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Barbie 2 : Mattel veut toujours une suite, mais le film est loin d’être assuré

Barbie 2 : Mattel veut toujours une suite, mais le film est loin d’être assuré

Trois ans après avoir transformé une poupée en phénomène mondial à 1,447 milliard de dollars de recettes, Hollywood n’a toujours pas réussi à répondre à une question qui semblait pourtant extrêmement simple au lendemain de la sortie de Barbie : y aura-t-il réellement un Barbie 2 avec Margot Robbie et Greta Gerwig ?

Mattel aimerait clairement que la réponse soit oui.

Le 13 septembre 2026, pendant le Festival international du film de Toronto, Robbie Brenner, présidente de Mattel Studios et productrice du premier film, a de nouveau affirmé que l’entreprise souhaitait voir une suite. Elle s’est même dite convaincue qu’un autre film live-action finira, un jour, par exister.

Mais sa déclaration comportait une nuance beaucoup plus importante que cet optimisme.

Mattel ne travaille pas actuellement sur Barbie 2 comme sur un film dont la production serait officiellement lancée.

Aucun tournage n’est prévu.

Aucune date de sortie n’est annoncée.

Margot Robbie n’a pas officiellement signé pour reprendre son rôle.

Ryan Gosling n’est pas officiellement engagé comme Ken.

Greta Gerwig n’a pas signé pour réaliser la suite.

Et Noah Baumbach n’est pas annoncé comme scénariste d’un deuxième film.

Pendant son intervention au TIFF, Brenner a même précisé que le projet Barbie sur lequel Mattel se concentrait concrètement en ce moment était un long métrage d’animation développé avec Chris Meledandri et Illumination, totalement distinct d’une éventuelle continuation du succès de 2023. La déclaration complète de Robbie Brenner à Toronto confirme que la suite live-action reste souhaitée, mais sans calendrier.

Le paradoxe devient donc assez spectaculaire.

Barbie a été le plus gros film mondial de 2023, le plus grand succès commercial de l’histoire de Warner Bros. et l’un des phénomènes culturels les plus importants de la décennie.

Pourtant, en septembre 2026, Barbie 2 n’existe toujours pas officiellement.

Mattel veut clairement Barbie 2

Sur ce point, il n’existe presque plus de doute.

Robbie Brenner n’a jamais caché son envie de poursuivre l’aventure.

À Toronto, la dirigeante a expliqué que tout le monde chez Mattel aimerait voir une suite et qu’elle pensait qu’un autre film finirait par voir le jour.

Ce n’est pas une annonce de production.

Mais ce n’est pas non plus le discours d’une entreprise ayant décidé de tourner la page.

Mattel possède une raison évidente de vouloir prolonger le phénomène.

Selon Box Office Mojo, Barbie a récolté exactement 1 447 138 421 dollars dans le monde, dont plus de 636 millions aux États-Unis et au Canada et environ 811 millions dans le reste du monde. Box Office Mojo détaille ici l’ensemble de la carrière mondiale de Barbie.

Le film a terminé numéro 1 mondial de l’année 2023 devant Super Mario Bros. le film et Oppenheimer.

Il a également reçu huit nominations aux Oscars, dont celle du meilleur film.

Et surtout, il a démontré que la stratégie de Mattel consistant à transformer ses jouets en propriétés cinématographiques pouvait dépasser très largement la simple publicité pour des produits.

Ynon Kreiz, directeur général de Mattel, explique encore en 2026 que l’objectif de Barbie n’était pas simplement de vendre davantage de poupées mais de provoquer un événement culturel autour de la marque.

Dans un entretien accordé à la Harvard Business Review, il présente même le film comme le modèle de la stratégie actuelle de l’entreprise : confier des licences très connues à des créateurs capables de les réinventer plutôt que produire des adaptations conçues uniquement comme de gigantesques publicités.

Reproduire un tel succès paraît donc logique.

Le problème est que Mattel ne peut pas le reproduire seule.

Pourquoi Barbie 2 n’a-t-il toujours pas été officiellement lancé ?

Parce que le premier film avait été conçu dans une situation très différente de celle qui existe aujourd’hui.

Lorsque Greta Gerwig, Noah Baumbach, Margot Robbie et Ryan Gosling ont négocié leurs contrats, Warner Bros. ne savait évidemment pas que Barbie allait devenir un phénomène à près d’un milliard et demi de dollars.

Aucune obligation de revenir pour une suite n’avait donc été intégrée de manière à permettre au studio de simplement déclencher un deuxième épisode.

Après le triomphe du film, chaque membre du noyau créatif s’est retrouvé dans une position de négociation beaucoup plus forte.

Et c’est là que la situation s’est compliquée.

