Sept ans après Happy Death Day 2U, Tree Gelbman n’est toujours pas revenue dans une nouvelle boucle temporelle. Mais pour la première fois depuis longtemps, le troisième film a progressé autrement qu’à travers une simple déclaration d’intention. Jessica Rothe et Christopher Landon se sont réellement retrouvés pendant plusieurs heures pour structurer ensemble toute l’histoire de Happy Death Day 3. Désormais, le principal obstacle n’est plus de savoir ce que le film pourrait raconter : il faut convaincre Universal et Blumhouse de le financer.
Jessica Rothe l’a révélé le 14 septembre 2026 pendant le Festival international du film de Toronto, où elle faisait la promotion de son nouveau slasher River. L’actrice explique avoir retrouvé Christopher Landon dans un Le Pain Quotidien situé entre leurs domiciles. Les deux y ont passé plusieurs heures à décomposer le troisième volet, à organiser son récit et à déterminer le parcours de Tree. Ils attendent maintenant, selon la formulation amusée de Rothe, que Universal et Blumhouse leur accordent l’argent nécessaire pour passer à l’étape suivante.
Cette avancée est réelle, mais elle ne signifie pas qu’un scénario définitif est terminé. Dans le vocabulaire des scénaristes américains, « breaking the story » désigne généralement le travail consistant à construire l’architecture du récit : événements principaux, évolution des personnages, retournements, progression dramatique et conclusion. Aucune production n’est officiellement lancée au 16 septembre 2026.
Jessica Rothe ne parle toujours pas d’un film officiellement commandé
C’est la distinction la plus importante autour du projet.
Certaines reprises de l’interview de Jessica Rothe présentent déjà le troisième épisode comme pratiquement prêt à tourner. Ce n’est pas ce qu’elle dit.
L’actrice confirme que l’histoire a été entièrement travaillée avec Landon et que leur prochaine étape dépend de Universal et Blumhouse. Elle ne mentionne ni scénario final remis au studio, ni calendrier de préproduction, ni date de tournage, ni distribution complète.
Autrement dit, Happy Death Day 3 reste un film en développement, même si son développement est aujourd’hui beaucoup plus concret.
Cette précision est d’autant plus importante que la franchise connaît depuis plusieurs années une succession de mises à jour encourageantes qui n’ont jamais débouché sur une production.
Christopher Landon n’a jamais caché son envie de terminer l’histoire de Tree. Jessica Rothe non plus. Blumhouse s’est également montré ouvert à cette possibilité. Mais le studio qui doit réellement permettre au film d’exister reste Universal Pictures.
Au printemps, Jessica Rothe voulait déjà rendre le film « impossible à refuser »
La déclaration de Toronto prend surtout son sens lorsqu’on la compare aux informations données quelques mois plus tôt.
En mars 2026, Jessica Rothe expliquait encore que Christopher Landon avait déjà l’intégralité du troisième film en tête. Elle estimait alors que le problème était surtout logistique et réaffirmait être prête à revenir dans le rôle de Tree, même si cela devait prendre encore plusieurs années.
Puis, au mois de mai, l’actrice avait donné une mise à jour légèrement différente.
Après un dîner avec Landon, elle expliquait que les deux étaient déterminés à effectuer eux-mêmes le travail de développement nécessaire pour amener le film à un point où le studio ne pourrait plus facilement le refuser. Elle décrivait l’idée de Landon comme une véritable conclusion à la trilogie et annonçait leur intention de consolider le projet.
Quatre mois plus tard, ils ont manifestement tenu cette promesse.
La nouveauté n’est donc pas simplement que Christopher Landon possède une idée — cette information était connue depuis longtemps. Jessica Rothe s’est désormais directement impliquée dans la construction du troisième film avec lui.
Cela ne garantit toujours rien côté financier, mais c’est une étape différente des déclarations répétées pendant plusieurs années où chacun assurait simplement vouloir revenir.
Pourquoi Happy Death Day 3 reste bloqué depuis 2019
La réponse se trouve en grande partie dans les performances commerciales des deux premiers films.
Le premier Happy Death Day, sorti en 2017, constitue exactement le type de pari qui a construit la réputation de Blumhouse : un concept immédiatement identifiable, un budget limité et un résultat très rentable.
Le film avait coûté environ 4,8 millions de dollars et terminé son exploitation à 125,5 millions de dollars de recettes mondiales. Il avait même démarré en tête du box-office américain avec environ 26 millions de dollars lors de son premier week-end.
Universal le présente toujours comme le thriller à boucle temporelle dans lequel Tree Gelbman doit revivre le jour de son propre meurtre jusqu’à parvenir à identifier son assassin. Voir la présentation officielle de Happy Death Day chez Universal Pictures
Le deuxième film n’a pas connu la même trajectoire.
