, Matthew Lillard, Kate Siegel
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