Zach Cregger n’avait pas de scénario caché dans un tiroir lorsque l’occasion de travailler avec Steven Spielberg s’est présentée. Il n’avait même pas réellement d’idée. Le réalisateur de Barbarian et Weapons disposait seulement de quelques jours pour trouver un concept suffisamment fort pour justifier une collaboration avec l’un des cinéastes les plus influents de Hollywood. Cette urgence a fini par donner naissance à The Flood, un thriller de science-fiction situé dans l’espace dont Cregger écrit et réalisera lui-même le film.
Trois ans après cette période de panique créative, le projet est désormais beaucoup plus concret. Warner Bros. et New Line Cinema ont fixé sa sortie américaine au 11 août 2028, Steven Spielberg reste impliqué par l’intermédiaire d’Amblin Entertainment et Zach Cregger vient de donner, le 16 septembre 2026, l’indication la plus précise à ce jour sur le calendrier de production : The Flood est entré dans une première phase de préparation et le tournage pourrait commencer durant l’été 2027.
Le contenu du film, lui, reste presque entièrement secret. Cregger a volontairement évité de dévoiler ce qui se passe réellement dans son histoire et aucune distribution officielle n’a encore été annoncée. On sait cependant comment le projet est né, pourquoi Netflix a failli empêcher sa réalisation et ce que le cinéaste cherche à faire après Weapons et son nouveau Resident Evil.
Zach Cregger avait environ cinq jours pour trouver son idée
L’histoire de The Flood commence à l’approche de la grève de la Writers Guild of America de 2023.
À l’époque, Zach Cregger termine encore le travail autour de Weapons et commence déjà à réfléchir à ce qui deviendra son adaptation de Resident Evil. Dans le même temps apparaît la possibilité de développer un nouveau projet avec Steven Spielberg et sa société Amblin Entertainment.
Le problème est le calendrier. Une grève des scénaristes est imminente et peut interrompre les discussions, les négociations et une grande partie du développement des projets à Hollywood. Cregger comprend donc qu’il dispose d’une fenêtre extrêmement courte s’il veut profiter de l’occasion.
Dans un entretien accordé à Deadline début septembre 2026, le réalisateur parle d’environ cinq jours pour trouver quelque chose. Dans une précédente conversation avec Esquire, il évoquait plus largement une semaine. Il ne s’agissait évidemment pas d’écrire un scénario complet en cinq jours : Cregger devait trouver l’idée suffisamment forte pour construire le film qui lui permettrait de travailler avec Spielberg.
Cette pression l’a placé dans ce qu’il décrit comme une véritable « frénésie ». La perspective n’était plus simplement de réfléchir tranquillement à son prochain scénario. Il devait se demander quelle histoire pouvait justifier qu’il appelle Steven Spielberg quelques jours plus tard pour lui dire : voilà le film que nous devrions faire ensemble.
L’idée de The Flood est née en regardant Ad Astra
Le déclic n’est finalement pas arrivé devant une page blanche, mais devant un autre film de science-fiction.
Zach Cregger regardait Ad Astra, le long métrage de James Gray sorti en 2019 avec Brad Pitt, en compagnie de son épouse, l’actrice Sara Paxton. Une séquence montre un personnage pénétrant dans un vaisseau abandonné. Paxton lui fait alors remarquer qu’il existe peu de situations plus terrifiantes que d’être prisonnier dans l’espace.
La remarque pousse Cregger à formuler une autre question : qu’est-ce qui pourrait être encore plus effrayant dans une telle situation ?
Selon son récit, la réponse lui est apparue presque immédiatement. Pas simplement une scène ou un monstre, mais la structure générale du film. Il explique avoir soudainement vu l’histoire se déployer dans son esprit et avoir compris qu’il tenait enfin le projet qu’il cherchait.
Il présente ensuite l’idée à Steven Spielberg. Dans le récit livré à Esquire, celui-ci lui répond simplement : « Good man ». Deux jours plus tard, le projet est vendu.
