Un gala environnemental rempli de célébrités, un acteur en perte de vitesse, une cheffe de culte persuadée que la planète doit être sauvée par un sacrifice humain et, quelque part au bout du voyage, un volcan. Romain Gavras n’a manifestement pas cherché la discrétion avec Sacrifice. Netflix vient de dévoiler une nouvelle bande-annonce de cette comédie noire particulièrement démesurée, portée par Anya Taylor-Joy et Chris Evans, avant sa sortie désormais confirmée en France le 16 octobre 2026.
Le film possède une proposition suffisamment étrange pour tenir en quelques lignes. Mike Tyler, interprété par Chris Evans, est une star de cinéma dont la carrière n’est plus exactement au sommet. Invité à un gala caritatif organisé en Grèce et fréquenté par tout ce que le monde compte de célébrités et de milliardaires, il se retrouve au milieu d’une prise d’otages menée par Joan, incarnée par Anya Taylor-Joy. La jeune femme et ses disciples sont convaincus qu’un événement cataclysmique détruira la planète dans trois jours si trois personnes ne sont pas offertes en sacrifice à un volcan.
Et Mike Tyler fait partie des heureux élus.
Netflix a dévoilé cette nouvelle bande-annonce de Sacrifice le 16 septembre, tout en confirmant plusieurs informations importantes sur l’intrigue, les personnages et surtout la date de sortie française. Le film sera disponible sur Netflix en France le 16 octobre 2026, soit dans exactement un mois.
Chris Evans joue une star qui aimerait surtout redevenir importante
Chris Evans s’éloigne ici assez nettement de l’image héroïque qui continue de lui coller à la peau depuis Captain America. Mike Tyler reste une vedette, mais une vedette dont la position commence à devenir beaucoup moins confortable. Netflix le décrit comme un acteur en difficulté, obsédé par l’idée de relancer sa carrière, qui arrive à un événement environnemental organisé dans une mine grecque en espérant probablement y travailler autant son image que ses convictions.
Ce point de départ est essentiel parce que Sacrifice semble précisément vouloir jouer avec la frontière entre engagement sincère et représentation publique.
Le gala est organisé par le milliardaire Ben Bracken, incarné par Vincent Cassel, et son épouse Gloria, jouée par Salma Hayek Pinault. Des personnalités extrêmement riches s’y retrouvent pour parler d’environnement, défendre de grandes causes et afficher leur bonne conscience devant les caméras. Pour Romain Gavras, ce monde est évidemment un terrain de satire idéal.
La bande-annonce ne présente d’ailleurs pas Mike comme un personnage particulièrement admirable. Il semble conscient du ridicule qui l’entoure tout en participant pleinement au système qu’il critique. Autrement dit, il voit peut-être l’hypocrisie des autres, mais cela ne l’empêche pas de profiter exactement du même spectacle.
Puis Joan entre dans la pièce.
Avec son groupe, elle ne vient pas prononcer un nouveau discours sur la catastrophe climatique. Elle est persuadée qu’une prophétie volcanique annonce un événement d’extinction massive et qu’il ne reste qu’une solution : sacrifier trois personnes.
À partir de là, le film bascule volontairement dans quelque chose de beaucoup plus grand, plus absurde et plus mythologique.
Anya Taylor-Joy n’est pas simplement une méchante
Anya Taylor-Joy interprète Joan, la dirigeante du groupe radical qui prend le gala en otage. Là encore, Romain Gavras semble chercher quelque chose de plus compliqué qu’un simple affrontement entre une terroriste et ses victimes.
Netflix présente Joan comme une femme profondément convaincue de la mission qu’elle doit accomplir. Elle ne cherche pas seulement à provoquer le chaos ni à se venger des riches invités présents au gala. Elle croit réellement qu’un sacrifice peut empêcher une catastrophe et que ses actes répondent à quelque chose de plus grand qu’elle.
C’est ce mélange entre foi, fanatisme et vulnérabilité qui a attiré le réalisateur vers Anya Taylor-Joy. Gavras explique avoir été marqué par l’actrice depuis The Witch et voit chez elle une présence presque irréelle qui correspond particulièrement bien au personnage. Il insiste également sur sa capacité à apparaître simultanément forte et fragile, ce qui évite de réduire Joan à une simple figure de menace.
