Avec The Uprising, Paul Greengrass reconstitue la révolte paysanne qui a secoué l’Angleterre en 1381. Andrew Garfield y incarne un fermier endeuillé qui rejoint un soulèvement contre le pouvoir du jeune Richard II. Les premières critiques saluent la brutalité du film et plusieurs performances, mais s’opposent sur son dernier acte : le drame historique finit par relier son héros à la légende de Robin des Bois, au prix d’une immense liberté avec l’Histoire.
Attention, la suite de cet article révèle des éléments importants de la fin de The Uprising.
Andrew Garfield mène la révolte paysanne de 1381
Écrit et réalisé par Paul Greengrass, The Uprising prend pour point de départ un événement historique longtemps resté dans l’ombre au cinéma. Après les ravages de la peste noire et plusieurs années de guerre contre la France, la population anglaise doit supporter une nouvelle taxe destinée à financer le royaume.
La colère finit par provoquer un vaste soulèvement. Des paysans, des artisans et des travailleurs quittent leurs villages pour marcher sur Londres et présenter leurs revendications au roi Richard II, alors âgé d’environ 14 ans.
Andrew Garfield ne joue pas directement l’un des principaux meneurs historiques de la révolte. Son personnage est un fermier fictif simplement surnommé Ploughman, que l’on pourrait traduire par « le laboureur ». Après avoir perdu sa femme et ses enfants pendant la peste, il se retrouve progressivement entraîné dans la contestation.
Le film intègre cependant plusieurs personnages ayant réellement existé. Cosmo Jarvis incarne Wat Tyler, l’un des chefs du soulèvement, tandis que Jamie Bell joue John Ball, un prêtre associé à la révolte. Woody Norman interprète Richard II.
Le casting réunit plusieurs visages très connus
Autour d’Andrew Garfield, Paul Greengrass a réuni une distribution particulièrement imposante. Thomasin McKenzie joue Alyce, une ancienne religieuse qui rejoint le mouvement, tandis que Katherine Waterston incarne la mère du jeune roi.
Tom Hollander prête ses traits au trésorier Robert Hales et Stephen Dillane à l’archevêque Simon Sudbury. Jonny Lee Miller complète notamment le casting dans le rôle du maire de Londres William Walworth.
Derrière la caméra, Greengrass retrouve le style physique et agité qui caractérisait déjà ses films La Mort dans la peau, Vol 93 et Captain Phillips. La reconstitution a été tournée en Allemagne, principalement en Bavière, avec des décors réels ensuite prolongés numériquement. La production a mobilisé plusieurs milliers de figurants pour ses scènes de foule et de bataille.
Le film dure environ 2 h 08 et bénéficie aux États-Unis d’une classification R en raison de sa violence et de ses images sanglantes.
Le film transforme-t-il vraiment Andrew Garfield en Robin des Bois ?
C’est ici que The Uprising abandonne largement le terrain historique. Le personnage de Ploughman ne correspond pas à une figure identifiée de la révolte de 1381. Son nom semble plutôt faire référence à Piers Plowman, un poème allégorique médiéval attribué à William Langland.
Ce texte possède un lien très indirect avec Robin des Bois puisqu’il contient l’une des premières mentions écrites connues du personnage. Cette référence ne signifie toutefois pas que le héros légendaire ait participé à la révolte paysanne.
L’épilogue de The Uprising, situé environ un an après les principaux événements, multiplie pourtant les signes reconnaissables : vêtements verts, arc, flèches et naissance d’une nouvelle figure populaire. Le film ne transforme donc pas complètement Ploughman en Robin des Bois de manière traditionnelle, mais suggère fortement que son histoire aurait participé à la création de la légende.
Cette idée pose un problème chronologique évident. Les récits les plus célèbres autour de Robin des Bois sont généralement associés au règne de Richard Cœur de Lion et à la fin du XIIe siècle, soit près de deux cents ans avant la révolte de 1381.
Un virage vivement critiqué par Associated Press
Dans sa critique publiée le 10 septembre, Associated Press attribue 2,5 étoiles sur 4 à The Uprising. Le média apprécie son ouverture, sa violence médiévale et son traitement initial de la révolte, mais considère que le rapprochement final avec Robin des Bois affaiblit tout ce qui précède.
Le problème ne serait pas uniquement historique. Après avoir raconté un mouvement collectif porté par des milliers de personnes, le film ramènerait soudainement cette insurrection à la naissance d’un héros individuel. Ce choix rendrait la conclusion moins forte et détournerait l’attention des véritables acteurs de la révolte.
TheWrap se montre tout aussi sévère envers cette conclusion, décrite comme un revirement capable de gâcher une partie de la bonne volonté accumulée pendant le film.
Le Guardian critique également un récit confus et une tentative maladroite de rattacher tardivement l’histoire à Robin des Bois. Le journal estime néanmoins que Jamie Bell et Cosmo Jarvis parviennent à donner davantage de relief aux figures historiques qu’ils incarnent.
D’autres critiques acceptent cette liberté historique
Tous les avis ne rejettent pas pour autant cette transformation. Le Houston Chronicle reconnaît que The Uprising prend de très grandes libertés, mais considère que le résultat reste un divertissement médiéval efficace.
La performance d’Andrew Garfield, la brutalité des affrontements et le jeune Richard II de Woody Norman font partie des éléments régulièrement salués. Plusieurs critiques estiment également que Paul Greengrass parvient à rendre immédiatement compréhensibles les raisons de la colère populaire : les conséquences de la peste, la pression fiscale et l’enrichissement des élites religieuses et politiques.
Le premier bilan reste toutefois mitigé. Au 10 septembre 2026, The Uprising affiche 53 % d’avis favorables pour 32 critiques recensées sur Rotten Tomatoes. Cette note est naturellement susceptible d’évoluer avec la publication de nouveaux textes.
Quand The Uprising sortira-t-il en France ?
Focus Features sortira officiellement The Uprising dans les salles américaines le 11 septembre 2026. Le film commence également sa carrière dans plusieurs autres territoires autour de cette date.
Aucune date de sortie française n’apparaît encore dans le calendrier officiel communiqué par le studio. Le distributeur présente néanmoins déjà le film comme une histoire inspirée par les événements qui auraient contribué à nourrir la légende de Robin des Bois, preuve que ce rapprochement ne se limite pas à une interprétation des critiques.
La bande-annonce officielle de The Uprising permet déjà de découvrir Andrew Garfield au milieu de cette reconstitution particulièrement violente de l’Angleterre médiévale.