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# Flesh Impact : Marilyn Monroe a 100 ans, et Maggie Gyllenhaal imagine la carrière qu’elle n’a jamais eue
- URL: https://www.dernier-rush.fr/flesh-impact-ce-film-imagine-marilyn-monroe-a-100-ans-avec-ellen-burstyn-et-dakota-johnson/
- Published: 2026-09-07T15:51:52.000Z
- Updated: 2026-09-16T14:12:51.000Z
- Author: Thomas.S
- Tags: Films

Marilyn Monroe entre dans un théâtre avec une canne. Elle est en retard pour son audition, le rôle qu’elle réclame est écrit pour une femme de 25 ans et les deux personnes qui l’attendent ne comprennent pas vraiment ce qu’elle fait là.

Puis elle leur annonce qu’elle vient d’avoir 100 ans.

C’est sur cette idée que Maggie Gyllenhaal construit *Flesh Impact*, son court métrage présenté hors compétition à la Mostra de Venise. Plutôt que de raconter encore une fois la vie de Marilyn Monroe jusqu’à sa mort en 1962, la réalisatrice préfère lui inventer les soixante-quatre années que l’histoire lui a refusées.

Dakota Johnson joue la Marilyn que tout le monde connaît : jeune, blonde, photographiée, désirée, observée. Ellen Burstyn, 93 ans au moment de la présentation du film, incarne celle qui n’a jamais existé : une Marilyn devenue vieille, toujours actrice, toujours capable de monter sur scène et surtout beaucoup moins disposée à laisser les autres décider de ce qu’elle est.

La Mostra de Venise donne au film une durée officielle de 22 minutes et l’a présenté le 7 septembre, quelques instants avant de remettre à Burstyn un Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière.

## À 100 ans, Marilyn Monroe auditionne encore

Dans le film, Ellen Burstyn se présente d’abord simplement comme **Norma**.

Elle vient auditionner pour Carol Cutrere dans *La Descente d’Orphée* (*Orpheus Descending*), la pièce de Tennessee Williams créée à Broadway en 1957.

Le problème est évident.

La directrice de casting, incarnée par Sepideh Moafi, lui rappelle que Carol est censée avoir 25 ans.

Marilyn en a 100.

Elle demande pourtant à être entendue.

Peter Sarsgaard joue le metteur en scène assis face à elle, tandis que l’audition devient peu à peu autre chose qu’une simple lecture. Norma raconte sa vie, les noms qu’elle a portés, son enfance, les studios, les hommes qui l’ont entourée et la manière dont Hollywood s’est emparé d’elle.

Le dispositif permet à Maggie Gyllenhaal de faire entrer Dakota Johnson dans le film sans construire un nouveau biopic traditionnel.

Johnson apparaît dans les souvenirs, lorsque Marilyn est encore au sommet de sa célébrité. Burstyn joue ce qui aurait pu suivre.

[La Mostra présente officiellement les deux actrices comme deux versions d’une même Marilyn Monroe](https://www.labiennale.org/en/cinema/2026/venice-open-out-competition/flesh-impact?ref=dernier-rush.fr).

Ce n’est donc pas vraiment un film sur la mort de Marilyn.

C’est un film qui décide, pendant vingt-deux minutes, qu’elle n’est jamais morte.

## Maggie Gyllenhaal ne voulait pas refaire Marilyn comme tout le monde

Le choix est intéressant parce que Marilyn Monroe a déjà été transformée en personnage un nombre incalculable de fois.

Chaque nouvelle adaptation finit presque fatalement par revenir aux mêmes images : les robes, les photographies, les mariages, les studios, *Certains l’aiment chaud*, les Kennedy puis la nuit du 4 au 5 août 1962.

Gyllenhaal part ailleurs.

Elle s’est demandé ce que Marilyn serait devenue après l’âge où le récit collectif l’a figée.

Dans *Flesh Impact*, elle a connu d’autres décennies. Elle a travaillé. Elle a vieilli. Elle continue d’avoir besoin de rôles.

Et surtout, son corps n’est plus celui sur lequel toute une industrie avait construit son image.

La question devient alors beaucoup plus simple : **aurait-on continué à vouloir de Marilyn Monroe si Marilyn Monroe avait eu le droit de devenir vieille ?**

La présence d’Ellen Burstyn donne naturellement beaucoup de poids à cette idée.

