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# Mal barrée sur Netflix : 5,2 millions de vues en quatre jours, la surprise Crew Girl se confirme
- URL: https://www.dernier-rush.fr/cette-serie-inconnue-vient-de-detroner-the-gentlemen-sur-netflix-france-pourquoi-mal-barree-cree-la-surprise/
- Published: 2026-09-14T07:34:57.000Z
- Updated: 2026-09-17T16:59:32.000Z
- Author: Thomas.S
- Tags: Netflix

Elle était encore pratiquement inconnue quelques jours avant sa sortie. Pas de franchise installée, pas de tête d’affiche mondiale et un sport rarement utilisé comme argument principal d’une série adolescente. Pourtant, **Mal barrée**, titre français de *Crew Girl*, est devenue en moins d’une semaine l’une des nouvelles séries les plus regardées de Netflix.

Les premiers chiffres officiels publiés par la plateforme permettent désormais de mesurer ce démarrage beaucoup plus précisément. Entre sa sortie le 10 septembre et la clôture du classement hebdomadaire le 13 septembre, soit seulement quatre jours d’exploitation, **la première saison a enregistré 5,2 millions de vues dans le monde et 32 millions d’heures regardées**. Elle entre directement à la quatrième place du Top 10 mondial des séries anglophones, derrière les deux saisons de *The Gentlemen* et la série documentaire *Death of the Pastor's Wife*.

[Le classement officiel de Netflix pour la semaine du 7 au 13 septembre](https://www.netflix.com/tudum/top10/tv/2021-07-18.html?ref=dernier-rush.fr) apporte surtout une nuance importante par rapport aux premiers classements quotidiens observés pendant le week-end. En France, *Mal barrée* termine la semaine en **troisième position**, derrière la saison 2 de *The Gentlemen* et *Nouvelle École*. Mais cette photographie hebdomadaire inclut seulement quatre jours d’existence pour la nouvelle série, contre une semaine complète pour plusieurs de ses concurrentes.

Sa progression quotidienne raconte donc une histoire légèrement différente.

Après avoir grimpé rapidement dans le Top 10 français, *Mal barrée* avait dépassé *The Gentlemen* pendant le week-end suivant son lancement. Et le mouvement ne s’est pas interrompu immédiatement : selon les données quotidiennes de FlixPatrol, elle occupait encore **la première place des séries Netflix en France le 16 septembre**, soit six jours après sa mise en ligne.

Autrement dit, le titre initialement surprenant de son lancement était bien réel : pendant plusieurs jours, une teen série canadienne consacrée à l’aviron est effectivement passée devant l’une des productions les plus importantes de la rentrée Netflix.

Mais les 5,2 millions de vues permettent maintenant d’aller plus loin que cette simple bataille de classement.

La vraie question devient : **pourquoi Mal barrée réussit-elle aussi vite ?**

## 5,2 millions de vues en quatre jours : un démarrage suffisamment fort pour être pris au sérieux

À l’échelle de Netflix, 5,2 millions de vues ne font pas automatiquement d’une série un phénomène mondial.

La saison 2 de *The Gentlemen* domine largement la même semaine avec **9,9 millions de vues**, tandis que sa première saison profite elle aussi du retour de la franchise et ajoute 5,5 millions de vues supplémentaires.

Mais comparer directement les trois chiffres sans tenir compte du calendrier serait trompeur.

*The Gentlemen* dispose de sept jours complets dans le classement. *Crew Girl* seulement de quatre.

La série a donc accumulé ses **32 millions d’heures regardées entre jeudi et dimanche**, avec une durée totale de saison de 6 h 12\. Netflix transforme ensuite ce volume en nombre de « vues » en divisant les heures consommées par la durée du programme, ce qui donne les 5,2 millions publiés officiellement.

Ce système ne permet évidemment pas de savoir combien de personnes ont terminé les huit épisodes, ni combien se sont arrêtées après vingt minutes.

Il montre en revanche que le démarrage ne repose plus simplement sur une curiosité visible dans les classements quotidiens.

Des millions de comptes ont réellement commencé à regarder la série.

Et pour un programme que Netflix lançait sans le poids marketing d’une franchise comme *The Gentlemen*, le résultat est suffisamment important pour faire de *Mal barrée* l’un des démarrages à surveiller de la rentrée.

Voir *Crew Girl* réussir à la dépasser dans le classement quotidien français quelques jours plus tard donne donc une bonne mesure de la vitesse à laquelle la nouvelle série a circulé.

