Salma Hayek Pinault change de place derrière la caméra. L’actrice de Frida écrit, réalise, produit et joue dans Arena, une aventure romantique actuellement tournée au Mexique avec Yura Borisov et Cara Delevingne. Plus de vingt ans après sa première expérience de réalisatrice à la télévision, elle signe cette fois son premier long métrage destiné aux salles — avec Angelina Jolie parmi les productrices et un directeur de la photographie nommé aux Oscars.
Salma Hayek Pinault ne se contente plus de jouer dans les films des autres.
L’actrice mexicaine prépare actuellement Arena, son premier long métrage réalisé pour une exploitation au cinéma, dont Variety a dévoilé ce 14 septembre une première image.
Le projet est déjà bien avancé : le tournage est en cours au Mexique, entre les États de Quintana Roo et Veracruz, avec Yura Borisov et Cara Delevingne devant la caméra. Hayek sera elle aussi à l’écran, en plus d’occuper les postes de réalisatrice, scénariste et productrice.
Et derrière une annonce de casting assez spectaculaire se cache surtout un projet particulièrement personnel.
Une histoire d’amour interdite tournée dans le Mexique de Salma Hayek
Très peu d’éléments précis sur l’intrigue ont encore été dévoilés.
Salma Hayek décrit néanmoins Arena comme une grande aventure romantique construite autour d’un amour interdit, de la découverte de l’autre et de la manière dont le désir peut permettre aux personnages de retrouver une forme de connexion avec le monde.
La nature devrait occuper une place particulièrement importante dans le film.
La réalisatrice explique avoir voulu utiliser les paysages de Quintana Roo et Veracruz non pas seulement comme des décors, mais comme une véritable composante sensorielle du récit. Elle affirme avoir cherché dans ces régions des endroits rarement montrés au cinéma, avec l’objectif de faire découvrir au public une autre facette du Mexique.
Le choix de Veracruz possède forcément une dimension personnelle.
Hayek est née dans cet État mexicain et expliquait justement à Angelina Jolie dans une interview publiée ce lundi que son rapport à cette nature avait profondément évolué avec le temps. Enfant, elle la considérait comme allant de soi. En s’en éloignant, elle a progressivement compris à quel point ces paysages avaient participé à sa construction personnelle et même spirituelle.
Arena semble donc naître autant d’une envie de raconter une histoire d’amour que de filmer le territoire dont Salma Hayek est issue.
Yura Borisov rejoint le film après
Anora
Le premier nom du casting qui retient forcément l’attention est celui de Yura Borisov.
L’acteur russe a connu une forte exposition internationale grâce à Anora de Sean Baker, dans lequel il incarnait Igor. Cette performance lui avait valu une nomination à l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle en 2025, aux côtés notamment de Kieran Culkin, Edward Norton, Guy Pearce et Jeremy Strong.
Depuis, Borisov est devenu l’un des acteurs européens les plus surveillés à Hollywood.
Son arrivée dans Arena suggère surtout que Salma Hayek ne prépare pas un simple véhicule construit autour de son propre nom. Elle semble au contraire chercher à constituer un véritable ensemble international.
Cara Delevingne complète pour l’instant le trio principal annoncé.
Les rôles respectifs de Borisov et Delevingne sont toutefois gardés secrets. Rien ne permet encore de déterminer lequel des personnages se trouvera au centre de l’histoire d’amour interdite évoquée par Hayek.
Cette prudence est importante : pour l’instant, aucun synopsis détaillé ni nom de personnage n’a été communiqué.
Salma Hayek jouera également dans son propre film
La difficulté supplémentaire d’Arena vient du fait que Salma Hayek ne restera pas derrière le moniteur.
Elle jouera elle aussi dans le film qu’elle réalise.
Dans une conversation publiée ce 14 septembre par The Cut, Angelina Jolie évoque justement son passage sur le tournage et la difficulté que représente le fait de se diriger soi-même. Hayek reconnaît que l’exercice lui demande de passer constamment d’une responsabilité à une autre.
Un de ses partenaires aurait même remarqué une différence lorsque Jolie se trouvait sur le plateau : Hayek paraissait alors davantage capable de relâcher la pression de la réalisation pour redevenir simplement actrice.
Ce témoignage donne une indication assez rare sur la fabrication du film.
Arena n’est manifestement pas un projet où Hayek se contente d’apposer son nom sur une mise en scène largement déléguée. Elle semble porter directement la vision artistique du film, tout en assumant simultanément un rôle devant la caméra.
Et le scénario est également le sien.
Angelina Jolie produit
Arena
Autre nom important derrière le projet : Angelina Jolie.
La réalisatrice de Without Blood fait partie des productrices d’Arena, aux côtés de Salma Hayek, Stacy Perskie et José “Pepe” Tamez, partenaire de longue date de l’actrice au sein de Ventanarosa. Le film est actuellement financé de manière indépendante.
Le rapprochement entre les deux femmes n’est pas simplement industriel.
Jolie et Hayek se sont rencontrées lorsqu’elles travaillaient ensemble sur Eternals de Marvel, avant que Jolie ne choisisse Hayek comme interprète principale de Without Blood, son adaptation du roman d’Alessandro Baricco.