Variety a consacré une enquête détaillée aux négociations actuellement bloquées autour de Barbie 2.

Selon le média, Warner Bros. a tenté à plusieurs reprises de reformer l’équipe du premier film.

Les nouvelles demandes financières seraient logiquement bien supérieures aux conditions négociées avant le succès de 2023.

Ryan Gosling réclamerait notamment environ 20 millions de dollars pour reprendre le rôle de Ken, tandis que les discussions concernant Margot Robbie et Greta Gerwig portent également sur les cachets et les participations aux bénéfices.

Ces chiffres proviennent de sources professionnelles et ne constituent pas des contrats signés.

C’est précisément le problème.

Trois ans après le premier film, aucun nouvel accord global n’a encore été conclu.

Greta Gerwig et Noah Baumbach auraient pourtant déjà trouvé une idée

Le blocage n’est plus nécessairement créatif.

C’est une évolution importante par rapport aux années immédiatement suivant la sortie de Barbie.

Greta Gerwig et Margot Robbie avaient longtemps insisté sur le fait que le premier film avait été pensé comme une œuvre complète.

La fin est d’ailleurs construite comme telle.

Barbie quitte Barbieland.

Elle renonce à l’existence parfaite et immuable d’une poupée.

Elle décide de devenir humaine.

Le film ne laisse pas derrière lui un grand méchant à retrouver ou une scène post-générique annonçant l’épisode suivant.

Il possède une véritable conclusion.

Pendant longtemps, la difficulté consistait donc à imaginer une raison artistique suffisamment forte pour rouvrir l’histoire.

Cette raison existerait aujourd’hui.

Variety affirme que Greta Gerwig et Noah Baumbach possèdent une idée pour une suite.

Mais ils ne souhaiteraient pas développer davantage cette proposition avec Warner Bros. tant que leurs nouveaux contrats ne sont pas réglés.

La différence est essentielle.

Barbie 2 n’est donc pas bloqué parce que personne ne sait quoi raconter.

Il serait bloqué avant même que cette idée puisse réellement entrer dans un processus de développement.

Warner Bros. possède maintenant une échéance beaucoup plus dangereuse

C’est ici que la situation devient réellement urgente.

Selon le New York Times, Warner Bros. doit avancer sur une suite avant décembre 2026.

À l’expiration de cette fenêtre, les droits du studio pour prolonger le film de 2023 pourraient revenir à Mattel.

Variety précise que Warner doit parvenir à mettre un nouveau projet Barbie en développement actif dans le cadre défini par son accord.

Ce n’est donc plus une question abstraite du type « les studios finiront bien par trouver un accord un jour ».

Il existe maintenant un calendrier.

Et septembre est déjà largement entamé.

Warner Bros. possède seulement quelques mois pour résoudre des négociations qui n’ont pas abouti malgré plusieurs propositions.

Si Warner perd Barbie, Mattel ne pourra pas simplement continuer ailleurs

C’est probablement le détail le plus important de tout le dossier.

Si les droits reviennent à Mattel, cela ne signifie pas que l’entreprise pourra immédiatement appeler Universal, Paramount ou Amazon et tourner Barbie 2 exactement comme si Warner Bros. n’avait jamais existé.

L’univers cinématographique créé par Greta Gerwig appartient à une construction juridique et créative spécifique.

Variety rapporte que, si Mattel devait récupérer les droits après l’expiration de l’accord avec Warner, l’entreprise ne pourrait pas reprendre directement les éléments du film de 2023 pour fabriquer une suite chez un autre studio.

Elle devrait essentiellement repartir sur une autre incarnation.

Autrement dit, deux avenirs extrêmement différents existent derrière l’expression « nouveau film Barbie ».

Le premier est celui que le public imagine spontanément :

Margot Robbie revient.

Ryan Gosling revient.

Greta Gerwig et Noah Baumbach développent leur nouvelle idée.

Barbieland continue.

Le second serait presque un reboot.

Une nouvelle version de Barbie.

Un autre univers.

Potentiellement un nouveau casting.

Et probablement un ton complètement différent.

Voilà pourquoi l’échéance de décembre est aussi importante.

Ce qui risque de disparaître n’est pas la possibilité de faire un jour un autre film Barbie.

C’est la possibilité de prolonger cette version précise de Barbie.

Mattel développe déjà un autre film Barbie

Le risque est d’autant plus facile à mal comprendre qu’un nouveau long métrage consacré à la poupée est bel et bien en préparation.

Mais ce n’est pas Barbie 2.

Mattel Studios développe un film d’animation Barbie avec Illumination, le studio dirigé par Chris Meledandri derrière Moi, moche et méchant, Les Minions et Super Mario Bros. le film.

