La première saison d’A Knight of the Seven Kingdoms avait choisi une voie singulière au sein de l’univers de Game of Thrones. Plutôt que de reconstruire Westeros autour d’une guerre dynastique ou de grandes batailles, la série suivait un chevalier sans fortune et son jeune écuyer au milieu d’un tournoi dont les enjeux les dépassaient. La saison 2 conservera cette échelle plus intime, mais Peter Claffey prévient qu’elle ne retrouvera pas exactement la légèreté du premier voyage de Dunk et Egg.
Interrogé par TV Insider, l’interprète de Ser Duncan le Grand annonce « beaucoup plus de tristesse » et décrit les prochains épisodes comme une épreuve « totalement différente » pour Dunk. Le tournage s’est achevé en août et HBO prévoit toujours le retour de la série en 2027, avec une diffusion actuellement attendue au cours du premier semestre.
Cette évolution n’est pas une invention destinée à assombrir artificiellement la série après son succès. La deuxième saison adapte The Sworn Sword, deuxième novella consacrée à Dunk et Egg par George R. R. Martin. Publiée pour la première fois en 2003, elle abandonne l’atmosphère du tournoi d’Ashford pour raconter une histoire plus sèche, plus politique et surtout plus mélancolique, située dans un Westeros fragilisé par la sécheresse et encore hanté par les conséquences de la rébellion Feunoyr. George R. R. Martin présentait déjà The Sworn Sword comme une histoire marquée par la sécheresse, l’instabilité et les séquelles de la rébellion.
La saison 2 devrait donc moins chercher à reproduire ce qui fonctionnait dans la première qu’à montrer ce que devient Dunk lorsqu’il n’est plus entouré de princes, de chevaliers prestigieux et de Targaryen réunis pour un grand tournoi.
Dunk va devoir apprendre à négocier plutôt qu’à se battre
Peter Claffey donne surtout une indication intéressante sur la nature de cette nouvelle épreuve. Selon lui, Dunk ne sera plus confronté à des adversaires appartenant au sommet de la hiérarchie de Westeros. Les enjeux immédiats seront plus modestes, mais cela ne les rendra pas nécessairement plus faciles à gérer.
L’acteur explique notamment que son personnage va essayer de jouer les diplomates et découvrir combien cette tâche lui convient mal.
C’est une évolution logique pour un personnage construit depuis le départ autour d’une forme de franchise presque désarmante. Dunk possède du courage, une conscience morale très forte et une capacité à prendre des risques lorsqu’il estime qu’une situation est injuste. Il n’est en revanche ni un stratège politique ni un homme habitué à naviguer dans les subtilités de la noblesse.
La première saison lui permettait encore de résoudre une partie de ses problèmes en mettant son propre corps en jeu. The Sworn Sword le place dans une situation où cette méthode devient beaucoup moins efficace. Il doit servir un seigneur dont les intérêts ne sont pas forcément aussi simples qu’il le voudrait et se retrouve pris dans une querelle où les notions de loyauté, de propriété et d’honneur sont beaucoup plus ambiguës qu’un duel entre deux hommes.
La série peut ainsi conserver la simplicité apparente qui la distingue de Game of Thrones tout en compliquant progressivement le regard de Dunk sur le monde qui l’entoure.
The Sworn Sword change complètement de décor
La première saison adaptait The Hedge Knight, récit de la rencontre entre Dunk et Egg au tournoi d’Ashford. George R. R. Martin avait dès l’annonce de la série expliqué que son intention était de poursuivre ensuite avec The Sworn Sword puis The Mystery Knight si HBO souhaitait continuer l’adaptation.
Le deuxième récit se déroule dans un environnement très différent.
Dunk est désormais au service de Ser Eustace Osgrey, un chevalier vieillissant dont la maison a connu des jours bien plus glorieux. La région souffre d’une sécheresse sévère, et un conflit autour de l’accès à l’eau oppose Osgrey à Lady Rohanne Webber, une jeune veuve qui contrôle les terres voisines.
Sur le papier, l’enjeu paraît presque dérisoire comparé aux intrigues qui ont façonné Game of Thrones ou House of the Dragon. Il n’est pas question de conquérir le Trône de Fer ni de lever une armée destinée à bouleverser les Sept Couronnes. Pourtant, Martin utilise précisément cette querelle locale pour montrer comment les grandes fractures politiques de Westeros continuent de peser sur des personnes qui vivent loin de Port-Réal.
