Après quinze ans passés à incarner Bucky Barnes dans le MCU sans jamais obtenir de véritable film solo, Sebastian Stan a fini par présenter lui-même son idée à Kevin Feige. Et elle est très éloignée d’un nouveau blockbuster rempli de menaces multiverselles : l’acteur imagine un petit thriller psychologique, peu coûteux et dans l’esprit de Sicario, construit autour des souvenirs incomplets du Winter Soldier.
Stan a raconté cette discussion dans un long portrait publié en septembre 2026 par Vulture. Il précise avoir lancé son concept à Kevin Feige « à moitié pour plaisanter », mais son pitch était déjà étonnamment précis : Bucky croirait reconnaître quelqu’un lié aux années où son esprit était contrôlé, deviendrait obsédé par cette personne et partirait à sa recherche pour comprendre ce qu’elle représente réellement dans son passé.
Marvel Studios n’a cependant annoncé aucun film Winter Soldier, et la réaction positive de Feige ne constitue absolument pas un feu vert. Pour l’instant, il s’agit de l’idée personnelle de Sebastian Stan pour un personnage qu’il accompagne depuis 2011.
Sebastian Stan veut un Winter Soldier beaucoup plus proche de Sicario
Le projet imaginé par Sebastian Stan ne commencerait pas par une nouvelle invasion extraterrestre ou l’ouverture d’un portail entre plusieurs réalités.
Il partirait d’un visage.
Dans son idée, Bucky croise quelqu’un qu’il pense reconnaître. Cette personne aurait un lien avec la période durant laquelle il avait été conditionné et utilisé comme assassin, mais Bucky ne saurait pas immédiatement si son intuition est fiable. Il développerait alors une véritable obsession et se lancerait dans une enquête pour comprendre qui se trouve devant lui et quelle place cette personne occupe dans les fragments de son passé.
Stan résume lui-même l’approche avec deux éléments : un budget réduit et une tonalité « Sicario-esque ».
La référence à Sicario, réalisé par Denis Villeneuve en 2015 sur un scénario de Taylor Sheridan, ne signifie évidemment pas que Stan souhaite reproduire le film ou faire intervenir ses auteurs. Elle indique plutôt le type de thriller qu’il imagine : une histoire plus resserrée, portée par la tension, le doute et un personnage qui avance dans un environnement dont il ne maîtrise pas toutes les règles.
Lire l’entretien original de Sebastian Stan dans Vulture
Ce serait une rupture assez nette avec l’échelle actuelle du MCU. Bucky reviendra bientôt dans Avengers: Doomsday, production réunissant des dizaines de héros provenant de plusieurs univers. L’idée de Stan prend le chemin exactement inverse : retirer une grande partie du spectacle pour revenir à un problème extrêmement personnel.
Le passé de Bucky offre encore beaucoup de zones d’ombre
Le concept fonctionne particulièrement bien avec Bucky Barnes parce que son passé a toujours été raconté par morceaux.
Introduit comme le meilleur ami de Steve Rogers dans Captain America: First Avenger en 2011, le personnage disparaissait après une chute avant de réapparaître en 2014 dans Captain America : Le Soldat de l’hiver. Son ancien allié avait alors été transformé en assassin conditionné, envoyé pendant des décennies sur différentes missions et régulièrement replongé dans un état permettant à ses responsables de conserver leur contrôle sur lui.
La mémoire a ensuite occupé une place centrale dans son parcours. Civil War montrait notamment que des mots de déclenchement pouvaient encore réactiver le Winter Soldier, tandis que les histoires suivantes ont progressivement déplacé le personnage vers la reconstruction et la responsabilité.
Marvel a utilisé la même idée dès les comics qui ont réintroduit Bucky comme Winter Soldier : un homme transformé en arme, dont le retour de la mémoire l’oblige à vivre avec des actes qu’il n’avait pas réellement choisis. Marvel souligne d’ailleurs cette tension entre manipulation, souvenirs et culpabilité lorsqu’il revient sur l’histoire éditoriale du personnage.