## Une championne d’aviron obligée de changer complètement de rôle

Le point de départ est pourtant beaucoup plus modeste qu’un empire criminel britannique.

**Teagan Tao**, incarnée par Miku Martineau, est une rameuse de 16 ans dont toute la vie est organisée autour de la compétition. Elle pratique le skiff individuel et possède suffisamment d’ambition pour envisager un avenir sportif important.

Tout s’effondre lorsqu’un scandale impliquant son père bouleverse brutalement sa famille.

Teagan et sa mère Ella quittent leur ancienne vie pour rejoindre Eagle's Cove, petite ville de la côte Est américaine, où l’adolescente intègre le très privilégié Easton Prep.

Le problème apparaît immédiatement : l’établissement possède une équipe d’aviron masculine, mais aucune équipe féminine.

Pour continuer à vivre sur l’eau, Teagan doit donc renoncer au rôle qu’elle connaît.

Elle ne devient pas l’une des rameuses du bateau.

Elle devient **barreuse**.

Netflix a d’ailleurs consacré [un guide complet au fonctionnement de l’aviron dans *Crew Girl*](https://www.netflix.com/tudum/articles/crew-girl-what-is-crew-sport-explainer-miku-martineau-sam-braun-kyle-clark?ref=dernier-rush.fr), tant cette distinction est importante pour comprendre la série.

La barreuse ne propulse pas le bateau. Placée face aux huit rameurs, elle dirige l’embarcation, donne le rythme, surveille la trajectoire et doit réussir à transformer huit physiques et huit ego différents en un seul mouvement.

Pour Teagan, le changement possède évidemment une valeur dramatique.

Elle passe d’une discipline où sa réussite dépendait presque entièrement de sa propre performance à une position où **elle ne peut gagner qu’en obtenant la confiance des autres**.

C’est là que la série trouve probablement son idée la plus efficace.

## Mal barrée utilise un sport rare pour raconter une histoire très familière

Si l’on retire l’aviron, une grande partie de la structure de la série est volontairement classique.

Une adolescente débarque dans une nouvelle ville.

Elle entre dans une école de riches.

Sa situation familiale est compliquée.

Elle doit trouver sa place dans un groupe qui ne voulait pas nécessairement d’elle.

Et, naturellement, elle se retrouve prise entre deux garçons.

**Josh Regis**, interprété par Samuel Braun, appartient à une famille installée au sommet de la hiérarchie sociale d’Easton. **Cam Dillinger**, joué par Kyle Clark, vient d’un milieu beaucoup moins privilégié et évolue lui-même dans cette école grâce à une aide financière.

Les deux garçons deviennent autant des rivaux sportifs que sentimentaux.

Sur le papier, rien de révolutionnaire.

C’est précisément là que l’aviron devient utile.

Le sport donne une mécanique concrète à des conflits qui resteraient autrement assez familiers. Les personnages ne peuvent pas simplement s’éviter après une dispute : une fois dans le huit, ils doivent synchroniser leurs mouvements au centimètre près. Le rameur qui veut briller seul peut littéralement faire perdre toute l’équipe.

Dans son [guide officiel du casting](https://www.netflix.com/tudum/articles/crew-girl-season-1-cast-guide?ref=dernier-rush.fr), Netflix insiste d’ailleurs sur cette opposition entre ambitions personnelles, rivalités de classe et nécessité de fonctionner comme un équipage.

La série n’invente donc pas une nouvelle forme de teen drama.

Elle trouve un environnement suffisamment inhabituel pour rendre ses vieux mécanismes beaucoup plus frais.

## Netflix semble avoir trouvé quelque chose avec les romances sportives adolescentes

Le succès de *Mal barrée* n’arrive pas totalement isolé.

Netflix a déjà obtenu cette année de bons résultats avec **Finding Her Edge**, autre série canadienne mélangeant compétition sportive, romance et conflits familiaux, cette fois dans l’univers du patinage artistique.

La première saison avait dépassé **12 millions de vues** suffisamment rapidement pour que Netflix commande une deuxième saison seulement douze jours après sa sortie.

Le tournage de cette suite a déjà commencé au Canada, comme nous l’expliquions dans [notre article consacré à la saison 2 de *Finding Her Edge*](https://www.dernier-rush.fr/finding-her-edge-le-tournage-de-la-saison-2-commence-le-triangle-amoureux-est-de-retour/).

Le lien entre les deux séries est d’autant plus intéressant que **Jeff Norton** a participé au développement des deux projets.