C’est l’une des qualités essentielles des récits de Dunk et Egg. Les événements historiques ne sont pas seulement racontés depuis les palais. Ils laissent des dettes, des rancœurs et des familles ruinées bien après que les rois ont proclamé leur victoire.
La rébellion Feunoyr va devenir beaucoup plus importante
The Sworn Sword est notamment traversé par le souvenir de la première rébellion Feunoyr, une guerre civile qui avait opposé plusieurs années auparavant les partisans du roi Daeron II Targaryen à ceux de son demi-frère Daemon Blackfyre.
La série n’a pas besoin de transformer cette histoire en nouveau House of the Dragon pour qu’elle devienne importante. Son intérêt vient précisément de ses conséquences.
Certains nobles se sont rangés du mauvais côté et ont perdu terres, influence ou proches lorsque la rébellion s’est terminée. Des années plus tard, ces choix continuent d’organiser les rapports entre les familles.
Ser Eustace appartient directement à cette histoire.
Ce passé rend la querelle qui l’oppose à Rohanne beaucoup moins simple qu’elle ne paraît lorsque Dunk arrive dans la région. Pour lui, qui ne possède ni grande culture politique ni connaissance approfondie des vieilles rancœurs aristocratiques, le défi consiste progressivement à comprendre qu’un conflit apparemment évident peut posséder plusieurs versions de la vérité.
C’est probablement une partie de ce que Claffey évoque lorsqu’il parle d’une saison plus triste. Dunk découvre un monde où le courage ne suffit pas toujours à réparer les erreurs commises avant son arrivée.
La série ne perdra pourtant pas son humour
Le changement de ton ne signifie pas que la saison 2 deviendra soudainement aussi sombre que les périodes les plus brutales de Game of Thrones.
Peter Claffey précise lui-même qu’une faiblesse de Dunk restera intacte : sa maladresse avec les femmes. L’acteur raconte que le chevalier tentera encore plusieurs fois de se montrer à l’aise dans ce domaine, sans beaucoup plus de succès que précédemment.
Cette continuité est importante parce que la première saison devait une grande partie de son charme à l’écart entre l’image imposante de Dunk et sa personnalité. Sa taille et sa force peuvent lui donner l’apparence d’un héros traditionnel de fantasy, mais il reste souvent dépassé par les codes sociaux et politiques des personnes qu’il rencontre.
Dexter Sol Ansell, dans le rôle d’Egg, apporte l’autre partie de cet équilibre. L’écuyer est physiquement minuscule à côté de Dunk, mais son éducation et son véritable statut lui donnent souvent une compréhension beaucoup plus précise du fonctionnement de Westeros.
La saison 2 peut donc devenir plus grave sans perdre la relation qui constitue le véritable cœur de la série.
Egg sera toujours beaucoup plus qu’un simple écuyer
À la fin de la première saison, Dunk accepte de poursuivre la route avec Egg, dont il connaît désormais la véritable identité : le jeune garçon est en réalité Aegon Targaryen, membre de la famille royale.
Leur voyage prend alors une dimension particulière. Dunk continue de traiter le jeune prince comme son écuyer, tandis qu’Egg découvre un Westeros que son rang lui aurait normalement permis d’observer uniquement depuis une position privilégiée.
Cette immersion devient particulièrement importante dans The Sworn Sword. Les deux personnages vont séjourner auprès de nobles très éloignés du pouvoir central, confrontés aux effets concrets de la sécheresse et à des blessures politiques héritées de la génération précédente.
Pour Egg, ces expériences nourrissent aussi un parcours que les lecteurs connaissent déjà dans ses grandes lignes. La série se déroule environ un siècle avant Game of Thrones, et l’histoire des Targaryen a depuis longtemps révélé ce que deviendra le jeune Aegon.
La force du récit réside donc moins dans la question de sa destination que dans la manière dont ses années passées avec Dunk contribueront à construire l’homme qu’il deviendra.
Le tournage de la saison 2 est déjà terminé
HBO avait renouvelé A Knight of the Seven Kingdoms pour une deuxième saison avant même la diffusion de la première. En novembre 2025, la chaîne annonçait officiellement que les nouvelles aventures de Dunk et Egg arriveraient en 2027. Le communiqué de HBO confirmait alors le renouvellement avant même le lancement de la série.
