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Onslaught s’effondre au box-office : le retour aux sources d’Adam Wingard tourne au revers commercial

Onslaught s’effondre au box-office : le retour aux sources d’Adam Wingard tourne au revers commercial

Quelques années après avoir envoyé Godzilla et Kong détruire des villes entières devant des centaines de millions de dollars de recettes, Adam Wingard voulait revenir à quelque chose de beaucoup plus personnel. Onslaught devait précisément être ce film-là : une production originale de genre, beaucoup moins chère que ses blockbusters du MonsterVerse, nourrie par l’action brutale, l’horreur, John Carpenter et l’énergie de ses premiers succès comme You’re Next et The Guest.

Deux semaines après sa sortie américaine, le retour aux sources est pourtant en train de se transformer en véritable revers commercial.

Sorti le 4 septembre 2026 dans 1 918 cinémas nord-américains, Onslaught n’avait déjà récolté que 1,91 million de dollars entre le vendredi et le dimanche. Sa première semaine complète s’était achevée avec 2,77 millions. Le deuxième week-end vient désormais confirmer que le problème ne concernait pas seulement un démarrage difficile : le film n’a ajouté que 267 731 dollars entre le 11 et le 13 septembre, soit une chute de 86 % par rapport à son premier week-end. Son parc de salles a parallèlement reculé de 1 918 à 1 252 établissements.

Au dimanche 13 septembre, Onslaught totalisait ainsi 3 041 101 dollars aux États-Unis et au Canada. Les recettes internationales actuellement rapportées par The Numbers restent extrêmement limitées, à 67 284 dollars, portant le total mondial recensé à environ 3,11 millions de dollars. Ces chiffres internationaux ne représentent toutefois pas une exploitation mondiale complète : seuls quelques territoires ont pour le moment communiqué des résultats, et le film ne possède toujours pas de sortie française officiellement annoncée.

Pour une production dont le budget est estimé à 15 millions de dollars, la différence est considérable. Et contrairement à ce que pourrait laisser penser une simple comparaison entre budget et recettes brutes, atteindre 15 millions au box-office ne suffirait de toute façon pas à rendre le film rentable : les exploitants conservent une partie de la billetterie, tandis que le montant de production ne comprend pas nécessairement toute la promotion et la distribution.

Le cinéma, la vidéo à la demande et les futures exploitations en streaming peuvent encore générer des revenus. Mais après dix jours dans les salles américaines, Onslaught ne ressemble plus à un film qui a simplement besoin d’un peu de temps pour trouver son public.

Il ressemble à un film que le public américain n’est tout simplement pas allé voir.

Le deuxième week-end est encore plus préoccupant que le premier

Le démarrage du 4 septembre avait déjà déclenché les premiers signaux d’alerte.

Avec environ 1,91 million de dollars sur trois jours, Onslaught avait terminé très loin des principales sorties du week-end de Labor Day et affichait une moyenne inférieure à 1 000 dollars par cinéma. Le résultat était d’autant plus difficile à défendre que le film bénéficiait d’une vraie sortie nationale, avec presque 2 000 établissements.

Il pouvait encore exister une explication relativement indulgente.

Labor Day n’est historiquement pas le week-end le plus simple pour lancer un film aux États-Unis. La fréquentation peut être irrégulière, la fin de l’été modifie les habitudes et plusieurs grands titres déjà installés continuent de monopoliser les meilleures séances.

Mais la comparaison avec les autres nouveautés limitait déjà cet argument.

By Any Means, porté par Mark Wahlberg et Yahya Abdul-Mateen II, avait récolté environ 7,4 millions de dollars sur trois jours, malgré un lancement lui aussi considéré comme modeste. Dernier Rush détaillait ce démarrage dans son suivi du box-office du même week-end. Lire notre article sur le démarrage de By Any Means

Le deuxième week-end d’Onslaught élimine désormais une bonne partie des dernières excuses.