Dans l’interview croisée publiée par The Cut, les deux cinéastes constatent d’ailleurs une proximité entre leurs projets : Without Blood comme Arena sont largement fondés sur les échanges entre leurs personnages, même si leur ton et leurs intentions diffèrent fortement.
Hayek a donc vécu une situation assez particulière ces dernières années : être dirigée par Angelina Jolie avant de passer elle-même derrière la caméra, puis accueillir Jolie sur son propre tournage en tant que productrice.
Le lien entre les deux films est ainsi plus profond qu’une simple association de noms connus.
Ce n’est pas réellement la première fois que Salma Hayek réalise
La présentation d’Arena comme « premier film réalisé par Salma Hayek » nécessite toutefois une précision.
Elle a déjà été réalisatrice.
En 2003, Hayek avait signé The Maldonado Miracle, un téléfilm Showtime avec Peter Fonda, Mare Winningham et Rubén Blades, consacré à un jeune garçon mexicain dont la présence dans une petite ville américaine provoque l’apparition supposée d’un miracle religieux.
Showtime présentait alors officiellement le projet comme ses débuts à la réalisation.
L’expérience avait d’ailleurs été loin d’être anecdotique : Hayek avait remporté l’année suivante le Daytime Emmy de la meilleure réalisation dans un programme jeunesse ou familial pour ce film.
Pourquoi Arena est-il alors présenté aujourd’hui comme ses débuts ?
Parce qu’il s’agit de son premier long métrage réalisé pour le cinéma.
Et surtout parce qu’un écart de plus de vingt ans sépare les deux expériences.
Entre-temps, Hayek a énormément travaillé comme productrice, notamment derrière Ugly Betty, tout en poursuivant sa carrière d’actrice. Son passage derrière la caméra n’a donc jamais totalement disparu de son parcours, mais il n’avait pas encore débouché sur un véritable projet de cinéma à cette échelle.
Arena marque donc moins une découverte de la réalisation qu’un retour particulièrement ambitieux à celle-ci.
Une image confiée à un chef opérateur nommé aux Oscars
Hayek s’est également entourée d’un directeur de la photographie particulièrement expérimenté.
Arena est filmé par le Français Philippe Le Sourd, connu notamment pour son travail avec Sofia Coppola sur Les Proies, On the Rocks et Priscilla, ainsi que pour The Grandmaster de Wong Kar-wai.
Ce dernier lui avait valu une nomination à l’Oscar de la meilleure photographie en 2014.
Ce choix devient particulièrement cohérent lorsque Salma Hayek insiste sur la dimension sensorielle de son film et sur l’importance des paysages mexicains.
Le Sourd est justement reconnu pour une photographie qui privilégie les textures, la lumière naturelle et les atmosphères très composées plutôt qu’une image purement fonctionnelle.
L’ambition visuelle annoncée autour de Quintana Roo et Veracruz semble donc constituer une véritable direction esthétique et pas simplement un argument de promotion touristique.
Arena
est déjà en tournage, mais n’a pas encore de date de sortie
Le projet se situe donc beaucoup plus loin qu’un simple développement.
Variety et The Playlist confirment que les prises de vues sont actuellement en cours au Mexique, tandis que The Cut indique que Salma Hayek a déjà commencé à travailler sur le montage du film.
En revanche, plusieurs éléments importants restent inconnus.
Aucune date de sortie n’est annoncée, aucun distributeur américain ou français n’a encore été communiqué et aucun festival n’est officiellement associé au film.
Son financement indépendant rend d’ailleurs la question de sa future distribution particulièrement intéressante.
Avec Salma Hayek, Yura Borisov et Cara Delevingne au casting, Angelina Jolie à la production et Philippe Le Sourd à la photographie, Arena possède un package suffisamment prestigieux pour attirer rapidement des distributeurs et des festivals lorsque le montage sera plus avancé.
Il faudra également voir quand le film sera terminé.
Une sortie en 2027 paraît naturellement envisageable compte tenu du tournage actuel, mais elle n’a pour l’instant rien d’officiel.
Un projet beaucoup plus personnel qu’un simple passage à la réalisation
Sur le papier, l’information la plus immédiatement accrocheuse reste évidemment le changement de casquette de Salma Hayek.
Mais Arena semble chercher quelque chose de plus personnel qu’un classique « premier film d’actrice ».
Hayek en écrit le scénario, le réalise, le produit et y joue. Elle retourne tourner dans l’État où elle est née. Elle place au centre du projet un rapport presque physique aux paysages mexicains. Et elle s’entoure à la fois de partenaires de longue date comme José Tamez et d’une collaboratrice devenue proche avec Angelina Jolie.
Même le choix de Yura Borisov paraît assez éloigné du casting hollywoodien le plus évident.
Le résultat reste encore très mystérieux — au point que l’on ne connaît même pas les personnages interprétés par les trois acteurs principaux — mais les premières informations donnent déjà à Arena une identité assez claire.
Plus de vingt ans après avoir remporté un Emmy pour sa première réalisation télévisée, Salma Hayek revient donc derrière la caméra avec un film qu’elle semble avoir construit de bout en bout.
Et cette fois, elle vise le grand écran.