La production avait d’ailleurs commencé très tôt. George R. R. Martin racontait en février avoir rendu visite à Peter Claffey, Dexter Sol Ansell et au reste de l’équipe pendant le tournage de la saison 2 à Belfast, en confirmant explicitement que celle-ci adaptait The Sworn Sword.
Les prises de vues se sont finalement achevées le 13 août 2026, après plusieurs mois de production et quelques difficultés liées notamment à des intempéries en Espagne. Peter Claffey avait lui-même signalé la fin du tournage en partageant un cadeau reçu de l’équipe.
La série est donc désormais en postproduction.
Quand sortira A Knight of the Seven Kingdoms saison 2 ?
HBO ne donne encore aucune date précise.
Son annonce officielle garantit uniquement 2027, tandis que les informations communiquées autour de la production et reprises par TV Insider placent actuellement la saison dans le premier semestre 2027.
Cette fenêtre paraît cohérente avec l’état d’avancement du projet : le tournage étant terminé depuis août, la production dispose de plusieurs mois pour assurer le montage, la musique, les effets visuels et le reste de la postproduction.
En France, aucune date distincte n’est encore annoncée. La première saison était disponible via HBO Max et la deuxième reste une production HBO destinée à être diffusée sur la chaîne américaine et sur HBO Max. Il faudra néanmoins attendre Warner Bros. Discovery France pour connaître précisément le calendrier français.
L’absence de date n’empêche pas la série d’être déjà bien avancée. Contrairement à certaines grosses productions de fantasy qui laissent passer plusieurs années entre deux chapitres, A Knight of the Seven Kingdoms semble jusqu’ici suivre un rythme beaucoup plus resserré.
La première saison a donné à HBO une autre façon de raconter Westeros
Cette rapidité accompagne aussi le très bon accueil reçu par la série lors de sa première année.
A Knight of the Seven Kingdoms a notamment obtenu une nomination à l’Emmy de la meilleure série dramatique en 2026 et figurait également parmi les productions en compétition dans les catégories consacrées aux adaptations lors des Astra TV Awards. Dernier Rush revenait sur les principaux résultats des Astra TV Awards 2026 et la place occupée par les grandes adaptations de l’année.
La réussite de la série repose en partie sur ce qu’elle refuse de reproduire.
Il y a bien des Targaryen, des questions de succession et les traces d’anciennes guerres civiles, mais Dunk n’évolue pas au centre du pouvoir. Il traverse Westeros depuis ses marges et découvre souvent les conséquences des décisions prises par des personnages beaucoup plus importants que lui.
The Sworn Sword pousse précisément cette approche plus loin. Le conflit qui attend Dunk est plus petit en apparence que le tournoi d’Ashford, mais il touche à la mémoire d’une guerre, à la survie de domaines frappés par la sécheresse et aux difficultés de rester honorable lorsqu’aucune solution ne paraît parfaitement juste.
La saison 2 peut être plus triste sans devenir une autre Game of Thrones
C’est probablement le principal enseignement des déclarations de Peter Claffey.
Lorsqu’un acteur promet une saison « plus sombre » ou « plus triste », la formule peut facilement devenir un argument promotionnel assez vague. Dans le cas d’A Knight of the Seven Kingdoms, elle correspond pourtant très directement au texte que la série adapte.
The Sworn Sword est une histoire moins spectaculaire que The Hedge Knight, mais aussi plus amère. Dunk y découvre que la chevalerie ne consiste pas uniquement à défendre quelqu’un lors d’un combat. Elle peut aussi demander de comprendre des personnes dont il désapprouve les choix, d’accepter que les vieilles guerres survivent longtemps dans les mémoires et de chercher un compromis entre des camps qui ont chacun leurs raisons de refuser de céder.
Ce sera une évolution importante pour un personnage qui avait jusque-là tendance à avancer en suivant une conception très instinctive du bien et du mal.
La saison 2 ne va donc pas nécessairement devenir plus violente.
Elle devrait surtout devenir plus compliquée moralement.
Et pour Dunk, qui préfère souvent une bonne épée à une mauvaise négociation, ce changement pourrait constituer une épreuve bien plus difficile que le tournoi d’Ashford.