Le projet doit être distribué mondialement par Universal Pictures.

Mattel avait déjà confirmé son développement lors de ses présentations aux investisseurs en 2025, expliquant que Chris Meledandri et Illumination travaillaient sur ce qui doit devenir le premier long métrage d’animation Barbie conçu pour une sortie au cinéma.

Mattel a confirmé cette collaboration dans ses résultats financiers consacrés à sa stratégie cinéma.

À Toronto, Robbie Brenner est allée encore plus loin.

Lorsqu’on lui a demandé où en était Barbie, elle a expliqué que c’était précisément ce projet animé sur lequel Mattel se concentrait actuellement.

Aucune date de sortie n’est connue.

Aucun réalisateur n’a été annoncé.

Le casting vocal reste secret.

Et le scénario n’a pas été révélé.

Mais contrairement à Barbie 2, ce film possède au moins un partenaire créatif officiellement identifié et un distributeur.

Le film d’animation ne remplacera pas nécessairement Barbie 2

Il ne faut cependant pas opposer automatiquement les deux projets.

Mattel pense désormais Barbie comme une franchise capable d’exister sous plusieurs formes.

Un film live-action peut continuer l’univers de Greta Gerwig.

Un long métrage Illumination peut proposer parallèlement une interprétation animée destinée à un autre public.

Des contenus YouTube, des séries, des jeux et d’autres produits peuvent compléter l’ensemble.

C’est exactement le fonctionnement que Mattel cherche aujourd’hui à appliquer à ses principales marques.

Le problème serait uniquement de présenter le film Illumination comme la suite du long métrage de 2023.

Il ne l’est pas.

Il constitue une nouvelle adaptation.

Et la différence juridique est particulièrement importante au moment où l’avenir de Warner Bros. avec Barbie est lui-même incertain.

Greta Gerwig n’a de toute façon pas passé ces trois années à attendre Barbie 2

Il existe aussi un problème très concret de calendrier.

Greta Gerwig travaille depuis plusieurs années sur sa nouvelle adaptation de Narnia pour Netflix.

Son premier film, Le Neveu du magicien, dispose désormais d’un véritable calendrier : sortie en salles dans de nombreux territoires le 12 février 2027, puis mise en ligne sur Netflix le 2 avril.

La France sera une exception et devra attendre directement la sortie streaming.

Dernier Rush a détaillé le calendrier de Narnia : Le Neveu du magicien, son casting et l’absence de sortie française en salles.

Gerwig ne se trouve donc pas dans une période où elle attend simplement que Warner l’appelle pour retourner à Barbieland.

Elle a construit entre-temps l’un des projets fantastiques les plus importants de Netflix.

Et Netflix possède toujours l’ambition d’utiliser l’univers de C. S. Lewis sur plusieurs productions.

Même si l’accord autour de Barbie 2 était conclu prochainement, cela ne permettrait donc absolument pas d’en déduire un début de tournage immédiat.

Margot Robbie possède elle aussi un calendrier particulièrement chargé

Le même raisonnement vaut pour Margot Robbie.

La productrice et actrice a continué à développer de nombreux projets via LuckyChap et tourne actuellement le nouveau préquel de Ocean’s Eleven.

Le succès de Barbie a renforcé considérablement sa position à Hollywood, aussi bien devant que derrière la caméra.

Le problème des négociations n’est donc pas simplement financier.

Rassembler de nouveau Robbie, Gerwig, Gosling et Baumbach signifie également trouver un calendrier permettant à plusieurs des personnalités les plus sollicitées de l’industrie de se consacrer au même film.

Voilà pourquoi une éventuelle annonce d’accord ne signifierait pas automatiquement :

« tournage l’année prochaine ».

Il faudrait encore écrire le scénario.

Préparer la production.

Coordonner les agendas.

Reconstituer éventuellement l’équipe technique du premier film.

Et surtout décider à quoi ressemble réellement la suite.

Ryan Gosling doit-il forcément revenir comme Ken ?

Même si Warner souhaite reformer autant que possible l’équipe originale, l’existence d’une suite ne garantit pas nécessairement que chaque personnage aurait la même importance.

Ken était central dans le premier film.

Sa découverte du patriarcat dans le monde réel transformait Barbieland et provoquait pratiquement toute la deuxième moitié du récit.

Mais le film termine également son histoire en lui donnant une forme d’émancipation.

Ken doit apprendre qu’il peut exister indépendamment de Barbie.

Reprendre exactement la même dynamique sentimentale risquerait donc de défaire une partie de cette conclusion.

C’est l’un des défis les plus intéressants pour Gerwig et Baumbach s’ils réalisent réellement leur idée.

