Netflix met en ligne ce 8 septembre 2026 L’Envers du sport : Mister T, l’icône tous risques, un documentaire consacré à la trajectoire de Laurence Tureaud, devenu une icône mondiale avec Rocky III et L’Agence tous risques. Problème : Mr. T désavoue désormais le film, qu’il accuse d’avoir négligé sa foi et ses actions caritatives au profit d’un portrait beaucoup moins flatteur.
La promesse affichée par Netflix était pourtant de raconter l’homme caché derrière la crête iroquoise, les chaînes en or et la célèbre réplique « I pity the fool ». Réalisé par Scott Weintrob, le documentaire originalement intitulé Untold Mr. T: I Pity the Fool est maintenant disponible sur la plateforme.
Un documentaire sur l’homme derrière Clubber Lang et Barracuda
D’une durée d’environ 48 minutes, le film revient sur l’enfance de Laurence Tureaud dans un quartier défavorisé du sud de Chicago et sur la création méthodique du personnage de Mr. T.
Avant Hollywood, il travaille notamment comme videur et garde du corps. Sa participation à l’émission Games People Play attire ensuite l’attention de Sylvester Stallone, qui lui confie le rôle de Clubber Lang dans Rocky III en 1982. Cette apparition transforme sa silhouette, son attitude et sa manière de parler en phénomène populaire.
Un an plus tard, il devient Bosco « Barracuda » Baracus dans L’Agence tous risques. Diffusée entre 1983 et 1987, la série installe définitivement Mr. T parmi les visages les plus reconnaissables de la télévision américaine.
Le documentaire utilise des images d’archives, des interventions de Mr. T et une narration assurée par Terry Crews. Il aborde également sa carrière dans le catch, son rapport à la célébrité et la manière dont Laurence Tureaud a construit un personnage public capable de dépasser ses différents rôles.
Mais l’homme au centre de ce récit ne reconnaît pas totalement l’image proposée.
Pourquoi Mr. T qualifie-t-il le documentaire de « garbage » ?
Dans un long entretien accordé au Guardian, Mr. T ne cache pas sa colère. Il qualifie le documentaire de « garbage » — que l’on pourrait traduire ici par « bon à jeter » — et estime que le montage ne montre pas suffisamment les différentes facettes de sa vie.
« Je suis bien plus que cela », affirme-t-il dans cette interview, traduite de l’anglais. Il reproche notamment au film d’avoir consacré deux jours à l’entretien avec son pasteur pour n’en conserver qu’une trentaine de secondes.
Selon lui, cette faible place accordée à sa foi empêche de comprendre ses choix depuis son retrait progressif d’Hollywood. Mr. T assure ne plus chercher à accumuler les rôles ou l’argent et présente aujourd’hui ses engagements religieux et communautaires comme sa véritable priorité.
L’acteur regrette également que le documentaire ne développe pas davantage son service dans l’armée, son travail auprès des personnes sans domicile et ses interventions avec la fondation Make-A-Wish. Le film aborde une partie de ces activités, précise toutefois The Guardian, mais pas dans les proportions que Mr. T aurait souhaitées.
La présence de son ancien agent cristallise sa colère
Le principal point de rupture concerne Peter Young, un ancien agent avec lequel Mr. T affirme avoir connu un grave conflit professionnel.
Pendant la préparation du documentaire, l’acteur et son manager auraient explicitement demandé à Scott Weintrob de ne pas faire intervenir Young. Mr. T assure avoir poursuivi cet ancien collaborateur après avoir découvert que celui-ci aurait associé son nom à des contrats dont il ignorait l’existence.
Malgré cette opposition, Peter Young apparaît dans le film. Il y critique certaines décisions prises par l’acteur, notamment sa participation à la comédie Freaked, sortie en 1993. Mr. T y interprétait une femme à barbe, un rôle volontairement éloigné de son image habituelle de dur à cuire.
L’acteur refuse l’idée selon laquelle ce choix aurait constitué une erreur. Il considère au contraire qu’il cherchait à jouer avec son propre personnage et accuse le documentaire d’utiliser cet épisode pour diminuer la portée de son parcours.
Mr. T affirme également ne pas avoir pu consulter les images pendant le tournage. Il n’aurait découvert le montage terminé qu’environ un mois avant sa sortie, malgré ses demandes pour suivre l’évolution du projet.
Netflix et le réalisateur n’ont pas répondu aux critiques
Le désaccord ne signifie pas nécessairement que les informations présentées dans le documentaire sont fausses. Il porte principalement sur le choix des témoignages, le temps accordé aux différentes périodes et l’interprétation globale de la carrière de Mr. T.
Le film cherche visiblement à confronter l’image héroïque de l’acteur à certains épisodes plus complexes de son parcours. Mr. T estime, de son côté, que cette approche donne une importance excessive aux critiques et relègue au second plan les engagements qui définissent désormais sa vie.
Sollicités par The Guardian, Netflix et Scott Weintrob n’avaient pas répondu publiquement aux accusations au moment de la publication de l’entretien. Peter Young a seulement transmis un court message affirmant qu’il pardonnait à son ancien client.
La situation rend la sortie particulièrement inhabituelle. Mr. T apparaît dans le documentaire et participe à sa promotion, mais conteste ouvertement la manière dont son propre témoignage a été utilisé. Netflix présente le film comme l’histoire complète derrière l’icône ; sa vedette affirme précisément que la partie la plus importante de cette histoire est celle que le montage n’a pas suffisamment racontée.