Une chute de 86 % est extrêmement violente pour un film qui partait déjà d’un niveau très bas. Entre vendredi et dimanche, ses séances n’ont rapporté en moyenne qu’un peu plus de 200 dollars par cinéma sur l’ensemble du week-end.

Autrement dit, le problème n’est plus simplement que peu de personnes ont découvert le film à sa sortie.

Celles qui auraient pu venir ensuite ne sont pas arrivées non plus.

3 millions de dollars face à un budget de 15 millions

Le budget d’Onslaught est estimé à 15 millions de dollars par The Numbers.

À l’échelle hollywoodienne, c’est évidemment une somme raisonnable. Godzilla x Kong: The New Empire coûtait par exemple environ 135 millions de dollars, toujours selon la même base, soit neuf fois plus.

Mais un petit budget n’empêche pas un échec.

Il réduit simplement la somme qu’il faut récupérer.

Avec environ 3,11 millions de dollars de recettes mondiales actuellement recensées, Onslaught n’a pour l’instant généré en salles qu’un peu plus de 20 % de son budget de production brut. Et ce calcul reste très généreux puisqu’il compare directement les recettes du box-office au coût du film, alors qu’une partie de chaque billet revient aux cinémas.

Il faut également ajouter les dépenses de lancement.

A24 n’a pas communiqué le montant consacré à la campagne promotionnelle, et il serait donc hasardeux d’inventer un seuil précis à partir duquel le film devrait devenir rentable.

Une seule chose peut être affirmée avec suffisamment de certitude : la carrière en salles américaine ne pourra probablement pas, à elle seule, rembourser l’investissement engagé dans le film si sa trajectoire actuelle se poursuit.

Les ventes numériques, les accords de télévision et le streaming peuvent naturellement réduire l’écart par la suite.

Mais ce ne sera plus une histoire de succès en salles.

Le contraste avec Godzilla et Kong est spectaculaire, mais pas vraiment équitable

Le titre de cet article prend tout son sens lorsqu’on regarde les deux films qu’Adam Wingard avait réalisés auparavant.

Godzilla vs. Kong avait récolté environ 470 millions de dollars dans le monde en 2021, malgré un contexte de sortie encore fortement marqué par la pandémie et une exploitation simultanée sur HBO Max aux États-Unis.

Trois ans plus tard, Godzilla x Kong: The New Empire avait fait encore mieux : environ 572,5 millions de dollars de recettes mondiales, dont près de 197 millions en Amérique du Nord. Son week-end d’ouverture américain atteignait à lui seul 80 millions de dollars.

Comparer directement ces montants aux 3 millions d’Onslaught serait toutefois intellectuellement malhonnête.

Les deux Godzilla x Kong sont des blockbusters appartenant à une franchise mondiale déjà installée, bénéficient de campagnes marketing gigantesques, de milliers de salles supplémentaires et d’un public capable d’identifier immédiatement leurs deux monstres sur une affiche.

Onslaught est un film original classé R, produit pour une fraction de leur coût et distribué par A24.

Personne n’attendait 500 millions de dollars.

Mais l’écart reste pertinent pour une autre raison : Wingard avait précisément choisi de quitter l’échelle des franchises pour retrouver un cinéma qu’il considérait comme plus proche de sa propre voix.

Dans un entretien accordé à /Film au moment de la sortie, le réalisateur expliquait avoir passé plus d’une décennie à travailler dans des cadres de franchises et avoir commencé à avoir le sentiment de perdre une partie de son identité de cinéaste. You’re Next et The Guest représentaient davantage, selon lui, le type de cinéma auquel il voulait revenir.

Commercialement, le contraste est donc cruel.

Le film conçu pour retrouver sa liberté est aussi celui qui rencontre de très loin le moins de public.

Onslaught était pensé comme le cousin de The Guest

Ce retour aux sources se retrouve directement dans le film.

