Près de vingt ans après Steve Carell, Maxwell Smart pourrait bientôt changer de visage. Warner Bros. travaille sur une nouvelle version de Get Smart, connu en France sous le titre Max la Menace, et John Mulaney est actuellement pressenti pour prendre la tête du projet. L’humoriste et acteur américain n’a toutefois pas encore officiellement signé : le film reste au début de son développement et plusieurs éléments essentiels, du réalisateur au reste du casting, doivent encore être annoncés.
L’information a été révélée début septembre avant d’être confirmée par plusieurs médias professionnels américains. Variety rapporte que John Mulaney est actuellement envisagé pour incarner l’agent Maxwell Smart, personnage créé dans les années 1960 et déjà repris par Steve Carell au cinéma en 2008. Seth Grahame-Smith travaille sur le scénario tandis qu’Andrew Lazar et Charles Roven sont annoncés à la production. À ce stade, Warner Bros. n’a cependant communiqué ni date de tournage ni fenêtre de sortie.
John Mulaney est pressenti pour devenir le nouvel Agent 86
Le choix de John Mulaney dessine déjà une orientation assez claire pour cette nouvelle adaptation, même si le comédien n’est pas encore officiellement attaché au rôle. À 44 ans, il reste surtout associé au stand-up et à la télévision plutôt qu’aux premiers rôles dans de grandes productions hollywoodiennes en prises de vues réelles.
Ancien scénariste de Saturday Night Live, Mulaney s’est construit une carrière autour d’un humour extrêmement écrit, souvent fondé sur le décalage entre la manière très assurée avec laquelle il raconte une situation et le caractère progressivement absurde de celle-ci. Ces dernières années, il a notamment porté plusieurs spectacles pour Netflix avant de revenir à l’écran avec Everybody’s Live with John Mulaney. Netflix présente toujours l’émission sur sa plateforme française.
Au cinéma, son parcours est davantage lié au doublage. Il prête notamment sa voix à Andrew Glouberman dans Big Mouth et à Peter Porker, alias Spider-Cochon, dans Spider-Man: New Generation. Variety indique également qu’il doit apparaître dans Madden, le film de David O. Russell consacré à John Madden, dans lequel il interprétera Trip Hawkins, fondateur d’Electronic Arts.
Maxwell Smart constituerait donc une étape différente dans sa carrière. Le personnage demande précisément ce mélange entre assurance et maladresse qui définit Get Smart depuis ses origines : un espion convaincu d’être beaucoup plus efficace qu’il ne l’est réellement, régulièrement sauvé par des collègues plus compétents que lui.
Ce nouveau Max la Menace ne sera pas simplement une suite avec Steve Carell
Le projet développé par Warner Bros. est présenté dans la presse américaine comme une nouvelle « réinvention » de Get Smart. Cette nuance est importante : rien ne permet actuellement de considérer le film comme Max la Menace 2 ou comme une continuation directe du long-métrage sorti en 2008.
Aucun retour de Steve Carell dans le rôle de Maxwell Smart n’est annoncé. Il en va de même pour Anne Hathaway, qui incarnait l’Agent 99, ou Dwayne Johnson, présent dans le précédent film. Warner Bros. n’a pas non plus indiqué si cette nouvelle version réutiliserait l’univers installé en 2008 ou repartirait entièrement de la série télévisée originale.
Cette stratégie rejoint une tendance actuellement visible autour de plusieurs anciennes séries américaines, régulièrement réexaminées pour le cinéma sans nécessairement prolonger leurs adaptations les plus récentes. Paramount prépare par exemple de son côté un nouveau film Hawaii Five-O inspiré de la série originale de 1968, plutôt qu’une simple suite de son reboot télévisé achevé en 2020.
Dans le cas de Max la Menace, cette liberté permettrait surtout au nouveau film de reconstruire Maxwell Smart, CONTROL et KAOS pour un public contemporain, sans devoir expliquer ce qu’est devenu le personnage de Steve Carell près de deux décennies plus tard.
Le scénariste de Lego Batman travaille sur cette nouvelle adaptation
Le scénario a été confié à Seth Grahame-Smith, dont le parcours navigue depuis longtemps entre comédie, fantastique et grandes franchises. Il a notamment participé à l’écriture de Lego Batman, le film et signé Abraham Lincoln : Chasseur de vampires. Plus récemment, il a travaillé sur Insaisissables 3.
Pour le moment, aucun détail concret de son scénario n’a filtré. On ignore notamment si l’histoire reprendra les organisations CONTROL et KAOS sous leur forme traditionnelle, si l’Agent 99 sera de nouveau l’un des personnages principaux ou encore à quelle époque cette nouvelle aventure sera située.
À la production, Warner Bros. a en revanche réuni deux profils familiers du studio. Charles Roven, producteur de Oppenheimer et de nombreux films DC, travaille sur le projet avec Andrew Lazar. Ce dernier connaît particulièrement bien la propriété puisqu’il faisait déjà partie des producteurs de l’adaptation de 2008.
