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Digger : Tom Cruise méconnaissable dans la bande-annonce finale du film d’Alejandro G. Iñárritu

Digger : Tom Cruise méconnaissable dans la bande-annonce finale du film d’Alejandro G. Iñárritu

Warner Bros. lève un peu plus le voile sur l’un des rôles les plus inhabituels de la carrière de Tom Cruise. La bande-annonce finale de Digger, le nouveau film d’Alejandro G. Iñárritu, montre la star de Mission: Impossible presque méconnaissable dans la peau d’un magnat dont les décisions ont provoqué une catastrophe capable de menacer l’humanité entière.

Cheveux clairsemés, visage vieilli, silhouette transformée et accent du Sud des États-Unis : Tom Cruise n’essaie manifestement pas de reproduire Ethan Hunt sous un autre nom. Digger est présenté par Warner Bros. comme une « comédie aux proportions catastrophiques », dans laquelle « l’homme le plus puissant du monde » tente désespérément de prouver qu’il peut sauver la planète du désastre qu’il a lui-même déclenché.

Cette dernière bande-annonce arrive à seulement trois semaines de la sortie française, fixée au 30 septembre 2026. Elle devient surtout plus intéressante à la lumière des nouvelles déclarations de Cruise et Iñárritu : dans une rare interview publiée par GQ le 15 septembre, l’acteur qualifie désormais Digger Rockwell de personnage le plus difficile qu’il ait jamais interprété.

Digger Rockwell doit sauver le monde d’une catastrophe qu’il a provoquée

Warner Bros. continue volontairement à préserver une partie de l’intrigue.

Le synopsis officiel tient en quelques lignes : Digger est présenté comme l’homme le plus puissant du monde, lancé dans une course contre la montre pour convaincre l’humanité qu’il peut encore la sauver avant que la catastrophe qu’il a lui-même provoquée ne détruise tout.

Les différentes images dévoilées depuis CinemaCon permettent néanmoins de préciser ce point de départ.

Digger Rockwell est à la tête d’un puissant groupe lié au pétrole et à l’énergie. Les images montrées au printemps évoquaient déjà une opération de forage ayant provoqué un désastre écologique suffisamment grave pour déplacer des populations et faire planer le risque d’une crise beaucoup plus vaste. John Goodman incarne le président américain, chargé de pousser Rockwell à réparer les conséquences de ses actes.

La bande-annonce finale élargit cette catastrophe sans pour autant en livrer toutes les règles. Effondrement environnemental, décisions politiques, mobilisation militaire et images de chaos s’enchaînent autour d’un personnage qui continue à se présenter comme l’homme de la situation.

C’est là que réside manifestement la mécanique principale du film : Digger veut devenir le sauveur d’un monde dont il est lui-même l’un des principaux responsables.

Voir le site officiel de Digger et la bande-annonce finale

Tom Cruise est presque méconnaissable

La transformation physique de Tom Cruise avait déjà attiré l’attention lors de la présentation du film à CinemaCon, mais la campagne promotionnelle permet désormais de l’observer beaucoup plus précisément.

Digger possède des cheveux blancs et clairsemés, des traits modifiés par les prothèses, une silhouette épaissie et un style vestimentaire volontairement ostentatoire. Le contraste avec l’image que Cruise entretient depuis plusieurs années dans Mission: Impossible ou Top Gun: Maverick est évident.

Cette transformation n’est pas uniquement le résultat du vieillissement artificiel du personnage. Warner Bros. crédite Kazu Hiro au maquillage prothétique, tandis qu’Alessandro Bertolazzi supervise le maquillage et la coiffure et Jacqueline West les costumes. Hiro est notamment connu pour les transformations physiques de Gary Oldman dans Les Heures sombres et de Bradley Cooper dans Maestro.

Iñárritu insistait déjà à CinemaCon sur le fait que le défi imposé à Cruise était d’une nature différente de ses habituelles cascades. Là où l’acteur construit souvent sa promotion autour du danger physique réel — moto lancée dans le vide, avions ou combats — le réalisateur présente cette fois sa prise de risque comme essentiellement interprétative.

Tom Cruise est allé encore plus loin depuis. Dans son entretien avec GQ, il décrit Digger comme le personnage le plus exigeant de toute sa carrière, évoquant le travail sur le rythme, le langage, les gestes et les différentes couches de la performance.

Pour un acteur qui cite dans la même conversation Eyes Wide Shut, Magnolia et Ethan Hunt parmi ses expériences passées, la déclaration n’est pas anodine.