Onslaught réunit de nouveau Adam Wingard et le scénariste Simon Barrett, le duo derrière You’re Next et The Guest. Adria Arjona incarne Celeste, ancienne tireuse d’élite de l’armée qui vit avec sa fille dans le désert du Nouveau-Mexique lorsqu’une unité de super-soldats génétiquement modifiés s’échappe d’une installation secrète voisine.

A24 résume volontairement l’histoire de manière extrêmement directe : une militaire expérimentée doit « déchaîner l’enfer » pour protéger son enfant face à ces soldats devenus incontrôlables. Le casting comprend également Dan Stevens, Rebecca Hall, Drew Starkey, Eric Wareheim, Michael Biehn, Reginald VelJohnson et le combattant Alex Pereira.

Wingard a par ailleurs expliqué qu’Onslaught partageait le même univers général que The Guest, même si Dan Stevens y interprète un personnage différent. Les deux films utilisent notamment la même fascination pour les expériences militaires secrètes et les soldats transformés par des programmes gouvernementaux.

Cette parenté explique aussi pourquoi le film pouvait sembler particulièrement destiné au public historique du cinéaste.

Le problème est que ce public n’a pas été suffisamment nombreux pour transformer cette reconnaissance critique et cinéphile en ventes de billets.

L’accueil critique n’a pas suffisamment aidé

Avant sa sortie, Onslaught avait pourtant commencé sa carrière avec des réactions assez encourageantes.

À mesure que davantage de critiques ont été publiées, la note s’est érodée.

Au 17 septembre, 59 % des 125 critiques recensées par Rotten Tomatoes sont positives, tandis que le score des spectateurs vérifiés se situe autour de 62 %. Le consensus du site salue notamment l’énergie gore et la mise en scène de l’action, tout en reprochant au film de ne pas développer suffisamment son histoire et ses idées.

Cette division correspond assez bien à ce que plusieurs critiques ont souligné.

Le Los Angeles Times juge par exemple que le retour d’Adam Wingard vers l’horreur indépendante possède beaucoup de style et de références, mais beaucoup moins de substance qu’espéré. Le Guardian estime de son côté que le mélange entre slasher et film d’action n’atteint jamais complètement la violence ou l’inventivité promises par son concept.

Aucun de ces avis n’équivaut à une destruction critique générale.

Le film possède ses défenseurs.

Adria Arjona est régulièrement citée parmi ses principales qualités, et son mélange de série B des années 1980, de science-fiction militaire et d’horreur gore correspond précisément au type de proposition susceptible de développer une seconde vie en vidéo ou en streaming.

Mais pour créer une carrière en salles, il fallait probablement davantage qu’un accueil partagé.

Adria Arjona n’est manifestement pas le problème principal

Le faible box-office pourrait facilement conduire à chercher une explication dans l’absence d’une immense star au sommet de l’affiche.

Ce serait pourtant une lecture très simpliste.

Adria Arjona arrive dans Onslaught après plusieurs projets très visibles, dont Hit Man, Andor et Blink Twice, et les critiques du film mettent régulièrement son interprétation parmi les éléments qui fonctionnent le mieux.

Le problème commercial paraît beaucoup plus structurel.

Onslaught est difficile à vendre en une image.

Il n’appartient pas à une franchise connue.

Son classement R réduit une partie du public potentiel.

Son mélange de science-fiction, de slasher, d’action militaire et d’esthétique volontairement rétro vise un public relativement spécifique.

Et contrairement à certains succès d’horreur capables de se vendre autour d’une idée immédiatement identifiable, sa campagne devait expliquer simultanément qui était Celeste, ce qu’étaient les super-soldats et pourquoi cette proposition méritait une sortie en IMAX.

A24 avait pourtant misé sur une véritable exploitation nationale.

Les 1 918 salles du premier week-end montrent que le film n’a pas été condamné à quelques cinémas spécialisés avant même de sortir.

Le public avait accès au film.

Il ne s’est simplement pas déplacé en quantité suffisante.

Le week-end de Labor Day n’a pas aidé, mais il n’explique pas tout

Le contexte mérite tout de même d’être rappelé.