Le retour de Lazar constitue pour l’instant le principal lien direct entre les deux adaptations cinématographiques. Il ne signifie toutefois pas que Warner souhaite prolonger le film précédent. En l’absence de synopsis ou de déclaration officielle du studio sur la continuité, le projet doit toujours être considéré comme une nouvelle version de la franchise.
Max la Menace était à l’origine une parodie de James Bond
Avant Steve Carell et avant même le cinéma, Get Smart est d’abord une série créée par Mel Brooks et Buck Henry. Elle débute aux États-Unis le 18 septembre 1965, au moment où les films d’espionnage connaissent une popularité considérable, portée notamment par James Bond.
Le principe est précisément d’en détourner les codes. Maxwell Smart, interprété par Don Adams, est l’Agent 86 de CONTROL, une organisation gouvernementale opposée à KAOS. Sur le papier, Smart possède tout de l’agent secret traditionnel : missions internationales, gadgets, ennemis puissants et situations dangereuses. Dans les faits, son excès de confiance provoque une grande partie des catastrophes qu’il doit ensuite résoudre.
À ses côtés, Barbara Feldon incarne l’Agent 99, généralement beaucoup plus efficace. Edward Platt joue pour sa part le Chief, supérieur de Maxwell régulièrement contraint de supporter ses initiatives. Le fameux téléphone caché dans une chaussure ou le « cône du silence » font partie des inventions devenues emblématiques de la série.
La Television Academy rappelle que Get Smart a duré cinq saisons, d’abord sur NBC puis sur CBS, pour un total de 138 épisodes. La série a reçu 14 nominations aux Emmy Awards et remporté sept récompenses, dont deux Emmy de la meilleure série comique et trois trophées d’interprétation pour Don Adams. La Television Academy retrace aujourd’hui encore l’histoire et le palmarès de Get Smart.
Cette origine est d’autant plus intéressante que le cinéma d’espionnage est lui-même en pleine transition. James Bond attend toujours son prochain interprète, tandis que Denis Villeneuve doit réaliser le premier film de la nouvelle ère supervisée par Amazon MGM. Dernier Rush suit également les informations et les nombreuses spéculations autour du casting du prochain James Bond. Get Smart a toujours existé comme le miroir comique de ce type de héros : relancer Maxwell Smart alors que 007 prépare lui-même une nouvelle incarnation n’est donc pas anodin.
Le film avec Steve Carell avait dépassé les 230 millions de dollars
La franchise avait déjà connu une importante relance au cinéma en 2008. Réalisé par Peter Segal, le film réunissait Steve Carell dans le rôle de Maxwell Smart et Anne Hathaway dans celui de l’Agent 99. Alan Arkin interprétait le Chief tandis que Dwayne Johnson, Terence Stamp et James Caan complétaient notamment la distribution.
Cette adaptation cherchait déjà à moderniser le concept de la série tout en conservant ses principaux personnages et son humour d’espionnage. Elle donnait davantage de place à l’action que la sitcom originale, avec un Maxwell Smart présenté comme un analyste brillant mais inexpérimenté sur le terrain.
Sur le plan commercial, le résultat avait été loin d’être négligeable. Selon les données de Box Office Mojo, Get Smart a rapporté environ 230,7 millions de dollars dans le monde, dont un peu plus de 130 millions aux États-Unis et au Canada, pour un budget de production estimé à 80 millions de dollars.
Une suite avait ensuite été envisagée sans jamais parvenir jusqu’au tournage. La franchise est donc restée absente des salles de cinéma pendant près de vingt ans malgré les performances honorables du film.
Cette longue interruption explique également pourquoi la présence éventuelle de John Mulaney ne doit pas être présentée comme un simple remplacement de Steve Carell au sein d’une saga toujours active. Warner Bros. repart d’une propriété dont la dernière grande adaptation cinématographique remonte à 2008 et dont le personnage principal existait déjà plus de quarante ans avant que Carell ne l’incarne.
Quand le nouveau Max la Menace pourrait-il sortir ?
À ce stade, aucune date de sortie n’est annoncée et avancer une année précise serait prématuré. Le projet n’a pas encore de réalisateur publiquement attaché, le casting de John Mulaney n’est pas finalisé et aucun calendrier de tournage n’a été communiqué.
Le prochain véritable indicateur sera donc la conclusion éventuelle d’un accord avec Mulaney. Warner Bros. devra ensuite compléter la distribution, notamment pour l’Agent 99 et le Chief si ces personnages sont conservés, puis choisir le cinéaste chargé de mettre en scène cette nouvelle version.
Il faudra également attendre pour savoir sous quel titre le film sera exploité en France. La série et le long-métrage de 2008 sont connus chez nous sous le nom Max la Menace, tandis que le titre original Get Smart reste utilisé aux États-Unis. Aucun titre français officiel n’a encore été communiqué pour le nouveau projet.
Pour l’instant, une seule évolution peut donc être considérée comme solide : Warner Bros. développe bien une nouvelle adaptation de Get Smart, Seth Grahame-Smith en écrit le scénario et John Mulaney est pressenti pour devenir le prochain Maxwell Smart. Tant qu’un accord n’aura pas été annoncé, Steve Carell possède encore le dernier visage cinématographique officiel de l’Agent 86.