À 93 ans, l’actrice possède elle-même plus de soixante-dix ans de carrière. Elle n’a pas besoin de jouer artificiellement ce que signifie survivre longtemps à l’image que le cinéma s’est faite de vous.

## Le titre vient de ce que Marilyn produisait devant une caméra

« Flesh impact ».

L’expression décrivait cette sensation très particulière produite par Marilyn Monroe à l’écran : une présence suffisamment lumineuse et physique pour donner au spectateur l’impression qu’il pourrait presque la toucher.

Le communiqué de Genesis reprend précisément cette définition pour expliquer le titre du film.

Maggie Gyllenhaal en fait quelque chose d’un peu plus inconfortable.

Marilyn était une actrice, mais elle est aussi devenue une image que tout le monde pensait posséder.

Son visage, son corps, sa sexualité et même ses souffrances ont été reproduits pendant des décennies.

Faire revenir une Marilyn centenaire permet donc de poser une autre question : que reste-t-il de l’actrice lorsque le « flesh impact » qui a participé à fabriquer le mythe ne correspond plus à l’idée que le public se fait d’elle ?

Le film répond en mettant presque tout sur Ellen Burstyn.

Et c’est également là qu’intervient l’une des décisions les plus intéressantes prises pendant sa fabrication.

## Gyllenhaal a réellement essayé de remplacer le visage de Dakota Johnson par celui de Marilyn

L’expérience aurait pu produire un film très différent.

Les commanditaires du projet avaient demandé à Maggie Gyllenhaal d’expérimenter avec l’intelligence artificielle.

La réalisatrice a accepté.

Le système utilisé devait être entraîné sur des images de Marilyn Monroe dont les droits avaient été licenciés pour le projet. L’objectif était ensuite de placer numériquement le visage de Monroe sur celui de Dakota Johnson.

L’équipe a réellement travaillé sur cette version.

Puis Gyllenhaal l’a jetée.

Elle a expliqué à Venise que le résultat supprimait précisément ce qui l’intéressait dans la performance de Johnson : quelque chose de vivant, de fragile et d’humain.

L’actrice reste donc reconnaissable dans le film.

Elle porte les cheveux blonds, le grain de beauté et certains codes immédiatement associés à Monroe, mais *Flesh Impact* ne cherche finalement pas à convaincre le spectateur qu’il regarde une copie numérique parfaite.

C’est Dakota Johnson qui joue Marilyn.

Cette décision prend un sens assez ironique dans un film consacré à une femme dont l’image n’a jamais cessé d’être reproduite après sa mort.

## Le projet vient pourtant d’une marque automobile

C’est l’autre particularité de *Flesh Impact*, et elle mérite de ne pas être cachée.

Le film n’est pas né comme un court métrage indépendant que Genesis aurait décidé de financer après coup.

**Genesis est à l’origine de la commande.**

La marque automobile voulait accompagner le centenaire de la naissance de Marilyn Monroe et a proposé le projet à Maggie Gyllenhaal.

The Cut, Superprime et Innocean figurent parmi les sociétés de production, tandis que Genesis présente directement le film. Authentic Brands Group, qui gère les droits liés à Marilyn Monroe, a donné son accord.

[Genesis détaille elle-même la genèse du projet et le soutien des détenteurs des droits de Marilyn Monroe](https://newsroom.genesis.com/first-look-images-unveiled-for-flesh-impact-from-academy-award-nominated-filmmaker-maggie-gyllenhaal/?ref=dernier-rush.fr).

Le film ne dissimule d’ailleurs pas complètement cette origine.

Dans les premières minutes, la Marilyn âgée arrive au volant d’une voiture électrique avant de la mettre en charge.

Pour certains critiques présents à Venise, cette présence de la marque donne au projet un côté publicitaire difficile à ignorer.

British Vogue s’est montré particulièrement sévère, parlant d’un film qui se rapproche parfois d’une publicité de luxe.

D’autres ont au contraire beaucoup mieux accueilli le résultat.

## Ellen Burstyn a largement convaincu les premières critiques

Le consensus le plus net après Venise concerne Ellen Burstyn.