Le rôle arrive dans une période particulièrement chargée pour l’actrice. Dernier Rush revenait récemment sur Lucky, le thriller porté par Anya Taylor-Joy qui mérite vraiment le détour, une autre production dans laquelle elle incarne un personnage constamment obligé de manipuler son environnement pour survivre.
Avec Sacrifice, la dynamique est presque inversée. Ce n’est plus elle qui fuit un monde dangereux : c’est elle qui fait irruption dans celui des autres et bouleverse toutes ses règles.
Un milliardaire, une star de cinéma et une performeuse promis au volcan
Mike Tyler n’est cependant pas le seul prisonnier de Joan.
La secte choisit trois personnes pour accomplir son rituel. Chris Evans représente la star de cinéma, Vincent Cassel incarne le milliardaire Ben Bracken et Ambika Mod joue Katie, une performeuse elle aussi entraînée dans cette aventure.
Trois figures très différentes, qui semblent avoir été choisies autant pour ce qu’elles représentent que pour ce qu’elles sont réellement.
C’est là que la satire de Gavras commence à dépasser la simple histoire de prise d’otages. Sacrifice met en scène un univers où presque tout le monde joue un rôle : les célébrités jouent aux philanthropes, les milliardaires jouent aux sauveurs de la planète, les acteurs jouent leur propre importance et les militants deviennent eux-mêmes les protagonistes d’un récit mythologique qu’ils ont fini par prendre au pied de la lettre.
Anya Taylor-Joy a elle-même expliqué à Netflix voir dans le film une réflexion sur l’effort individuel face à l’action collective, mais aussi sur une société devenue tellement habituée au spectacle qu’elle préfère parfois regarder les problèmes comme un divertissement plutôt que les affronter réellement.
Ce discours pourrait facilement devenir pesant dans un film plus sérieux. Tout l’intérêt de Sacrifice semble justement être de pousser l’idée jusqu’à l’absurde.
Parce qu’au bout du raisonnement, il reste tout de même Anya Taylor-Joy qui veut emmener Chris Evans au sommet d’un volcan.
Romain Gavras mélange mythologie grecque, Jeanne d’Arc et Le Seigneur des anneaux
L’aspect le plus surprenant de Sacrifice est peut-être la manière dont Romain Gavras parle de ses influences.
Le réalisateur d’Athena a coécrit le scénario avec Will Arbery, scénariste notamment connu pour son travail sur Succession. Leur film n’est pas adapté d’un livre ou d’une histoire précise, mais il puise volontairement dans plusieurs mythologies.
Gavras explique à Netflix avoir grandi avec les histoires racontées par son père, le cinéaste Costa-Gavras, autour des dieux grecs, du mont Olympe ou des enfers. Pour lui, le mythe possède une qualité particulière : tout y est amplifié. La violence, l’humour, les enjeux et les personnages deviennent plus grands que nature.
C’est exactement ce qu’il semble vouloir reproduire ici.
Parmi les inspirations citées figurent naturellement les mythes grecs, mais aussi Jeanne d’Arc et, de manière beaucoup plus inattendue, Le Seigneur des anneaux. Gavras raconte même avoir réalisé pendant l’écriture que son histoire ressemblait, d’une certaine manière, à une nouvelle quête vers un volcan : un groupe traverse un monde chaotique pour atteindre une montagne et y accomplir un acte censé changer le destin de tous.
La comparaison est volontairement amusée, mais elle dit beaucoup du ton recherché.
Sacrifice ne devrait donc pas rester enfermé très longtemps dans son gala mondain. Netflix évoque à la fois un voyage intérieur et une véritable aventure physique, où les personnages devront quitter ce décor initial tandis que les certitudes de chacun commenceront à s’effondrer.
Le tournage est allé jusqu’à un véritable volcan
Pour donner à cette folie une dimension suffisamment concrète, Romain Gavras a également tenu à tourner une grande partie du film dans de véritables décors.
Sacrifice a été filmé en Grèce, en Bulgarie et en Islande, sans chercher à recréer systématiquement ses environnements en studio. Le réalisateur raconte notamment avoir déplacé environ 200 figurants habillés pour un gala jusque dans une mine du nord de la Grèce afin de tourner certaines séquences.
Le travail autour du volcan est encore plus spectaculaire.