Cette genèse permet également de comprendre pourquoi Cregger continue de protéger autant le véritable concept de The Flood. Les résumés détaillés que l’on trouve aujourd’hui sur certaines bases de données — avec équipage spatial, signal venu d’une planète ou objet extraterrestre — n’ont pas été publiquement confirmés par le cinéaste. Il vaut donc mieux ne pas les présenter comme le synopsis officiel du film.
The Flood sera de la science-fiction avant d’être un film d’horreur
Après Barbarian et Weapons, il serait facile de présenter automatiquement The Flood comme le prochain film d’horreur de Zach Cregger.
Lui-même apporte pourtant une nuance importante.
Le réalisateur considère The Flood avant tout comme un film de science-fiction. Cela ne signifie pas qu’il abandonnera la peur : au contraire, il a déjà estimé que le résultat pouvait devenir plus perturbant encore que ses précédents longs métrages. Mais son objectif ne semble pas être de fabriquer simplement un Alien à sa manière ou de déplacer les mécanismes de Barbarian dans un vaisseau spatial.
Dans son entretien avec Men’s Health publié le 16 septembre, Cregger continue de parler du projet comme d’une histoire très différente de ce qu’il a réalisé jusque-là, avec une forte composante émotionnelle et une structure narrative inhabituelle.
Cette attention portée à la structure est déjà devenue l’une de ses signatures. Barbarian changeait brutalement de personnages et de point de vue en cours de film. Weapons organisait son histoire autour de plusieurs personnages dont les trajectoires finissaient par converger. The Flood ne reproduira pas nécessairement ces procédés, mais Cregger a suffisamment insisté sur sa construction pour que celle-ci semble jouer un rôle important dans l’expérience.
Steven Spielberg produit le film, il ne le réalisera pas
La présence de Steven Spielberg autour du projet peut également prêter à confusion.
Spielberg ne réalisera pas The Flood. Zach Cregger en est le scénariste et le réalisateur. Spielberg accompagne le projet à travers Amblin Entertainment, qui fait partie des sociétés de production du film avec Vertigo Entertainment et la société de Cregger, Subconscious.
L’association reste néanmoins particulièrement importante pour Cregger puisque c’est précisément la possibilité de travailler avec Spielberg qui a déclenché la création de l’histoire.
Amblin possède évidemment une longue histoire dans le cinéma populaire, mais son activité ne se limite pas aux films réalisés personnellement par Spielberg. Le producteur a régulièrement accompagné d’autres cinéastes et des projets très éloignés de sa propre filmographie.
Dernier Rush revenait récemment sur cette autre facette de sa carrière avec [Band of Brothers: Legacy, le documentaire consacré aux 25 ans de la mini-série qu’il avait produite avec Tom Hanks] notre article sur Band of Brothers: Legacy. Spielberg et Amblin étaient également impliqués dans Urgences, dont [le gigantesque contrat conclu entre NBC et Warner Bros. à la fin des années 1990] nous avons récemment détaillé l’histoire.
Avec The Flood, son rôle se situe donc du côté de l’accompagnement et de la production d’une idée appartenant pleinement à Cregger.
Netflix aurait pu produire The Flood, mais le cinéma a tout changé
Le chemin jusqu’à Warner Bros. n’a pas été direct.
The Flood a été développé chez Amblin à une période où la société possédait un accord avec Netflix donnant au service de streaming un premier regard sur certains de ses projets. Après le succès de Weapons, Netflix souhaitait conserver le film et convaincre Cregger de le réaliser pour la plateforme.
Mais un point est devenu déterminant : Cregger voulait une véritable sortie en salles.
En novembre 2025, TheWrap révélait que le projet était bloqué par un désaccord autour de cette exploitation cinéma. Netflix ne souhaitait pas s’engager sur le type de sortie traditionnelle demandé par le réalisateur, tandis que Cregger ne voulait pas renoncer au grand écran pour un film qu’il avait précisément imaginé comme une expérience cinématographique.
Le projet a finalement quitté l’orbite de Netflix.
Au CinemaCon d’avril 2026, Warner Bros. et New Line ont confirmé qu’ils récupéraient The Flood et lui attribuaient directement une date de sortie en salles. Le studio retrouvait ainsi Cregger après le succès de Weapons.