Alors que *Finding Her Edge* joue beaucoup sur le duo de patinage, *Crew Girl* utilise le collectif. Mais le principe éditorial possède une parenté évidente : prendre les codes très accessibles du drama adolescent et de la romance, puis leur donner une identité visuelle forte grâce à un sport que les séries utilisent rarement comme simple décor.

Netflix présente désormais lui-même *Crew Girl* au milieu de ses [romances sportives à regarder sur la plateforme](https://www.netflix.com/tudum/articles/sports-romance-movies-shows?ref=dernier-rush.fr).

Cela ne veut pas dire que chaque sport va désormais obtenir sa série romantique.

Mais la plateforme paraît avoir identifié un format capable de fonctionner à plusieurs niveaux : le sport attire une partie du public, le triangle amoureux une autre, tandis que le cadre scolaire permet de conserver tous les codes habituels des séries young adult.

## Les acteurs ont réellement dû apprendre l’aviron

La production aurait pourtant pu se contenter d’utiliser quelques plans larges de doublures et de tourner les dialogues près de l’eau.

Elle a choisi une approche beaucoup plus exigeante.

Le casting a suivi un **entraînement spécifique à l’aviron** avant le tournage afin que les acteurs puissent réellement effectuer une partie des mouvements visibles à l’écran.

Miku Martineau explique même qu’elle évitait auparavant les rameurs en salle de sport parce qu’elle avait constamment l’impression de mal les utiliser. Le travail sur *Crew Girl* l’a obligée à comprendre non seulement la technique physique des rameurs, mais aussi le fonctionnement très particulier du poste de barreuse.

L’ensemble de l’équipe masculine a également participé à un véritable boot camp.

Pour Samuel Braun, ancien plongeur de niveau national, la difficulté venait précisément de l’aspect collectif : dans un sport individuel, une erreur pénalise principalement l’athlète qui la commet ; dans un huit, un seul mouvement désynchronisé peut perturber toute l’embarcation.

Ce travail donne aux courses une crédibilité qui devient rapidement essentielle.

Si les scènes sportives semblaient artificielles, l’aviron ne serait plus qu’un décor destiné à distinguer visuellement la série.

Or il doit fonctionner comme un véritable enjeu.

## Le lycée américain de Mal barrée est en réalité au Canada

L’autre ingrédient immédiatement visible de la série est son environnement.

Eagle's Cove est présentée comme une petite communauté aisée de la côte Est américaine, construite autour d’une école privée où certains élèves arrivent pratiquement avec leur héritage familial déjà inscrit sur les bâtiments.

Mais cette Nouvelle-Angleterre très photogénique a été recréée au Canada.

La production s’est principalement installée autour de **Victoria, en Colombie-Britannique**, avec plusieurs décors de l’île de Vancouver.

Easton Prep utilise notamment **Hatley Castle**, immense demeure construite au début du XXe siècle et déjà bien connue des amateurs de cinéma fantastique puisqu’elle a servi à représenter certaines versions de l’école de Charles Xavier dans les films *X-Men*.

Le choix donne immédiatement à Easton un caractère légèrement excessif.

La série peut parler d’un lycée tout en donnant l’impression que ses personnages vivent dans un monde où les adolescents possèdent des bateaux, des noms de famille gravés dans les bâtiments et des trajectoires universitaires planifiées depuis l’enfance.

Teagan arrive précisément au moment où sa propre famille vient de perdre une grande partie de ce qui la protégeait auparavant.

Son intégration ne porte donc pas seulement sur le sport.

Elle doit apprendre à évoluer dans un environnement où **l’argent, le nom de famille et les relations sociales déterminent parfois autant la compétition que les performances physiques**.

## Mal barrée n’est pas l’adaptation d’un roman

C’est également l’une des confusions les plus faciles à faire devant la série.

Son univers, son triangle amoureux et son esthétique correspondent parfaitement aux nombreux romans young adult régulièrement adaptés par Netflix.

Il existe même désormais un livre *Crew Girl*.

Pourtant, **la série est arrivée avant le roman**.

Le projet a été développé directement pour Netflix autour de cette idée d’une jeune rameuse devenant barreuse d’une équipe masculine. Vivian Lin et Morwyn Brebner ont ensuite développé l’histoire et les personnages.

La romancière Sheila McClure a travaillé sur une novélisation de la série, et non l’inverse.

Ce détail peut sembler secondaire, mais il devient intéressant si *Mal barrée* obtient plusieurs saisons.