Happy Death Day 2U est sorti en 2019 avec un budget d’environ 9 millions de dollars et a rapporté autour de 64,6 millions dans le monde. Ce résultat restait très supérieur à son seul budget de production, mais les recettes avaient presque été divisées par deux par rapport au premier volet.
Or le paradoxe de Happy Death Day 3 est précisément que Christopher Landon ne veut pas revenir avec un épisode plus modeste.
Il veut faire plus grand.
Christopher Landon imagine une « aventure apocalyptique »
Le cinéaste a déjà donné quelques indices très importants sur son idée.
En 2024, Christopher Landon expliquait que le troisième film devait encore changer de genre. Le premier mélangeait slasher et boucle temporelle. Le deuxième basculait davantage vers la science-fiction, avec l’introduction d’univers parallèles et une explication technologique au phénomène vécu par Tree.
Le troisième devait franchir une nouvelle étape.
Landon l’a décrit comme une grande aventure apocalyptique comportant toujours des éléments horrifiques, avec une échelle supérieure aux deux premiers films. Il disait également vouloir une nouvelle fois « changer de vitesse » plutôt que répéter exactement la formule qui avait déjà fonctionné.
Voilà aussi pourquoi le financement constitue un problème central.
Le studio doit décider s’il accepte de consacrer davantage d’argent au troisième film d’une franchise dont le deuxième volet avait enregistré nettement moins de recettes que le premier.
Landon connaît parfaitement cette difficulté. Le réalisateur expliquait déjà que, du point de vue d’un studio, la trajectoire commerciale peut sembler risquée : 125 millions pour le premier film, puis environ 65 millions pour le deuxième. Si cette baisse devait théoriquement se poursuivre, investir davantage dans un troisième épisode pourrait sembler contre-intuitif.
Lui estime au contraire que les films ont acquis au fil des années un nouveau public et que la franchise possède aujourd’hui une valeur qui ne peut plus être mesurée uniquement à partir du box-office de février 2019.
Happy Death Day 3 ne se déroulera pas simplement le lendemain du deuxième
Le temps passé depuis Happy Death Day 2U n’oblige d’ailleurs pas Christopher Landon à contourner artificiellement le vieillissement de ses acteurs.
Le cinéaste a expliqué depuis plusieurs années que son troisième film ne devait pas se dérouler exactement dans la continuité immédiate de la même journée.
Le principe offre une liberté considérable.
Tree pourrait avoir vieilli. Sa vie pourrait avoir profondément changé depuis l’université. Le récit peut retrouver le personnage plusieurs années après les événements précédents plutôt que prétendre qu’aucune période ne s’est écoulée.
Ce choix devient presque plus intéressant à mesure que le projet tarde à se concrétiser.
Jessica Rothe plaisante elle-même régulièrement sur cette attente. Au printemps, elle expliquait être prête à reprendre Tree même à 65 ans, en comparant cette éventualité au retour tardif de Jamie Lee Curtis dans Halloween.
Derrière la plaisanterie, une idée apparaît : Happy Death Day peut théoriquement faire du temps passé un élément du film plutôt qu’un problème de continuité.
La scène post-générique de Happy Death Day 2U ouvrait déjà une nouvelle direction
Le deuxième film n’avait pourtant pas laissé Tree dans une situation complètement fermée.
Après avoir introduit le dispositif SISSY et expliqué l’origine scientifique des boucles temporelles, Happy Death Day 2U se terminait sur l’arrivée d’une agence gouvernementale. La DARPA récupérait la machine et envisageait de poursuivre les expériences.
Ryan et ses amis étaient recrutés pour travailler avec elle, avant que Danielle soit choisie comme sujet d’un nouveau test.
Cette scène semblait presque conçue comme le point de départ d’une troisième histoire à plus grande échelle.
Pour autant, il serait imprudent d’affirmer en 2026 que le scénario actuellement structuré par Landon et Rothe repart exactement de cette scène.
Sept années ont passé depuis la sortie du film. Christopher Landon a continué à modifier et préciser son projet. Jessica Rothe vient elle-même de participer à une nouvelle session de développement approfondie.
La DARPA reste donc un élément important laissé par Happy Death Day 2U, mais aucun détail public ne permet aujourd’hui d’affirmer précisément comment elle sera utilisée dans le troisième volet.
Happy Death Day to Us reste seulement un ancien titre de travail
Même le titre définitif n’est pas arrêté.
Christopher Landon avait dévoilé dès 2020 le nom Happy Death Day to Us comme titre envisagé pour le troisième film.
