Resident Evil, le film de Zach Cregger sorti au cinéma en septembre 2026, arrive avec un lourd héritage : six films portés par Milla Jovovich, un reboot en 2021, plusieurs séries et près de trente ans de jeux vidéo. Faut-il tout réviser avant de le voir ? Non. Le film avec Austin Abrams raconte une histoire entièrement nouvelle, pensée pour fonctionner seule. Les joueurs auront simplement beaucoup plus de détails à reconnaître.
Ce n’est pas la suite des films avec Milla Jovovich
Premier point : Alice ne fait pas partie de cette histoire. Entre 2002 et 2016, Milla Jovovich a porté six films construits autour de Paul W. S. Anderson, avec leur propre continuité, très librement inspirée des jeux de Capcom. Alice elle-même avait été inventée pour le cinéma. Le film de Zach Cregger ne prolonge pas cette saga, et vous n’avez besoin d’avoir vu ni Apocalypse, ni Extinction, ni Chapitre final. Cregger, grand fan des jeux, explique même ne pas avoir regardé les anciens films en préparant le sien, parce qu’ils ne correspondaient pas à ce qu’il aime dans Resident Evil. Son point de départ, ce sont les jeux.
Ni celle de Bienvenue à Raccoon City
Même réponse pour Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City, sorti en 2021. Le film de Johannes Roberts était déjà un reboot, plus fidèle aux premiers jeux, avec Claire et Chris Redfield, Leon S. Kennedy et Jill Valentine. Celui de 2026 repart de zéro : Austin Abrams ne joue aucun héros connu, mais Bryan, un personnage créé pour l’occasion. Il n’y a donc aucune continuité à retenir.
Quel rapport avec les jeux ?
C’est là que ça devient intéressant. Le film est autonome, mais Cregger ne voulait pas d’une histoire qui pourrait porter n’importe quel titre. Il cherche à retrouver les règles, le rythme et l’univers des jeux plutôt que leurs personnages. Il a précisé que le récit se déroule « à la périphérie » des événements de Resident Evil 2 : pendant que Raccoon City vit la catastrophe connue des joueurs, Bryan traverse une autre histoire en parallèle. Le film n’adapte donc pas Resident Evil 2, il utilise cette nuit comme toile de fond.
Faut-il avoir joué à Resident Evil 2 ? Non. Le film donne tout ce qu’il faut pour suivre Bryan, même sans savoir qui sont Leon, Claire ou Ada Wong. Connaître le jeu permettra simplement de reconnaître plus vite le décor et certaines références, puisque l’équipe s’en est servie comme modèle pour l’apparence de la ville. Les jeux apportent du contexte, pas des devoirs à faire avant la séance.
Des références à tous les étages
L’équipe a puisé dans plusieurs épisodes. Le chef décorateur, Tom Hammock, a regardé du côté de Resident Evil 4 et Resident Evil 6 pour les créatures, en mélangeant des détails de différents monstres pour en créer de nouveaux plutôt que de copier ceux des jeux. Le film fonctionne donc sur deux niveaux : le nouveau venu voit une créature, le joueur reconnaît le vocabulaire visuel qui a servi à la fabriquer.
L’influence va jusqu’aux armes. Bryan commence avec un équipement limité, avant de passer d’un pistolet à un fusil à pompe puis à une arme automatique, une progression qui parlera à tous les habitués du survival horror. Dans les jeux, c’est la boucle classique : on démarre vulnérable, on économise ses ressources, on s’équipe mieux à mesure que les créatures deviennent plus dangereuses. Le film transpose une sensation de jeu plutôt que des cinématiques.
Un film construit comme une partie
Pour Cregger, l’identité de Resident Evil tient surtout à son rythme : suivre un seul personnage qui avance d’un point A vers un point B, en sachant que chaque étape l’enfonce un peu plus dans l’horreur. Il décrit son film comme une progression presque en temps réel, ce qui le rapproche davantage d’un joueur qui avance dans un niveau que des précédentes adaptations. Il utilise aussi ponctuellement des plans en vue subjective, avant de revenir à une mise en scène classique quand Bryan échange avec d’autres personnages. Les fans y reconnaîtront le langage des jeux, les autres y verront de simples choix de mise en scène. Cregger et Austin Abrams reviennent sur ces choix dans cet entretien à Dread Central (en anglais).
Qui est Bryan ?
Austin Abrams joue un coursier chargé de transporter du matériel médical, dont la mission ordinaire tourne à la nuit de survie quand tout s’effondre autour de lui. Paul Walter Hauser, Zach Cherry et Kali Reis complètent le casting. Choisir un héros inédit permet surtout de garder une vraie incertitude : quand Leon ou Jill apparaissent dans une adaptation, les fans savent qu’ils ne risquent pas grand-chose. Bryan n’a aucune protection de ce genre.
Peut-on commencer Resident Evil par ce film ?
Oui, c’est même l’idée. Vous pouvez le voir sans avoir joué aux jeux, sans connaître Resident Evil 2, sans avoir vu les films avec Milla Jovovich ni Bienvenue à Raccoon City, et sans les séries Netflix ou les films d’animation. Tout ça enrichit certaines références, mais rien n’est nécessaire. Et si vous voulez découvrir un jeu avant ou après, Resident Evil 2 reste le choix le plus logique, puisque le film se déroule pendant cette même nuit. Les nouveaux venus suivront Bryan sans difficulté, et les fans passeront le film à chercher tout ce que Cregger a caché autour de lui.
Pour un autre guide d’une saga d’horreur, lisez dans quel ordre regarder les films Conjuring.