> ## Content Index
> Fetch the complete content index at: https://www.dernier-rush.fr/llms.txt
> Use this file to discover other available public pages before exploring further.

# SubwayTakes repart sans Emmy : Kareem Rahma reste ouvert à la télévision traditionnelle
- URL: https://www.dernier-rush.fr/subwaytakes-nomme-aux-emmy-awards-kareem-rahma-nexclut-plus-de-travailler-avec-la-television-traditionnelle/
- Published: 2026-08-24T13:50:41.000Z
- Updated: 2026-09-16T09:43:13.000Z
- Author: Thomas.S
- Tags: Awards

*SubwayTakes* n’a finalement pas remporté l’Emmy Award pour lequel il était nommé. Mais pour Kareem Rahma, le plus important s’était probablement déjà produit avant même l’ouverture de l’enveloppe.

Le format qu’il a créé avec Andrew Kuo, filmé dans les rames du métro new-yorkais et diffusé directement sur YouTube, avait réussi à entrer dans une compétition historiquement pensée autour de la télévision. Le 5 septembre 2026, *SubwayTakes with Kareem Rahma* était en lice pour l’Emmy de la meilleure série courte de comédie, drame ou divertissement. Le prix est finalement revenu à *Colbert Before Air*, prolongement numérique de *The Late Show with Stephen Colbert* produit par CBS Studios.

La [fiche officielle de SubwayTakes auprès de la Television Academy](https://www.televisionacademy.com/shows/subwaytakes-with-kareem-rahma?utm%5Fsource=chatgpt.com) affiche désormais un bilan très simple : **une nomination, aucune victoire**.

Ce résultat n’efface pourtant pas le paradoxe qui rend le parcours de Kareem Rahma particulièrement intéressant. Quelques mois avant de se retrouver aux Emmy Awards, le créateur avait abandonné le développement télévisé d’un autre de ses formats, *Keep the Meter Running*, après sept mois passés à attendre CNN. Il avait alors décidé de revenir là où il pouvait produire sans autorisation préalable : YouTube.

Aujourd’hui, il ne ferme pourtant plus complètement la porte à l’industrie qu’il venait de quitter.

## SubwayTakes a perdu face à Colbert Before Air

Le résultat est désormais officiel.

La Television Academy a attribué l’Emmy 2026 de la meilleure série courte de comédie, drame ou divertissement à **Colbert Before Air**, série de contenus courts diffusée sur YouTube autour de *The Late Show with Stephen Colbert*.

*SubwayTakes* était opposé à quatre autres programmes :

- *Bad Thoughts* ;
- *Colbert Before Air* ;
- *The Daily Show: Desi Lydic Foxsplains* ;
- *The Randy Rainbow Show*.

La nomination de Kareem Rahma et Andrew Kuo reste néanmoins leur première reconnaissance par la Television Academy. Tous deux étaient crédités comme producteurs exécutifs, Rahma étant également présenté comme animateur du programme.

Le résultat possède même une ironie intéressante.

*SubwayTakes* représentait précisément un programme construit en dehors des studios et chaînes traditionnelles. Il a été battu par un programme diffusé sur la même plateforme — YouTube — mais directement issu d'une institution télévisuelle traditionnelle, CBS Studios et *The Late Show*.

La frontière entre YouTube et télévision n'a donc pas totalement disparu.

Elle est simplement devenue beaucoup plus compliquée à tracer.

## Kareem Rahma a appris sa nomination exactement là où il travaille

La manière dont Kareem Rahma a découvert sa nomination paraît presque trop parfaite pour avoir été scénarisée.

Il était dans le métro new-yorkais en train de tourner un épisode de *SubwayTakes* avec **The Rizzler** lorsqu’un membre de son équipe lui a montré le message annonçant la sélection aux Emmy.

Rahma a raconté à Deadline avoir célébré directement sur le quai et avoir annoncé la nouvelle aux voyageurs qui attendaient leur train.

Ce moment résume assez bien l’histoire du programme.

