Zombies, Umbrella Corporation, mutations grotesques et virus T : le nouveau Resident Evil de Zach Cregger conserve plusieurs fondations immédiatement reconnaissables de la licence de Capcom. Mais le réalisateur de Barbarian et Weapons ne cherche pas pour autant à reproduire exactement ce que les joueurs connaissent déjà.
Dans son film, le virus T provoque certains comportements qui n’ont encore jamais été montrés dans les jeux.
Cregger assure pourtant ne pas vouloir modifier les règles fondamentales de l’univers. Son approche consiste plutôt à imaginer de nouvelles conséquences possibles du virus à l’intérieur de celles-ci.
Une nuance importante puisque le film raconte lui-même une histoire inédite, située dans le monde de Resident Evil 2, mais sans suivre Leon S. Kennedy, Claire Redfield ou les autres protagonistes habituels.
Sorti en France le 16 septembre 2026, Resident Evil suit Bryan, un coursier médical interprété par Austin Abrams, dont une mission nocturne tourne au cauchemar sur la route de Raccoon City.
Et même les joueurs capables d’identifier un zombie, un chien infecté ou certaines mutations au premier regard ne sauront pas nécessairement comment toutes les nouvelles créatures vont se comporter.
Zach Cregger détaillait dès le printemps son approche du film auprès du PlayStation Blog.
Le virus T reste bien au cœur du nouveau Resident Evil
Malgré l’histoire originale, Zach Cregger n’a jamais voulu retirer les éléments fondamentaux de la franchise.
Le virus T est toujours là.
Umbrella Corporation également.
Le principe reste donc familier : une expérience biologique développée par Umbrella provoque une catastrophe et transforme des êtres vivants en organismes infectés ou mutés.
Cregger résume lui-même l’univers de Resident Evil autour de cette idée : Umbrella est responsable d’un terrible événement provoqué par le virus T, entraînant notamment l’apparition de zombies mutants.
Mais le réalisateur ne veut pas consacrer son film à une longue explication scientifique du virus ou aux différentes expériences menées par l’entreprise.
Son intérêt se situe davantage dans leurs conséquences immédiates.
Dans un entretien repris par Empire, il expliquait ne pas vouloir passer son film à détailler exactement ce que prépare Umbrella ou comment fonctionne chaque mutation.
L’histoire repose d’abord sur un homme ordinaire qui doit traverser une nuit remplie de monstres.
Cette simplicité est volontaire.
Le virus provoque des comportements jamais vus dans les jeux
La principale nouveauté concerne justement le fonctionnement des infectés.
Interrogé avant la sortie, Zach Cregger a expliqué que sa version du virus T possédait certaines particularités inédites.
Le réalisateur assure qu'elles ne contredisent pas les règles établies par Capcom, mais qu'elles produisent des réactions comportementales que les jeux n'ont jamais montrées.
La distinction entre mutation physique et comportement compte beaucoup.
Cregger ne parle pas simplement d'un monstre possédant davantage de bras, de dents ou une silhouette différente.
Il évoque la manière dont le virus modifie le comportement d'un organisme infecté.
Il refuse toutefois d'aller plus loin.
Selon lui, identifier précisément la créature concernée ou expliquer ce qu'elle fait dévoilerait une partie importante du film.
Le spectateur est donc volontairement placé dans une situation proche de celle d'un joueur découvrant un nouvel ennemi pour la première fois : reconnaître l'origine de la menace ne suffit pas nécessairement à comprendre ses règles.
Attention : le « rouleau humain géant » est une autre créature
La communication autour du film a créé une petite confusion.
Zach Cregger a également beaucoup parlé d'un monstre particulièrement étrange qu'il surnomme un « giant human tumbleweed », littéralement une sorte de gigantesque rouleau humain.
La créature ressemble à une masse de corps ou de membres capable de se déplacer en roulant.
Pour définir son mouvement, l'équipe ne s'est pas contentée de préparer une animation numérique.
Cregger a fait appel à différents performers physiques, dont des artistes issus du Cirque du Soleil, afin d'étudier concrètement comment une telle masse pourrait accélérer, s'arrêter, repartir et rouler.
Ces performances ont servi de référence pour construire le monstre final.
Mais le réalisateur a indiqué que cette créature n'était pas nécessairement celle à laquelle il faisait référence lorsqu'il évoquait le comportement inédit du virus T.
Il faut donc éviter de fusionner les deux informations.
Le film contient à la fois de nouvelles créations physiques et au moins une particularité comportementale liée au virus que Cregger voulait garder secrète avant la sortie.
Cregger veut un Resident Evil plus « grounded »
Cette liberté créative pourrait paraître contradictoire avec une autre promesse du réalisateur : proposer un film plus ancré dans le réel.
En réalité, les deux idées vont ensemble.
Cregger connaît les extravagances que la franchise a accumulées au cours des décennies.
Les jeux ont présenté des Tyrants gigantesques, des parasites, des organismes capables de mutations spectaculaires et des créatures devenant parfois tellement massives qu'elles dépassent très largement le simple zombie du premier épisode.
