Après Marvel, The Apprentice ou encore A Different Man, Sebastian Stan vient de tourner l’un des films les plus personnels de sa carrière.
Dans Fjord, le nouveau long-métrage de Cristian Mungiu, l’acteur incarne un père roumain installé en Norvège et joue notamment dans sa langue maternelle, le roumain. Une expérience qui l’a ramené directement à ses origines et qui possède une importance toute particulière pour sa famille.
Présent au Festival international du film de Toronto, Sebastian Stan explique aujourd’hui que sa mère est particulièrement fière de le voir enfin utiliser sa langue d’enfance dans un rôle aussi important.
Et le film n’est pas passé inaperçu : quelques mois plus tôt, Fjord a remporté la Palme d’or au Festival de Cannes 2026. (People.com)
Sebastian Stan retrouve la langue de son enfance
Dans Fjord, Sebastian Stan incarne Mihai Gheorghiu, un père roumain installé avec sa femme norvégienne et leurs enfants dans une petite communauté de Norvège.
Pour interpréter le personnage, l’acteur utilise plusieurs langues.
Il parle notamment roumain, sa langue maternelle, mais également un peu de norvégien. Et contrairement à ce que l’on pourrait imaginer après des décennies passées principalement à travailler en anglais, le retour au roumain ne lui a pas semblé particulièrement difficile.
Stan explique à People que la langue est revenue de manière très naturelle pendant le tournage.
Il avait quitté la Roumanie lorsqu’il avait 8 ans, d’abord pour vivre en Autriche, avant que son parcours ne le mène ensuite aux États-Unis. Tourner aujourd’hui avec une équipe roumaine lui a donc donné la sensation de retrouver quelque chose de profondément familier. (People.com)
L’acteur évoque notamment les sons, les comportements et les conversations qui lui rappelaient son enfance.
Une expérience suffisamment particulière pour qu’il la décrive comme l’un des aspects les plus personnels du projet.
Sa mère est particulièrement fière de ce rôle
Cette dimension compte également beaucoup pour sa mère, Georgeta Orlovschi.
Sebastian Stan révèle qu’elle est « très fière » de le voir jouer en roumain dans un film de cette ampleur.
Un détail assez touchant : au moment de son interview à Toronto, elle n’avait pas encore vu Fjord.
L’acteur explique néanmoins qu’elle connaît évidemment l’importance du projet et ce que représente pour lui ce retour vers ses origines. (People.com)
Pour Sebastian Stan, il ne s’agissait d’ailleurs pas uniquement d’utiliser quelques phrases en roumain devant la caméra.
Le tournage lui a permis de travailler avec Cristian Mungiu, l’un des cinéastes roumains les plus reconnus au monde, et avec une équipe beaucoup plus proche de l’environnement culturel dans lequel il est né.
Une situation assez éloignée des gigantesques productions hollywoodiennes auxquelles son rôle de Bucky Barnes l’a habitué.
Fjord
raconte le cauchemar d’une famille roumano-norvégienne
Le film est construit autour de cette double identité culturelle.
Mihai et Lisbet, interprétée par Renate Reinsve, forment un couple roumano-norvégien très religieux. Avec leurs enfants, ils quittent la Roumanie pour s’installer dans un village norvégien situé au bord d’un fjord.
Au début, leur intégration semble relativement paisible.
Ils se rapprochent notamment d’une autre famille du village et leurs enfants commencent à passer beaucoup de temps ensemble.
Puis tout bascule.
Des ecchymoses sont découvertes sur le corps de leur fille aînée, Elia, à l’école. Des soupçons apparaissent alors autour des méthodes éducatives de ses parents et la famille se retrouve confrontée aux institutions norvégiennes chargées de protéger les enfants. (Festival de Cannes)
Le film refuse cependant de transformer immédiatement cette situation en histoire avec des gentils d’un côté et des méchants de l’autre.
Cristian Mungiu s’intéresse davantage à la confrontation entre deux visions de l’éducation, de la religion, de la famille et du rôle de l’État.