Digger marque un vrai changement après Mission: Impossible et Top Gun

Le rapprochement avec Ethan Hunt dans l’ancien titre de l’article n’était donc pas absurde, mais il mérite d’être mieux expliqué.

Depuis 2017, la filmographie de Tom Cruise s’est presque entièrement concentrée sur ses deux grandes franchises. Après Barry Seal: American Traffic et La Momie, l’acteur a enchaîné Mission: Impossible – Fallout, Top Gun: Maverick, Mission: Impossible – Dead Reckoning puis The Final Reckoning.

Digger constitue son premier film depuis cette période à sortir véritablement de cet ensemble de franchises.

Le changement concerne également son rapport à l’action. Digger contient de grandes séquences, une catastrophe mondiale et une production de taille importante, mais la promotion ne vend pas une nouvelle démonstration de cascades.

Iñárritu travaille au contraire sur le potentiel comique et inquiétant de la personnalité de Cruise : un acteur habitué à incarner des hommes capables de maîtriser les situations les plus impossibles devient ici un personnage persuadé d’avoir tout sous contrôle alors qu’il a participé au déclenchement du désastre.

La référence la plus évidente dans la carrière de Cruise n’est donc probablement pas Ethan Hunt mais Les Grossman, l’exubérant producteur de cinéma qu’il jouait sous un maquillage très lourd dans Tonnerre sous les tropiques.

Même Cruise distingue cependant les deux registres. Dans GQ, il explique que chaque comédie possède son propre langage et cite notamment Risky Business, Rain Man, Les Grossman et Edge of Tomorrow pour illustrer les différentes formes d’humour qu’il a déjà utilisées.

Alejandro G. Iñárritu préparait Digger depuis presque dix ans

Le film n’est pas né autour de la disponibilité soudaine de Tom Cruise après Mission: Impossible.

Alejandro G. Iñárritu expliquait à CinemaCon avoir commencé à réfléchir à Digger près de dix ans auparavant. Les premières discussions sérieuses avec Cruise remontent quant à elles à environ sept ans, lorsque l’acteur travaillait encore sur Top Gun: Maverick.

Leur envie de collaborer semble même plus ancienne.

Dans l’entretien publié cette semaine par GQ, Cruise explique admirer Iñárritu depuis Amores perros et affirme que leur collaboration arrive finalement après vingt-cinq ans d’intérêt pour son travail.

Le film marque aussi un retour particulier pour le réalisateur mexicain. Après Birdman et The Revenant, deux œuvres qui lui ont valu des Oscars de la mise en scène, Iñárritu revient avec un film original de grande ampleur fondé sur la satire.

Le scénario est signé Alejandro G. Iñárritu, Alexander Dinelaris, Nicolás Giacobone et Sabina Berman. L’histoire est attribuée à Berman, Iñárritu et Jez Butterworth. Tom Cruise fait également partie des producteurs avec Iñárritu et Mary Parent.

Une scène avec Tom Cruise et 300 figurants a nécessité des mois de préparation

L’interview de GQ apporte surtout un détail qui permet de comprendre l’ambition technique du projet au-delà des images de catastrophe.

Iñárritu raconte avoir conçu une longue séquence réunissant Tom Cruise, Sandra Hüller, Jesse Plemons, Riz Ahmed et environ 300 figurants. La scène avait été préparée pendant plusieurs mois et reposait sur une chorégraphie extrêmement précise entre déplacements des comédiens, caméra, dialogues et rythme.

Contrairement à une cascade de Mission: Impossible, Cruise ne risquait pas physiquement sa vie. Mais Iñárritu explique que l’acteur portait pratiquement toute la mécanique de la scène : la moindre hésitation pouvait obliger l’équipe à recommencer un dispositif particulièrement lourd.

Le réalisateur raconte notamment lui avoir donné sept indications juste avant une prise. Cruise les aurait immédiatement assimilées avant d’exécuter la scène au milieu de l’ensemble du dispositif.

Ce témoignage éclaire différemment la formule utilisée par Iñárritu lorsqu’il parle d’un autre type de « courage » pour Tom Cruise. Digger ne cherche pas simplement à diminuer la quantité de cascades : il remplace une partie de cette précision physique par un travail de composition, de rythme et de jeu collectif.

Emmanuel Lubezki retrouve Iñárritu derrière la caméra

Le dispositif visuel constitue un autre argument important du film.

Warner Bros. confirme que Digger a été entièrement tourné en VistaVision, avec Emmanuel Lubezki à la photographie.