Début septembre est une période de transition au box-office américain. Les grands films estivaux sont encore présents, tandis que les sorties d’automne commencent à prendre leur place.

Le 4 septembre, Onslaught devait donc affronter à la fois des films installés et plusieurs nouveautés concurrentes.

Le thriller By Any Means a réussi à récolter plusieurs fois son résultat pendant la même période. D’autres productions déjà en salles continuaient également d’occuper une part importante des séances.

Mais le meilleur argument contre l’idée d’un simple mauvais week-end reste encore le deuxième.

Si Labor Day était l’unique problème, une partie du public aurait pu rattraper le film sept jours plus tard.

Au lieu de cela, ses recettes ont chuté de 86 %.

Ce chiffre dit beaucoup plus sur son avenir que son classement initial.

Le film peut-il encore se rattraper à l’international ?

Théoriquement, oui.

En pratique, il faudrait un changement de trajectoire particulièrement spectaculaire.

The Numbers ne comptabilise actuellement qu’un nombre limité de marchés internationaux pour un total d’environ 67 000 dollars. Il serait donc incorrect de traiter les 3,11 millions de dollars mondiaux actuels comme le résultat international définitif.

Des territoires peuvent encore s’ajouter.

Le Royaume-Uni doit notamment accueillir le film plus tard, et plusieurs marchés n’apparaissent pas encore dans les données actuelles.

En France, aucune date de sortie officielle n’a été communiquée à ce jour.

Cela laisse donc encore du potentiel commercial hors d’Amérique du Nord.

Mais même une exploitation internationale honorable aurait désormais beaucoup de travail à accomplir pour inverser complètement le bilan.

Le cœur du marché d’Onslaught était naturellement américain : réalisateur américain, casting largement anglophone, esthétique de série B américaine, références militaires américaines et sortie large organisée directement par A24.

C’est précisément sur ce marché que le film vient de perdre l’essentiel de son élan.

Un flop en salles ne signifie pas nécessairement la fin de la vie du film

C’est probablement la nuance la plus importante.

Le résultat actuel est un échec en salles.

Cela ne signifie pas nécessairement qu’Onslaught finira par perdre de l’argent sur l’ensemble de son existence commerciale, puisque nous ne connaissons ni toutes les dépenses engagées ni tous les accords futurs.

Et surtout, ce type de film peut trouver son public tardivement.

The Guest lui-même n’était pas devenu un phénomène commercial massif en salles. Sa réputation s’est largement construite avec le temps, grâce au bouche-à-oreille, à la vidéo et à son statut de film culte auprès des amateurs de genre.

Onslaught pourrait connaître une trajectoire comparable sur le plan culturel sans pour autant reproduire exactement son économie.

Son lien avec The Guest, la présence d’Adria Arjona, Dan Stevens et Rebecca Hall et son esthétique très marquée peuvent favoriser une redécouverte une fois le film plus facilement accessible à domicile.

Mais cette éventuelle seconde vie ne doit pas servir à minimiser ce qui se passe actuellement.

Adam Wingard voulait quitter momentanément les monstres géants pour retrouver un cinéma plus petit, original et directement associé à sa personnalité.

Il l’a fait avec un budget relativement contenu de 15 millions de dollars.

Dix jours après sa sortie américaine, le public n’a rapporté qu’un peu plus de 3 millions de dollars au box-office domestique, et le deuxième week-end s’est effondré de 86 %.

Pour un film indépendant de genre, les attentes n’étaient évidemment pas celles de Godzilla x Kong.

Mais à ce stade, le constat commercial est devenu difficile à contourner : le retour aux sources d’Adam Wingard n’a pas trouvé son public dans les salles américaines.

La question n’est désormais plus vraiment de savoir si Onslaught pourra devenir un succès au box-office.

Elle est de savoir si sa future carrière en VOD, en streaming et auprès des amateurs de The Guest pourra transformer un échec de cinéma en film culte tardif.

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