Le choc entre deux cultures est au cœur du film
C’est probablement la raison pour laquelle le fait que Sebastian Stan soit lui-même roumain prend autant de sens.
Mihai arrive en Norvège avec une manière de penser héritée de sa culture, de sa religion et de son histoire personnelle.
Face à lui se trouve une société beaucoup plus progressiste, où certaines pratiques éducatives considérées comme acceptables ailleurs sont immédiatement remises en question.
Fjord explore donc la zone très inconfortable située entre protection de l’enfance, différences culturelles et responsabilité des parents.
Le Festival de Cannes présentait déjà le film comme une histoire reposant largement sur une question de point de vue : à quel moment une société doit-elle respecter les différences culturelles, et à quel moment doit-elle intervenir pour protéger un enfant ? (Festival de Cannes)
Le sujet a d’ailleurs provoqué beaucoup de débats depuis la sortie du film.
Mais Mungiu ne cherche volontairement pas à fournir une réponse parfaitement simple.
Une deuxième Palme d’or pour Cristian Mungiu
Ce choix a en tout cas convaincu le jury du Festival de Cannes.
Le 23 mai 2026, Fjord a remporté la Palme d’or de la 79e édition du Festival de Cannes. (Festival de Cannes)
Pour Cristian Mungiu, il s’agit déjà de sa deuxième Palme d’or.
Le réalisateur roumain avait remporté la première en 2007 avec 4 mois, 3 semaines, 2 jours, drame consacré à l’avortement clandestin sous le régime communiste de Nicolae Ceaușescu.
Près de vingt ans plus tard, il rejoint donc le petit groupe de cinéastes ayant remporté deux fois la récompense suprême du festival.
Et cette nouvelle victoire a forcément donné une exposition supplémentaire à la performance de Sebastian Stan.
Sebastian Stan continue de s’éloigner de l’image du Winter Soldier
Le rôle s’inscrit aussi dans une évolution assez évidente de sa carrière.
Pour une immense partie du public, Sebastian Stan restera associé à Bucky Barnes / le Soldat de l’Hiver, personnage qu’il incarne depuis Captain America: First Avenger.
Mais ces dernières années, l’acteur multiplie les projets très éloignés de Marvel.
Il a notamment joué un homme atteint de neurofibromatose dans A Different Man et incarné Donald Trump jeune dans The Apprentice, performance qui lui a valu une nomination à l’Oscar du meilleur acteur.
Avec Fjord, il va encore ailleurs.
Pas de transformation spectaculaire ou de franchise milliardaire : il joue un père de famille immigré dans un film européen de 2 h 26, tourné notamment en roumain, norvégien, anglais et suédois. (Unifrance)
Sebastian Stan expliquait récemment chercher précisément ce type de rôles difficiles, capables de l’emmener dans des territoires qu’il n’avait pas encore explorés. (Vulture)
Cette fois, le défi consistait paradoxalement à revenir vers quelque chose qu’il connaissait depuis toujours.
Sa propre langue.
Fjord
est déjà disponible au cinéma en France
Pour le public français, il n’est d’ailleurs pas nécessaire d’attendre la sortie américaine prévue en octobre.
Fjord est déjà sorti dans les salles françaises le 19 août 2026, distribué par Le Pacte. Le CNC confirme une durée de 147 minutes et une classification tous publics. (CNC)
Le film poursuit actuellement son parcours international et est présenté cette semaine au Festival de Toronto, où une nouvelle projection est programmée ce 11 septembre. (Ticketmaster Canada)
Mais pour Sebastian Stan, le succès cannois ou la carrière internationale du film ne semblent pas être les seuls éléments importants de cette aventure.
Après avoir passé l’essentiel de sa carrière à jouer en anglais dans des productions américaines, Fjord lui a offert quelque chose de beaucoup plus rare : la possibilité de revenir devant une caméra en parlant la langue dans laquelle son histoire personnelle a commencé.
Et après une Palme d’or à Cannes, difficile d’imaginer un retour aux sources beaucoup plus marquant.