La nomination ne l’a pas obligé à quitter son décor bricolé pour rejoindre un studio : elle est arrivée pendant qu’il continuait exactement à travailler comme auparavant.

Rahma expliquait d’ailleurs avoir toujours considéré *SubwayTakes* comme une véritable émission, indépendamment de sa plateforme de diffusion. La reconnaissance de la Television Academy l’a surtout encouragé à prendre encore plus au sérieux ses possibilités de développement.

TheWrap rapporte également que Rahma considère ses productions numériques comme de la télévision premium, même si elles ne sont pas diffusées par un network ou une plateforme payante traditionnelle.

## Le concept repose toujours sur une question extrêmement simple

*SubwayTakes* n’a pourtant rien d’une production télévisuelle classique lorsqu’on regarde son dispositif.

Kareem Rahma s’installe dans le métro de New York avec un invité et lui demande simplement :

« So, what's your take? »

Son interlocuteur doit défendre une opinion.

Elle peut être sérieuse, absurde, provocatrice ou volontairement triviale. Rahma écoute l’argument, discute rapidement et finit généralement par donner son verdict.

La Television Academy décrit officiellement le programme comme une série filmée directement dans le métro, où célébrités comme voyageurs ordinaires partagent leurs opinions sur la vie contemporaine.

La durée participe énormément à son efficacité.

Les épisodes sont conçus comme des contenus très courts, immédiatement compréhensibles et facilement partageables. Le décor, la question et le rythme restent presque toujours identifiables dès les premières secondes.

Le micro constitue lui aussi une partie du concept : il est dissimulé derrière une **MetroCard**.

Même lorsque des célébrités participent à l'émission, Kareem Rahma refuse de modifier cette règle.

## Même les célébrités doivent tenir la MetroCard

Avec le succès, les invités ont naturellement changé d'échelle.

Olivia Wilde a été l'une des premières célébrités importantes à accepter le principe. Rahma raconte qu'elle connaissait déjà son travail et lui avait fait savoir qu'elle serait disponible lors d'un passage à New York.

La liste s'est ensuite considérablement développée.

Cate Blanchett, Jennifer Lopez, Ethan Hawke, Lil Nas X, Ramy Youssef, Bill Burr ou encore Charlize Theron ont participé au programme ou à ses extensions.

Mais Rahma tient à ce que la présence d'une star ne transforme pas soudainement *SubwayTakes* en interview promotionnelle conventionnelle.

Dans son entretien avec Deadline, il explique notamment refuser que les invités utilisent leur propre micro ou un micro-cravate. **Ils doivent tenir la MetroCard.**

Même principe pour les réponses.

Les participants peuvent réfléchir à leur « take », mais Rahma refuse de répéter toute la conversation avant le tournage ou de leur révéler à l'avance s'il compte être d'accord avec eux.

Cette contrainte contribue énormément à l'identité de la série : une star internationale et un inconnu rencontré dans la ville passent par exactement le même dispositif.

## Le métro avait été choisi parce que Rahma et Andrew Kuo n'avaient presque plus d'argent

L'élément visuel le plus reconnaissable de *SubwayTakes* est pourtant né d'une contrainte beaucoup moins glamour.

Kareem Rahma et Andrew Kuo voulaient créer une nouvelle émission mais disposaient de très peu d'argent.

Rahma avait déjà lancé ***Keep the Meter Running***, format dans lequel il monte dans les taxis new-yorkais et demande aux chauffeurs de lui faire découvrir leurs endroits préférés.

La voiture permettait d'éviter un véritable studio, mais le compteur continuait de tourner pendant toute la production.

Le métro réglait ce problème.

Rahma raconte qu'à l'époque, un trajet coûtait **2,90 dollars**. Une fois entrés dans le réseau, lui et son équipe pouvaient y rester suffisamment longtemps pour enregistrer leurs conversations.

Ce qui était donc à l'origine une solution budgétaire est devenu l'identité même du programme.