Selon Gavras, l’équipe a réellement gravi un volcan actif pour certaines scènes, avec du matériel transporté sur place et une marche d’environ une heure chaque matin pour atteindre les lieux de tournage. L’objectif était de mettre les acteurs dans un environnement suffisamment réel pour influencer leur manière de jouer, plutôt que de leur demander d’imaginer entièrement le danger devant un fond vert.
Film4, qui participe à la production, annonce un long métrage d’environ 103 minutes et le présente comme une satire d’action centrée sur ce gala qui bascule après l’arrivée des militants armés. (film4productions.com)
Cette volonté de travailler dans des lieux physiques correspond assez bien au cinéma de Gavras. Même lorsque ses histoires deviennent excessives, le réalisateur aime donner à ses mouvements de foule, à ses confrontations et à ses décors une présence très matérielle.
Un casting volontairement improbable
Autour d’Anya Taylor-Joy et Chris Evans, la distribution devient rapidement presque aussi extravagante que l’histoire elle-même.
Vincent Cassel joue Ben Bracken, le milliardaire au centre du gala. Salma Hayek Pinault incarne son épouse Gloria. Ambika Mod joue Katie, tandis que Sam Richardson interprète Oliver et John Malkovich apparaît dans le rôle de Gunnar.
Mais Gavras a également intégré deux figures venues directement de la musique : Yung Lean, qui joue Arthur, et Charli XCX, créditée dans le rôle de Mother Nature.
Le réalisateur connaît Yung Lean depuis son adolescence et explique lui avoir proposé le rôle avant même que le rappeur suédois puisse véritablement être considéré comme un acteur professionnel. Charli XCX possède de son côté une apparition plus limitée, pensée par Gavras comme une extension naturelle de ce groupe d’artistes avec lesquels il entretient depuis longtemps des liens créatifs.
Ce mélange de stars hollywoodiennes, d’acteurs européens et de musiciens contribue à l’étrangeté du projet. Sacrifice raconte précisément un monde où célébrité, pouvoir, croyance et spectacle se mélangent en permanence. Il était donc assez logique que le casting ressemble lui aussi à une rencontre improbable entre plusieurs univers.
Le film avait déjà été présenté au Festival de Toronto
Cette nouvelle bande-annonce n’est pas la première apparition publique de Sacrifice.
Le film avait connu sa première mondiale au Festival international du film de Toronto en septembre 2025, dans la section Special Presentations. Le projet était alors présenté comme le premier long métrage en langue anglaise de Romain Gavras.
Cette longue période entre la présentation en festival et sa véritable arrivée auprès du grand public explique pourquoi certaines images et informations circulent déjà depuis plusieurs mois.
La situation est désormais beaucoup plus claire. Netflix dispose du film pour sa diffusion aux États-Unis et en France, et la plateforme vient de lancer une nouvelle phase de communication à un mois de sa sortie.
Plutôt qu’un premier aperçu abstrait, cette bande-annonce permet surtout de comprendre le ton recherché : Sacrifice veut être à la fois une comédie noire, une satire de la célébrité et des ultra-riches, une histoire de fanatisme et une aventure mythologique suffisamment démesurée pour envoyer son casting vers un volcan.
Tout cela en moins de deux heures.
Sacrifice sortira le 16 octobre 2026 sur Netflix en France
C’est surtout l’information qui intéresse désormais directement le public français : Netflix confirme que Sacrifice sera disponible en France le 16 octobre 2026.
La date apparaît désormais explicitement sur la présentation officielle publiée par Tudum, qui indique une diffusion simultanée aux États-Unis et en France.
Il ne reste donc plus qu’un mois avant de découvrir le film dans son intégralité.
Et si cette nouvelle bande-annonce reflète correctement son énergie, difficile de reprocher à Romain Gavras d’avoir choisi la prudence. Son film rassemble Chris Evans, Anya Taylor-Joy, Vincent Cassel, Salma Hayek, John Malkovich, Ambika Mod, Yung Lean et Charli XCX autour d’une satire environnementale qui commence dans un gala de milliardaires et doit finir quelque part sur les pentes d’un volcan.
Sur le papier, Sacrifice pourrait facilement devenir un gigantesque chaos.
À voir maintenant si c’est précisément ce que Romain Gavras avait en tête.