TheWrap voit dans *Flesh Impact* une évocation mélancolique mais mordante de Marilyn et salue particulièrement la manière dont Burstyn transforme Norma en femme ayant survécu à tout ce que le cinéma avait projeté sur elle.

The Playlist va dans le même sens et considère son interprétation comme le véritable cœur émotionnel du film.

British Vogue se montre beaucoup moins convaincu par l’ensemble, jugeant le dispositif maladroit malgré le travail de l’actrice.

Cette réception divisée est finalement assez cohérente avec l’objet.

*Flesh Impact* veut être simultanément une fiction sur le vieillissement, un hommage officiel pour un centenaire, un objet financé par une marque et une réflexion sur l’appropriation de l’image d’une actrice morte depuis plus de soixante ans.

En vingt-deux minutes, cela fait beaucoup.

Mais la performance de Burstyn semble précisément empêcher le projet de se réduire à son concept.

## Le Lion d’or d’Ellen Burstyn rendait la projection encore plus étrange

La première mondiale n’avait rien d’une séance ordinaire.

Le 7 septembre, la Mostra a projeté *Flesh Impact* à 14 h 30 dans la Sala Grande.

La projection accompagnait la remise à Ellen Burstyn du **Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière**.

Le festival saluait ainsi une actrice révélée au début des années 1970, passée par *La Dernière Séance*, *L’Exorciste*, *Alice n’est plus ici*, *Requiem for a Dream* ou encore *Interstellar*, au moment exact où elle apparaissait à l’écran dans la peau d’une autre actrice vieillissante que le public n’a jamais pu voir vieillir.

La coïncidence donne forcément une dimension supplémentaire au film.

Burstyn et Monroe appartiennent presque à la même génération : Monroe est née en 1926, Burstyn en 1932.

L’une est devenue pour toujours l’une des grandes icônes jeunes du XXe siècle.

L’autre se trouvait encore à Venise en 2026 pour recevoir un prix après plus de soixante-dix ans de métier.

C’est presque tout *Flesh Impact* résumé dans ces six années d’écart.

## Marilyn Monroe aurait réellement eu 100 ans en 2026

Le centenaire n’est pas une simple accroche marketing inventée pour le film.

Norma Jeane Mortenson est née le **1er juin 1926**.

Elle aurait donc fêté ses 100 ans quelques mois avant la présentation vénitienne.

Elle est morte en août 1962 à l’âge de 36 ans.

Depuis, son image a continué à produire des biographies, des documentaires, des romans, des films et des relectures parfois très controversées.

*Flesh Impact* choisit une voie beaucoup moins spectaculaire.

Il ne cherche pas une nouvelle théorie sur sa mort.

Il ne prétend pas révéler « la vraie Marilyn ».

Il lui prête simplement du temps.

Assez pour atteindre 100 ans.

Assez pour continuer à auditionner.

Assez, surtout, pour être regardée autrement que comme la femme qui n’a jamais dépassé 36 ans.

## Où voir Flesh Impact en France ?

Pour l’instant, nulle part officiellement.

Après sa première mondiale le 7 septembre, le film a bénéficié de plusieurs autres projections à Venise le 8 septembre.

Mais au **16 septembre 2026**, aucune sortie française en salle, diffusion télévisée ou mise en ligne sur une plateforme n’a été annoncée publiquement.

La situation peut naturellement évoluer après le festival.

La Mostra sert régulièrement de point de départ à une nouvelle vie commerciale pour les films qui y sont présentés. Dernier Rush a par exemple suivi [le parcours de Back to Buenos Aires, qui a trouvé son distributeur français quelques jours seulement après Venise](https://www.dernier-rush.fr/apres-venise-back-to-buenos-aires-a-trouve-son-distributeur-francais/).

*Flesh Impact* se trouve néanmoins dans une situation particulière.

Ce n’est pas un long métrage traditionnel destiné naturellement à une sortie nationale. Sa durée de 22 minutes et son origine comme projet commandé par Genesis rendent son futur mode de diffusion beaucoup moins évident.

Il faudra donc attendre une annonce officielle avant de savoir si le public français pourra réellement le découvrir hors festival.

Pour le moment, Marilyn Monroe a bien atteint 100 ans.

Mais seulement pendant vingt-deux minutes, à Venise.