YouTube présente aujourd'hui *SubwayTakes* comme un exemple de format numérique ayant progressivement pris la forme d'une véritable émission, tout en restant construit autour de cette simplicité initiale. [Voir l'entretien de Kareem Rahma publié par YouTube](https://blog.youtube/creator-and-artist-stories/kareem-rahma-subwaytakes-emmy-nomination-interview/?utm%5Fsource=chatgpt.com)

## La production est devenue beaucoup plus importante que son apparence ne le laisse penser

La simplicité du décor pourrait facilement donner l'impression qu'une seule personne suffit à filmer chaque vidéo avec un téléphone.

Ce n'est plus le cas.

TheWrap décrit une équipe structurée autour de la production, de l'image, du montage et du son. Plusieurs épisodes peuvent être enregistrés lors d'une même journée.

Le tournage reste pourtant beaucoup moins contrôlable qu'un plateau.

Il faut composer avec les voyageurs, les annonces, le bruit des trains, les mouvements de foule et les interruptions imprévues.

C'est justement cette contradiction qui rend la nomination particulièrement intéressante : *SubwayTakes* utilise une grammaire extrêmement proche des réseaux sociaux, mais sa fabrication mobilise désormais des métiers parfaitement traditionnels de la production audiovisuelle.

Rahma voit dans cette évolution l'une des raisons pour lesquelles séparer complètement « créateurs Internet » et « professionnels de la télévision » devient de moins en moins pertinent.

## YouTube avait officiellement poussé SubwayTakes aux Emmy

La nomination n'est pas arrivée sans campagne.

YouTube avait décidé de présenter **six programmes de créateurs** dans sa campagne « For Your Consideration » 2026 :

*Hot Ones*, *Challenge Accepted*, *SubwayTakes*, *Celebrity Substitute*, *Royal Court* et *HUGE If True*.

Parmi cette sélection, *SubwayTakes* a effectivement réussi à obtenir une nomination.

TheWrap rapporte que la plateforme a accompagné la campagne, notamment en donnant au programme une capacité promotionnelle dont une production indépendante aurait difficilement pu disposer seule.

Ce point mérite d'être conservé lorsqu'on raconte la réussite de Rahma.

Le programme est né indépendamment, mais son passage vers les Emmy a également bénéficié de la volonté stratégique de YouTube de faire reconnaître ses créateurs par les grandes institutions télévisuelles.

La nomination est donc à la fois celle d'un programme indépendant et le résultat d'une offensive beaucoup plus large de YouTube pour se présenter comme un acteur de télévision à part entière.

## La victoire de Colbert montre aussi la limite du symbole

C'est précisément pour cette raison que le résultat du 5 septembre est intéressant.

YouTube était omniprésent dans la catégorie.

*SubwayTakes*, *The Randy Rainbow Show*, *The Daily Show: Desi Lydic Foxsplains* et *Colbert Before Air* étaient tous accessibles sur la plateforme.

Mais YouTube n'est pas automatiquement synonyme de production indépendante.

Le programme gagnant, *Colbert Before Air*, venait directement de **CBS Studios** et de l'écosystème du *Late Show*.

La nomination de *SubwayTakes* ne signifie donc pas que le système historique de la télévision a été remplacé par les créateurs.

Elle montre plutôt que les deux mondes partagent désormais davantage les mêmes espaces : plateformes de diffusion, campagnes de récompenses, professionnels de production et même catégories aux Emmy.

Cette convergence pourrait bientôt aller encore plus loin.

Dernier Rush expliquait récemment que [Prime Video est en discussions pour récupérer la diffusion des Emmy Awards dès 2027](https://www.dernier-rush.fr/emmy-awards-prime-video-diffusion-2027/?utm%5Fsource=chatgpt.com). Si cet accord aboutit, la cérémonie récompensant la télévision américaine pourrait elle-même quitter les grands networks traditionnels pour une plateforme de streaming.

## Kareem Rahma venait justement de perdre patience avec la télévision

Le plus paradoxal reste que cette reconnaissance institutionnelle est arrivée au moment où Rahma s'éloignait volontairement du système classique.