Le film imaginé par Stan ne chercherait donc pas nécessairement à inventer une nouvelle faiblesse pour Bucky. Il exploiterait au contraire un élément déjà profondément inscrit dans le personnage : tout ce qu’il ignore encore de sa propre vie.
Une personne croisée dans le présent pourrait avoir été une cible, un responsable de son conditionnement, un témoin ou simplement quelqu’un que sa mémoire reconstruit de manière imparfaite.
Sebastian Stan n’a donné aucun détail supplémentaire et il serait donc incorrect d’aller plus loin. Aucun antagoniste, aucune période précise et aucun événement du MCU n’ont été associés au pitch.
Kevin Feige a aimé l’idée, mais Marvel n’a rien commandé
La réaction de Kevin Feige peut facilement être exagérée.
D’après Stan, le président de Marvel Studios l’a écouté puis lui a simplement répondu que l’idée avait l’air intéressante : « Oui, ça a l’air cool ! »
C’est tout.
Il n’existe actuellement aucune annonce de scénariste, de réalisateur, de producteur ou de calendrier pour un film Winter Soldier. Le projet n’apparaît pas non plus dans la liste officielle des prochains films publiée par Marvel Studios, qui met actuellement en avant notamment Avengers: Doomsday, Avengers: Secret Wars et les autres productions déjà annoncées.
Il faut donc distinguer très clairement un pitch formulé par un acteur d’un projet placé en développement.
Les studios écoutent régulièrement des idées provenant des acteurs, producteurs et réalisateurs avec lesquels ils travaillent. Certaines deviennent des films plusieurs années plus tard ; beaucoup ne dépassent jamais la conversation initiale.
Pour le moment, Marvel n’a rien annoncé qui permette de placer cette proposition dans la première catégorie.
Après quinze ans dans le MCU, Sebastian Stan n’a toujours jamais porté un film seul
C’est cette situation qui donne une autre dimension à l’anecdote.
Sebastian Stan joue Bucky Barnes depuis 2011, soit quinze ans au moment de cette interview. Malgré cette longévité, il n’a jamais été la tête d’affiche unique d’une production Marvel Studios.
Même Captain America : Le Soldat de l’hiver, qui porte directement le nom de son personnage dans son titre français, reste avant tout le deuxième film consacré à Steve Rogers.
La série Falcon et le Soldat de l’Hiver lui donne ensuite une place beaucoup plus importante en 2021, mais son principe repose précisément sur le duo formé par Sam Wilson et Bucky. Marvel présentait elle-même la série comme une aventure réunissant les deux personnages face à une nouvelle menace mondiale.
Sebastian Stan résume aujourd’hui cette place particulière par une comparaison avec le basket.
Il dit continuer à se voir comme le « sixième homme » du MCU : celui que l’on peut faire entrer dans différentes configurations, capable de renforcer une histoire ou une équipe, mais qui n’a jamais vraiment intégré le cinq de départ en devenant le héros principal de son propre film.
Cette description correspond assez précisément au parcours de Bucky.
Il a été l’ami de Captain America, son ennemi, un fugitif, un Avenger, le partenaire de Sam Wilson puis un membre d’une nouvelle équipe, mais très rarement le véritable centre du récit.
Thunderbolts* lui a encore donné un nouveau rôle
La dernière grande étape est Thunderbolts*, sorti en 2025.
Le film réunit Bucky avec Yelena Belova, John Walker, Red Guardian, Ghost et d’autres personnages laissés à la périphérie des précédentes productions Marvel. Marvel présente officiellement Bucky comme l’un des membres de cette équipe d’anti-héros forcés de confronter leur passé.
Le film révèle également que son passage par la politique n’a pas duré.
Après avoir été élu au Congrès, Bucky quitte son mandat après seulement une partie de son mandat et revient vers l’action. Sebastian Stan expliquait alors que cette expérience permettait au personnage de comprendre qu’il n’avait peut-être pas besoin de se réinventer complètement pour avancer : accepter ce qu’il sait faire pouvait aussi faire partie de sa reconstruction.