Les scénaristes ne sont pas enfermés dans une saga littéraire dont ils devraient atteindre une conclusion précise. Les personnages peuvent évoluer indépendamment d’un matériau préexistant.

## Miku Martineau devient le vrai visage de la série

Le succès rapide de *Mal barrée* est également intéressant parce qu’il ne repose pas sur une immense star utilisée comme produit d’appel.

Miku Martineau avait déjà travaillé avec Netflix et apparaît notamment dans *Kate*. Elle a également joué dans *Bet* et *Star Trek: Section 31*.

Mais *Crew Girl* lui donne une responsabilité totalement différente.

Elle doit porter pratiquement tous les registres de la série : le bouleversement familial, l’intégration dans une nouvelle école, la pression sportive, le triangle amoureux et le rôle de leader qu’elle n’avait jamais cherché à obtenir.

Autour d’elle, la production mise principalement sur des acteurs encore relativement peu identifiés du grand public.

Jessica Paré constitue l’une des exceptions les plus connues grâce à son rôle de Megan Draper dans *Mad Men*, tandis que Samuel Braun, Kyle Clark, Connor Paton, Olga Petsa ou Jude Wilson doivent surtout devenir familiers à travers la série elle-même.

Cette absence de très grande vedette rend les 5,2 millions de vues encore plus intéressants.

Netflix ne peut pas simplement expliquer le démarrage par le nom affiché sur l’affiche.

## Alors, Mal barrée est-elle vraiment un carton ?

**Pas encore au sens où l’on peut parler d’un phénomène durable.**

Mais elle possède désormais un véritable démarrage.

Les chiffres officiels permettent de sortir de la seule impression provoquée par le Top 10 de l’application : **5,2 millions de vues et 32 millions d’heures regardées en quatre jours constituent une entrée suffisamment forte pour installer la série dans le Top 5 mondial de Netflix**.

En France, la lecture demande simplement un peu plus de précision.

Sur l’ensemble de la semaine du **7 au 13 septembre**, Netflix classe *Mal barrée* troisième, derrière *The Gentlemen* saison 2 et *Nouvelle École*. La série n’était disponible que pendant les quatre derniers jours de cette période.

Dans les classements quotidiens, elle a ensuite pris la première place et la conservait encore le 16 septembre selon FlixPatrol.

Les deux affirmations sont donc compatibles.

**The Gentlemen reste numéro 1 sur la semaine complète officielle ; Mal barrée l’a dépassée dans le classement quotidien après sa montée en puissance.**

Cette distinction est importante, surtout pour un article qui cherche précisément à mesurer la surprise représentée par la série.

## Une saison 2 de Mal barrée est-elle déjà prévue ?

Pour l’instant, **Netflix n’a pas renouvelé officiellement la série**.

Il serait donc beaucoup trop tôt pour annoncer une deuxième saison uniquement à partir de ses quatre premiers jours.

Les créateurs ont cependant clairement laissé la porte ouverte.

La première saison ne ferme pas l’ensemble des trajectoires de ses personnages, et l’univers de l’aviron peut naturellement accompagner Teagan au-delà de sa première année à Easton.

La comparaison avec *Finding Her Edge* sera d’ailleurs instructive.

Netflix avait renouvelé cette dernière seulement douze jours après son lancement, mais la série avait déjà accumulé plus de 12 millions de vues et atteint le Top 10 dans 81 pays.

*Mal barrée* n’en est pas encore là.

Son véritable test commence maintenant.

La deuxième semaine permettra de savoir si les 5,2 millions de premières vues correspondaient surtout à une curiosité particulièrement rapide ou si le bouche-à-oreille continue à élargir son audience.

Pour une série diffusée intégralement dès son lancement, la rétention dans le classement sera particulièrement révélatrice.

Si elle continue à occuper les premières places plusieurs jours après que les spectateurs les plus impatients ont déjà terminé les huit épisodes, Netflix disposera d’un argument beaucoup plus solide pour envisager une suite.

En attendant, une chose est désormais certaine : **Mal barrée n’est plus seulement cette obscure série d’aviron qui avait momentanément pris la tête du Top 10 français.**

Quatre jours lui ont suffi pour réunir 5,2 millions de vues, atteindre le quatrième rang mondial des séries Netflix et s’installer durablement devant une grande partie des nouveautés de septembre.

Pour une fiction dont l’héroïne commence précisément son histoire en découvrant qu’il n’existe même pas d’équipe dans laquelle elle puisse ramer, le départ est plutôt bien négocié.