Son autre émission, *Keep the Meter Running*, avait intéressé **CNN**.

Le projet devait évoluer vers une production destinée à la télévision.

Mais selon Rahma, le développement s'est prolongé pendant **sept mois** sans que la production avance suffisamment. Axios confirme que CNN avait gardé le projet en développement pendant cette période avant son retour indépendant.

Rahma a finalement quitté l'accord.

Sa frustration venait notamment du sentiment de devoir continuer à démontrer qu'un concept déjà testé auprès du public pouvait fonctionner.

Il disposait d'un format.

Il disposait d'une audience.

Mais il restait dépendant d'un processus de validation beaucoup plus lent que celui auquel il était habitué comme créateur indépendant.

Sa réaction avait alors été assez simple : reprendre le contrôle du projet et le publier lui-même sur YouTube.

## Keep the Meter Running est donc revenu directement sur YouTube

La nouvelle version longue de *Keep the Meter Running* a été relancée en 2026.

Le projet donne à Rahma beaucoup plus de temps avec les chauffeurs rencontrés et lui permet de dépasser largement les contraintes du format social court.

Pour lui, le contraste avec CNN était surtout une question de vitesse et d'autonomie.

En produisant lui-même, Rahma peut décider qu'une idée est prête et commencer à la tourner sans attendre les différentes étapes de développement, commandes, pilotes ou validations d'une chaîne.

Cette liberté est devenue une partie de son modèle.

Elle ne signifie cependant pas qu'il considère désormais toute production télévisuelle traditionnelle comme incompatible avec sa manière de travailler.

## Kareem Rahma ne dit finalement plus non à la télévision traditionnelle

C'est probablement la nuance la plus importante de l'article.

Quelques mois après avoir décrit son expérience avec la télévision comme désastreuse, Rahma a légèrement modifié son discours.

Lors de l'événement Contenders Television organisé par Deadline, il expliquait que c'était **cette expérience précise** qui l'avait détourné du système, et non nécessairement toute l'industrie.

Aujourd'hui, son principal argument en faveur de l'indépendance reste le plaisir et la simplicité de production.

Il travaille avec des gens qu'il apprécie. Les tournages restent rapides. Il dispose déjà de son public. Et il n'a pas besoin d'attendre plusieurs mois pour savoir s'il possède le droit de continuer son propre concept.

Mais il ne ferme plus la porte.

Sa condition est assez claire : si un partenaire traditionnel est capable de rendre le processus **plus simple**, il accepterait de retravailler avec l'industrie.

Ce n'est donc pas vraiment un retour en arrière.

Rahma ne dit pas qu'il regrette d'avoir quitté CNN. Il explique plutôt que la télévision devra désormais lui apporter quelque chose qu'il ne peut pas déjà obtenir seul.

## L'Emmy perdu ne change finalement pas le plus important

*SubwayTakes* n'a pas gagné le 5 septembre.

Kareem Rahma et Andrew Kuo n'ont donc pas ajouté de statuette à leur émission indépendante.

Mais leur présence dans la catégorie reste révélatrice.

Le format est né parce que deux créateurs n'avaient pas les moyens de louer un studio. Il a trouvé son identité dans un métro qui ne coûtait que le prix d'un ticket. Il a ensuite attiré des célébrités, construit une véritable équipe de production, obtenu le soutien d'une campagne YouTube et fini parmi les cinq programmes retenus par la Television Academy.

Et pendant que Rahma expliquait avoir quitté la télévision pour ne plus devoir demander l'autorisation de produire, cette même industrie commençait à reconnaître son travail.

Le résultat des Emmy apporte presque une dernière couche au paradoxe : *SubwayTakes* a perdu face à une émission traditionnelle qui, elle aussi, avait trouvé une seconde vie sur YouTube.

La télévision et Internet ne sont donc peut-être plus deux mondes opposés.

Pour Kareem Rahma, la vraie question semble désormais être beaucoup plus simple : **qui lui permettra de continuer à créer sans ralentir la machine ?**