Pour ce nouveau film, il a volontairement limité une partie de cette escalade.
Il expliquait récemment vouloir privilégier le virus T et ses mutations plutôt que d'intégrer immédiatement les aspects les plus extravagants du bestiaire.
Pas question, par exemple, d'ajouter un immense colosse en trench-coat uniquement parce que Mr. X constitue l'une des figures les plus connues de Resident Evil 2.
Le film cherche à conserver un sentiment de danger physique, sale et immédiat.
Même lorsqu'une créature devient totalement improbable, sa manière de bouger doit avoir une logique.
L’histoire se déroule dans le monde de Resident Evil 2
Le choix du virus T n'est pas non plus arbitraire.
Zach Cregger a confirmé au PlayStation Blog que son film se déroule dans le monde de Resident Evil 2.
Cela ne signifie pas qu'il adapte son scénario.
Leon Kennedy n'est pas le héros.
Claire Redfield non plus.
Bryan vit simplement une autre histoire pendant la nuit où Raccoon City bascule.
Le principe permet à Cregger d'utiliser plusieurs éléments familiers sans être obligé de rejouer les séquences du jeu de 1998 ou de son remake de 2019.
Bryan est un coursier médical.
Une livraison supplémentaire doit l'amener vers Raccoon City.
À partir de là, son trajet se transforme en parcours de survie.
Sony résume officiellement le film comme une course incessante durant laquelle « une nuit fatidique et horrifique s'effondre autour de lui dans le chaos ».
La page officielle de Sony Pictures présente le film, son intrigue et son casting.
Pas de Leon, Claire ou Jill pour une raison très simple
Ce choix a évidemment provoqué des réactions chez certains fans.
Après plusieurs adaptations ayant déjà pris beaucoup de libertés avec les jeux, une partie du public espérait voir Cregger reprendre directement les personnages de Capcom.
Le réalisateur reconnaît lui-même avoir sous-estimé l'attachement à Leon.
Mais son idée de départ était différente : il voulait faire un film qui se comporte comme un jeu Resident Evil plutôt qu'un film qui récite son scénario.
Bryan lui permet notamment de recréer une progression vidéoludique.
Au début, le personnage possède peu de ressources.
Puis il récupère progressivement de meilleures armes.
Cregger cite lui-même le passage du pistolet au fusil à pompe, puis à une arme plus puissante, tout en conservant la question essentielle de la franchise : combien de munitions reste-t-il ?
Blessures, exploration et gestion des ressources deviennent ainsi plus importantes que la présence d'un héros connu.
C'est une stratégie assez proche de celle choisie par certaines adaptations vidéoludiques récentes.
Dernier Rush expliquait par exemple comment Fallout avait réussi son passage sur Prime Video en racontant une histoire originale dans l'univers des jeux plutôt qu'en adaptant directement l'un d'eux.
Resident Evil 4 et Resident Evil 7 ont aussi influencé le film
Même si le cadre renvoie particulièrement à Resident Evil 2, Cregger ne s'est pas limité à un seul épisode.
Le réalisateur a régulièrement évoqué son attachement à Resident Evil 4 et Resident Evil 7.
Les deux jeux représentent pourtant des époques et des approches très différentes.
Resident Evil 4 fait évoluer la franchise vers une action beaucoup plus soutenue tout en conservant des séquences horrifiques et une progression extrêmement rythmée.
Resident Evil 7 effectue presque le chemin inverse en ramenant le joueur dans un environnement beaucoup plus claustrophobe, particulièrement avec la maison des Baker.
Le film mélange ces sensibilités.
Bryan avance continuellement d'un endroit à l'autre tandis que la situation empire, mais certaines étapes fonctionnent presque comme des niveaux autonomes.
Une ferme isolée.
Des couloirs.
Des pièces où il faut comprendre ce qui se cache avant d'avancer.
La mise en scène reprend elle-même parfois le langage du jeu vidéo en restant derrière Austin Abrams pendant son exploration.
Le film est volontairement très court
Ce rythme se retrouve dans sa durée.
Le Resident Evil de 2026 dure environ 1 h 37 dans sa version française, selon les informations d'exploitation publiées par AlloCiné.
C'est relativement court pour un blockbuster contemporain.
Et là encore, cela correspond aux déclarations de Cregger.
Le réalisateur expliquait vouloir appuyer sur l'accélérateur très tôt et ne pratiquement jamais ralentir ensuite.
L'intrigue n'est donc pas pensée comme un long exposé sur Umbrella avant l'arrivée des zombies.
Bryan entre rapidement dans la catastrophe.
Les premières critiques parues avant la sortie américaine décrivent d'ailleurs régulièrement le film comme une succession de situations rappelant les étapes d'un jeu : le personnage progresse, survit, récupère de nouvelles ressources puis tombe sur une menace encore plus dangereuse.