Le VistaVision utilise historiquement la pellicule 35 mm horizontalement, ce qui permet d’exposer une surface d’image plus importante qu’avec le déroulement vertical traditionnel du film. Le procédé connaît aujourd’hui un regain d’intérêt sur certaines productions pensées pour des projections grand format.

Ce choix est d’autant plus notable qu’il réunit à nouveau Iñárritu et Lubezki. Le directeur de la photographie avait déjà travaillé avec lui sur Birdman et The Revenant, deux films dont l’approche visuelle constituait une partie essentielle de l’identité.

Le tournage de Digger s’est notamment déroulé aux studios Pinewood, près de Londres. Cruise connaît particulièrement bien les lieux : il y avait déjà travaillé sur plusieurs films, dont Legend, Entretien avec un vampire, Eyes Wide Shut ou encore le premier Mission: Impossible.

Quarante ans après Legend, il y est donc revenu sous les traits d’un personnage qui n’a pratiquement plus rien du jeune premier qu’il était alors.

John Goodman, Sandra Hüller et Riz Ahmed entourent Tom Cruise

La bande-annonce finale permet également de mieux percevoir l’importance de la distribution entourant Cruise.

John Goodman joue le président Compson, confronté directement aux conséquences de la catastrophe provoquée par Rockwell. Sandra Hüller incarne un personnage nommé Emma tandis que Riz Ahmed joue Ganesh.

Jesse Plemons et Michael Stuhlbarg font eux aussi partie des principaux acteurs officiellement mis en avant par Warner Bros. Le casting comprend également Sophie Wilde, Emma D’Arcy, Robert John Burke et Burn Gorman.

Cette distribution correspond bien à la dimension chorale évoquée par Iñárritu. Malgré un marketing entièrement construit autour du visage transformé de Tom Cruise, Digger ne semble pas conçu comme un simple numéro solitaire.

La bande-annonce montre au contraire Rockwell constamment entouré de conseillers, responsables politiques, employés et personnages susceptibles de subir les conséquences de ses choix.

Digger est-il vraiment une simple comédie ?

C’est probablement l’élément que Warner Bros. continue à maintenir le plus volontairement dans le flou.

Le studio parle officiellement d’une comédie, et Cruise comme Iñárritu insistent régulièrement sur le caractère très drôle du film. Le réalisateur explique toutefois que son humour naît précisément de la tragédie et de l’absurdité du comportement humain.

La bande-annonce finale correspond parfaitement à cette ambiguïté.

Certaines images jouent ouvertement avec le ridicule de Rockwell et son besoin permanent de contrôler son récit. D’autres montrent une catastrophe dont les conséquences semblent, elles, très sérieuses.

Le résultat semble donc davantage se rapprocher d’une satire catastrophiste que d’une comédie classique. Les comparaisons avec Docteur Folamour ont d’ailleurs accompagné les premières images diffusées à CinemaCon, même si Warner Bros. et Iñárritu n’ont pas présenté officiellement le film comme un héritier direct du classique de Stanley Kubrick.

Une théorie apparue depuis la bande-annonce va même jusqu’à imaginer que Digger pourrait cacher des éléments de comédie musicale, plusieurs spectateurs ayant interprété certains mouvements et séquences comme des numéros chorégraphiés. Rien ne confirme actuellement cette hypothèse, qui doit donc rester au stade de la spéculation de fans.

Quand Digger sort-il en France ?

La sortie française est désormais parfaitement confirmée.

Digger arrivera dans les cinémas français le mercredi 30 septembre 2026, distribué par Warner Bros. France. AlloCiné indique une durée d’environ 2 h 09.

Warner Bros. prévoit ensuite la sortie nord-américaine en salles et en IMAX le 2 octobre. Le site officiel indique plus largement que l’exploitation internationale commencera dès le 30 septembre.

Voir la bande-annonce française officielle publiée par Warner Bros. France

Avant cela, Digger connaîtra sa première mondiale à Londres le 22 septembre, dans le cadre de la Royal Film Performance. Tom Cruise et Alejandro G. Iñárritu doivent notamment y présenter le film.

La bande-annonce finale aura donc réussi à préserver l’essentiel : malgré plusieurs minutes d’images et des mois de promotion, le véritable déroulement de la catastrophe reste encore largement inconnu.

Ce qui est désormais beaucoup plus clair, en revanche, c’est la place occupée par Tom Cruise dans le projet. Après avoir consacré près d’une décennie à Ethan Hunt et Maverick, l’acteur utilise cette fois son image de héros capable de tout résoudre pour incarner précisément l’inverse : un homme qui a peut-être déjà causé l’irréparable, mais qui reste persuadé d’être le seul capable de sauver tout le monde.

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