Comment retrouver le monde que le public a aimé sans simplement le remettre à zéro ?

Barbie ne peut plus être exactement la poupée du début du premier film puisqu’elle est devenue humaine.

Ken ne peut pas simplement recommencer à chercher sa validation.

Et Barbieland lui-même a changé.

Une suite devrait donc être conçue davantage comme un nouveau chapitre que comme une répétition du phénomène de 2023.

Mattel n’a surtout aucune envie de traiter ses films comme de simples publicités

Cette prudence artistique est cohérente avec le discours de Ynon Kreiz.

Le dirigeant répète que la principale leçon de Barbie n’est pas « les jouets populaires font de bons films ».

La leçon est qu’une licence connue peut fonctionner lorsqu’un studio accepte de laisser une personnalité créative la transformer.

Le scénario de Gerwig et Baumbach allait jusqu’à se moquer directement de Mattel, de son conseil d’administration et du fonctionnement d’une immense entreprise cherchant à contrôler une marque.

Kreiz explique justement que Mattel avait choisi d’accepter cette satire plutôt que de la neutraliser.

Cette philosophie rend la situation actuelle presque paradoxale.

Mattel pourrait certainement fabriquer un nouveau film Barbie avec un autre cinéaste.

Mais l’entreprise sait parfaitement que le succès du premier venait précisément de sa singularité.

Reproduire mécaniquement sa surface — le rose, les costumes, les chansons, les blagues sur les poupées — ne garantirait absolument pas un nouveau milliard de dollars.

Barbie reste essentielle dans la stratégie future de Mattel

La marque traverse parallèlement une période importante sur le plan commercial.

Mattel prévoit que Barbie retrouve de la croissance en 2027, après plusieurs trimestres plus difficiles du côté des poupées.

L’entreprise investit davantage dans le contenu, les collaborations, les produits destinés aux adultes et une nouvelle organisation centrée autour de ses grandes marques.

Cela ne signifie pas que Barbie 2 sera produit pour vendre des poupées.

Mais cela montre que Barbie reste l’une des propriétés autour desquelles Mattel entend construire son avenir.

Un long métrage d’animation est déjà en développement.

La société multiplie les contenus numériques.

Et un retour live-action demeure clairement souhaité.

Mattel ne cherche donc pas à savoir s’il faut encore utiliser Barbie au cinéma.

La question est uniquement de savoir sous quelle forme.

Alors, où en est réellement Barbie 2 en septembre 2026 ?

La réponse est désormais assez simple.

Mattel veut le film.

Warner Bros. veut continuer la franchise.

Greta Gerwig et Noah Baumbach auraient une idée pour la suite.

Mais :

aucun accord définitif n’est annoncé avec Greta Gerwig ;

aucun accord définitif n’est annoncé avec Margot Robbie ;

aucun accord définitif n’est annoncé avec Ryan Gosling ;

aucune date de tournage n’existe ;

aucune date de sortie n’existe ;

aucun scénario n’a été présenté publiquement ;

aucun casting n’est officiellement confirmé.

Le prochain véritable rendez-vous n’est donc pas un CinemaCon, une bande-annonce ou une première photo.

C’est décembre 2026.

D’ici là, Warner Bros. doit résoudre une négociation qui dure depuis des années et éviter de perdre la possibilité de prolonger directement son plus grand succès commercial.

Barbie 2 peut encore se faire, mais il est beaucoup moins inévitable qu’il n’y paraît

C’est finalement le point que les déclarations de Mattel permettent de mieux comprendre.

Lorsque Robbie Brenner affirme qu’elle veut une suite, elle ne ment évidemment pas.

Mattel veut continuer.

Warner veut continuer.

Une idée existerait même déjà.

Mais Hollywood n’est pas seulement une industrie où un film à 1,447 milliard de dollars obtient automatiquement un deuxième épisode.

Il faut encore réunir les personnes qui l’ont rendu possible, négocier leur valeur après un succès historique, conserver les droits et trouver une histoire capable de justifier un retour dans un univers qui s’était volontairement refermé.

Pendant ce temps, Barbie avance déjà ailleurs.

Illumination développe son film d’animation.

Mattel élargit la marque.

Greta Gerwig construit Narnia.

Margot Robbie poursuit ses propres productions.

Et décembre approche.

Trois ans après un succès qui semblait rendre une suite absolument inévitable, la situation est donc presque à l'opposé de ce que pourraient laisser croire quelques déclarations enthousiastes.

Barbie reviendra presque certainement encore au cinéma sous une forme ou une autre.

Ce qui reste totalement incertain, c’est de savoir si la prochaine fois que les lumières s’éteindront, Margot Robbie se réveillera encore dans le Barbieland de Greta Gerwig.

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