Ce parcours est révélateur de la position que le cinéaste a acquise en seulement quelques années. Après Barbarian, puis surtout après les résultats de Weapons, il peut désormais défendre non seulement ses scénarios originaux, mais aussi la manière dont ils doivent être distribués.
The Flood est désormais réellement entré en préparation
L’évolution la plus importante depuis la première publication de cet article est arrivée le 16 septembre 2026.
Interrogé sur l’avancement du projet, Zach Cregger a indiqué être désormais en « soft prep », c’est-à-dire dans une première phase de préparation précédant la préproduction complète. Celle-ci doit commencer au début de l’année 2027.
Lorsqu’on lui demande quand les caméras pourraient réellement tourner, il répond espérer commencer l’été prochain, donc durant l’été 2027.
Ce calendrier reste volontairement prudent. « Hopefully » ne constitue pas l’annonce d’une date précise de tournage. Il confirme néanmoins que The Flood n’est plus simplement un scénario attaché à un réalisateur et placé plusieurs années dans le calendrier de Warner Bros.
Le travail préparatoire a commencé.
Une production pendant l’été 2027 laisserait ensuite environ un an pour la postproduction, un délai cohérent pour un thriller de science-fiction susceptible de nécessiter un travail conséquent sur les décors, les effets visuels et la fabrication de son environnement spatial.
Aucun acteur n’est encore officiellement annoncé
À ce stade, le grand mystère concerne également la distribution.
Aucun acteur ou actrice n’a été officiellement annoncé pour The Flood.
Certains sites affichent déjà des personnages, des noms de vaisseaux et des détails d’intrigue, mais ces informations ne proviennent pas des communications publiques de Warner Bros., New Line ou de Zach Cregger. Elles ne doivent donc pas être considérées comme acquises.
Le démarrage de la préproduction complète début 2027 pourrait logiquement entraîner les premières annonces de casting. Mais rien ne permet encore de déterminer si Cregger retrouvera certains de ses collaborateurs réguliers.
Le réalisateur a déjà travaillé plusieurs fois avec des acteurs qu’il apprécie et vient notamment de diriger Austin Abrams dans Resident Evil. Cela ne suffit évidemment pas à en faire un candidat pour The Flood.
Cette absence d’information est plutôt cohérente avec le secret entretenu autour du film. Pour le moment, Cregger veut que le public connaisse davantage la sensation qu’il recherche que les événements précis de son scénario.
The Flood sortira en 2028, juste avant Gladys
Warner Bros. et New Line ont fixé la sortie américaine de The Flood au 11 août 2028. Le film arrivera donc au cœur de la saison estivale américaine, ce qui confirme l’ambition commerciale que le studio lui accorde.
Un autre projet lié à Zach Cregger est programmé seulement quelques semaines plus tard : Gladys, le film dérivé de Weapons, doit sortir le 8 septembre 2028. Cregger participe à son écriture et à sa production mais, contrairement à The Flood, il n’est pour l’instant pas annoncé à la réalisation.
En France, la situation est un peu moins officielle. AlloCiné référence actuellement The Flood pour le 9 août 2028, avec Warner Bros. France comme distributeur. Tant que Warner Bros. France n’aura pas communiqué directement son calendrier définitif, mieux vaut toutefois considérer cette date comme celle actuellement référencée plutôt que comme une annonce irrévocable du studio.
Avant cela, Zach Cregger doit accompagner la sortie de son nouveau Resident Evil, prévue aux États-Unis le 18 septembre 2026. Il devrait ensuite pouvoir consacrer une part beaucoup plus importante de son temps à la préparation de The Flood.
Ce qui avait commencé en 2023 par quelques jours de panique devant la perspective de devoir proposer une idée à Steven Spielberg possède donc désormais un studio, une date de sortie, une préparation engagée et un calendrier de tournage qui commence à se dessiner.
Reste précisément ce que Cregger protège depuis le début : qu’a-t-il imaginé devant Ad Astra qui lui a fait comprendre, en quelques secondes, qu’il venait de trouver son film ? Pour l’instant, le réalisateur n’a aucune intention de donner la réponse avant que The Flood soit suffisamment avancé pour la montrer plutôt que la raconter.