Austin Abrams devient un héros beaucoup moins préparé que Leon
Ce choix fonctionne aussi grâce au profil du protagoniste.
Austin Abrams incarne Bryan après avoir déjà travaillé avec Zach Cregger dans Weapons.
Mais Bryan n'a rien d'un policier spécialement entraîné.
C'est un coursier médical.
Le film peut donc construire la montée en puissance du personnage presque depuis zéro.
L'un des principes du survival horror consiste justement à faire ressentir au joueur sa vulnérabilité.
Un personnage trop compétent transforme rapidement la peur en simple action.
Bryan doit au contraire apprendre à survivre à mesure que la situation se dégrade.
Cregger a même expliqué vouloir retrouver la sensation éprouvée lorsqu'un joueur commence avec presque rien avant de construire progressivement son arsenal.
Cette approche distingue fortement le film de la saga portée autrefois par Milla Jovovich, dans laquelle Alice devenait progressivement une héroïne d'action aux capacités extraordinaires.
Paul Walter Hauser et Zach Cherry complètent le casting
Sony confirme autour d'Austin Abrams la présence de Zach Cherry, Kali Reis et Paul Walter Hauser.
Johnno Wilson apparaît également parmi les acteurs annoncés par Constantin Film.
Le scénario est signé Zach Cregger et Shay Hatten, ce dernier ayant notamment travaillé sur plusieurs films John Wick et Army of the Dead.
La production réunit Constantin Film, société historiquement liée aux adaptations cinématographiques de Resident Evil, avec TriStar Pictures, Davis Films et les équipes de PlayStation Productions.
Robert Kulzer, Roy Lee, Miri Yoon, Victor Hadida, Asad Qizilbash, Carter Swan et Cregger figurent notamment parmi les producteurs.
Constantin Film récapitule également le casting et les principaux responsables du projet.
Ce Resident Evil n’est pas lié aux films avec Milla Jovovich
Le film constitue une nouvelle continuité.
Il ne faut donc pas chercher Bryan dans la chronologie d’Alice.
Entre 2002 et 2016, Milla Jovovich avait porté six films Resident Evil, principalement écrits et/ou réalisés par Paul W. S. Anderson.
Cette saga utilisait des personnages et créatures provenant des jeux, mais construisait sa propre mythologie autour d’Alice.
En 2021, Resident Evil: Welcome to Raccoon City avait déjà lancé une nouvelle continuité, cette fois avec Kaya Scodelario, Robbie Amell et Avan Jogia dans plusieurs rôles issus directement des jeux.
La version de Zach Cregger repart encore une fois de zéro.
Pas d'Alice.
Pas de continuité avec Welcome to Raccoon City.
Et pas de reprise directe du scénario d'un jeu.
C'est donc en pratique le troisième grand départ live action de Resident Evil au cinéma.
Resident Evil est déjà sorti en France
L’ancien article présentait encore le film comme une sortie à venir.
Ce n’est désormais plus le cas.
Resident Evil est sorti dans les salles françaises le mercredi 16 septembre 2026.
Aux États-Unis, Sony maintient une sortie au 18 septembre.
Ce décalage explique pourquoi les premières critiques sont déjà disponibles alors que la campagne américaine parle toujours d'un film arrivant « vendredi ».
En France, le film est classé interdit aux moins de 12 ans avec avertissement et dure environ 1 h 37.
La bande-annonce officielle montre déjà plusieurs zombies, des animaux infectés et des mutations beaucoup plus difficiles à identifier.
Le site officiel du film permet de retrouver les bandes-annonces et le synopsis de Sony.
Cregger voulait son film le plus violent
Cette nouvelle interprétation du virus T ne sera pas particulièrement timide.
Avant la sortie, Zach Cregger décrivait Resident Evil comme le film le plus violent qu'il ait réalisé.
Une comparaison déjà significative après Barbarian et Weapons.
Il expliquait vouloir assumer complètement le caractère grotesque de la franchise : beaucoup de sang, des mutations et une violence physique suffisamment poussée pour rappeler que Resident Evil repose autant sur le body horror que sur les zombies.
Le choix de faire travailler des performers physiques sur certaines créatures participe à cette approche.
Même lorsqu'une grande partie de l'image finale nécessite des effets visuels, la production cherche d'abord à comprendre comment le corps doit se déplacer.
C'est probablement là que les fameux « nouveaux comportements » du virus T deviennent les plus intéressants.
Après trente ans de jeux, les fans connaissent déjà énormément de créatures de Resident Evil.
Ils savent souvent comment un zombie avance, comment un Licker attaque ou à quoi ressemble une mutation lorsqu'elle devient incontrôlable.
Cregger essaie donc moins de faire semblant que ce bestiaire n'existe pas que de réintroduire une inconnue dans un univers devenu extrêmement familier.
Le virus reste le virus T.
Umbrella reste Umbrella.
Raccoon City reste condamnée.
Mais connaître les jeux ne signifie plus nécessairement savoir ce que fera la chose qui se trouve derrière la prochaine porte.