Cette formulation correspondait assez bien à l’évolution recherchée : après une histoire centrée presque exclusivement sur Tree, le troisième épisode semblait devoir élargir le phénomène de la boucle temporelle à d’autres personnes.
Mais aucune annonce récente de Universal ou Blumhouse ne confirme que ce titre sera utilisé.
Pour l’instant, Happy Death Day 3 reste donc la manière la plus claire de désigner le projet.
Le titre français représente une autre particularité : dans l’Hexagone, les deux premiers films sont sortis sous les noms Happy Birthdead et Happy Birthdead 2 You. Il faudra donc également attendre une éventuelle mise en production pour connaître le nom que Universal France choisira pour le troisième.
Et le crossover avec Freaky ?
Une autre idée revient régulièrement lorsqu’on parle de Christopher Landon : réunir ses différentes comédies horrifiques.
Jessica Rothe a elle-même plaisanté cette année sur un possible « ChrisCU », un univers où Happy Death Day, Freaky, We Have a Ghost et Scouts Guide to the Zombie Apocalypse pourraient théoriquement cohabiter.
La possibilité la plus évidente serait un crossover entre Tree et Millie Kessler, interprétée par Kathryn Newton dans Freaky.
Landon a déjà évoqué cette idée par le passé. Mais elle ne doit pas être confondue avec le véritable troisième Happy Death Day : le projet qu’il cherche actuellement à concrétiser est avant tout la conclusion de la trilogie de Tree Gelbman.
Dans l’horreur récente, cette différence entre une idée de cinéaste et une production réellement commandée reste essentielle. Dernier Rush l’a également soulignée concernant les différentes possibilités de suite imaginées autour d’Obsession, alors qu’aucun nouveau film ni aucune série n’a encore été officiellement lancé.
Happy Death Day 3 se situe aujourd’hui dans une position plus avancée sur le plan créatif, mais pas encore sur le plan industriel.
Jessica Rothe veut réellement terminer l’histoire de Tree
L’implication de l’actrice constitue peut-être la partie la plus intéressante de cette nouvelle mise à jour.
Tree Gelbman n’était pas simplement une héroïne de slasher conçue pour survivre jusqu’au générique.
Le premier film utilisait les répétitions de son anniversaire pour transformer progressivement le personnage. À chaque nouvelle boucle, Tree apprenait quelque chose sur les autres mais aussi sur elle-même, jusqu’à remettre en question son comportement, sa relation avec son père et plusieurs choix personnels.
Le deuxième film exploitait ensuite une question beaucoup plus douloureuse en donnant à Tree la possibilité de rester dans une réalité où sa mère était toujours vivante.
Universal présente d’ailleurs officiellement Jessica Rothe comme le cœur du casting de Happy Death Day 2U, à nouveau écrit et réalisé par Christopher Landon. Voir la fiche officielle de Happy Death Day 2U
Cette continuité explique pourquoi la participation de Rothe au développement du troisième film compte.
Elle ne se contente plus de dire qu’elle accepterait de revenir lorsque le téléphone sonnera : elle a participé avec Landon à la structuration même de la dernière aventure de son personnage.
Universal et Blumhouse doivent maintenant décider
Au 16 septembre 2026, l’état du projet peut donc être résumé assez précisément.
Christopher Landon et Jessica Rothe ont structuré toute l’histoire de Happy Death Day 3. Ils veulent conclure la trilogie. Le réalisateur possède depuis longtemps une vision plus ambitieuse et plus vaste que les deux premiers films. Rothe est prête à revenir.
En revanche, Universal Pictures et Blumhouse n’ont toujours annoncé aucun feu vert officiel.
Il n’existe pas de date de tournage, de calendrier de production ou de date de sortie. Israel Broussard et les autres acteurs historiques n’ont pas été officiellement annoncés pour ce nouveau film. Aucun titre définitif n’a été communiqué non plus.
Les chiffres du box-office permettent de comprendre pourquoi le studio réfléchit depuis si longtemps : Happy Death Day avait rapporté environ 125,5 millions de dollars pour moins de 5 millions de budget, tandis que sa suite était descendue aux environs de 64,6 millions pour un coût de production presque doublé.
Pour l’instant, la boucle reste donc ouverte.
Mais quelque chose a réellement changé depuis le printemps. Jessica Rothe et Christopher Landon ne parlent plus seulement du film qu’ils aimeraient faire un jour. Ils se sont assis ensemble, ont construit sa progression et savent désormais comment ils veulent conclure l’histoire de Tree.
La question n’est plus vraiment de savoir s’ils ont un troisième film à raconter.
Elle est désormais de savoir si Universal et Blumhouse accepteront de leur donner les moyens de le tourner.