À la fin de Thunderbolts*, l’équipe se retrouve associée au nom des New Avengers, une évolution que le réalisateur Jake Schreier a confirmée après la sortie.
Bucky possède donc désormais une équipe.
Mais toujours pas son film.
Et c’est précisément ce qui rend le concept présenté par Stan intéressant : il ne réclame pas nécessairement que Bucky devienne le prochain Iron Man ou Captain America du MCU. Son idée consiste plutôt à raconter une histoire suffisamment petite pour qu’il puisse enfin exister sans être défini par l’équipe autour de lui.
Le pitch ressemble aussi davantage au cinéma que Sebastian Stan choisit aujourd’hui
Cette proposition arrive à un moment particulier dans la carrière de l’acteur.
Ces dernières années, Sebastian Stan s’est beaucoup éloigné des rôles de blockbuster lorsqu’il ne tourne pas pour Marvel. Il a incarné Donald Trump dans The Apprentice, joué dans A Different Man et vient de travailler avec Cristian Mungiu sur Fjord, Palme d’or 2026, dans lequel il retrouve notamment sa langue maternelle roumaine.
Dernier Rush est déjà revenu sur ce rôle très personnel de Sebastian Stan dans Fjord et son retour au roumain.
Dans le même entretien où il évoque Winter Soldier, Stan explique justement être attiré par des films plus modestes, indépendants ou internationaux, et par des rôles qui lui imposent des difficultés nouvelles. Vulture souligne la place grandissante de ce type de projets dans sa filmographie récente.
Son idée pour Bucky semble donc presque vouloir réunir ses deux carrières.
D’un côté, le personnage Marvel qui l’accompagne depuis quinze ans.
De l’autre, le cinéma plus resserré et centré sur les personnages qu’il cherche désormais en dehors des franchises.
Un thriller Winter Soldier à petit budget pourrait théoriquement permettre aux deux approches de se rencontrer.
Mais cela reste précisément ce que le film pourrait être. Marvel Studios n’a pas annoncé vouloir suivre cette direction.
Bucky reviendra d’abord dans Avengers: Doomsday
Une chose est en revanche certaine : Sebastian Stan n’a pas terminé avec Bucky Barnes.
Disney confirme officiellement sa présence au casting d’Avengers: Doomsday aux côtés notamment de Robert Downey Jr., Chris Evans, Chris Hemsworth, Anthony Mackie, Florence Pugh, Pedro Pascal, Vanessa Kirby et plusieurs acteurs historiques des films X-Men.
En France, le film sortira exclusivement au cinéma le 16 décembre 2026, deux jours avant les États-Unis.
Voir la fiche officielle française d’Avengers: Doomsday
Marvel n’a pour l’instant pas détaillé le rôle exact de Bucky dans l’intrigue. Disney indique simplement que des héros issus de trois univers différents entreront en collision face à une menace existentielle, avec Doctor Doom au centre du film.
C’est donc dans l’un des plus grands rassemblements jamais construits par Marvel que Sebastian Stan retrouvera prochainement son personnage.
Presque l’exact opposé du film qu’il vient de proposer à Kevin Feige.
Un film Winter Soldier peut-il réellement voir le jour ?
Au 16 septembre 2026, rien ne permet de l’annoncer.
Le pitch existe. Kevin Feige l’a entendu. Sebastian Stan aimerait manifestement enfin placer Bucky au centre d’une histoire. Mais Marvel Studios n’a officiellement lancé aucun projet correspondant à cette description.
Le plus intéressant est finalement moins la possibilité immédiate d’un film que l’idée choisie par Stan après quinze années passées avec le personnage.
Il ne demande pas une armée supplémentaire, un nouveau monde à sauver ou une aventure cosmique.
Il imagine Bucky seul face à un souvenir qu’il ne parvient pas à comprendre.
Après des années durant lesquelles le Winter Soldier a surtout été l’arme, l’allié ou le membre d’équipe de quelqu’un d’autre, ce serait peut-être la manière la plus logique de lui offrir enfin une histoire qui n’appartienne qu’à lui.