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# Après Venise, Back to Buenos Aires a trouvé son distributeur français
- URL: https://www.dernier-rush.fr/apres-venise-back-to-buenos-aires-a-trouve-son-distributeur-francais/
- Published: 2026-09-13T16:14:36.000Z
- Updated: 2026-09-13T16:14:36.000Z
- Author: Thomas.S
- Tags: Films

Deux jours seulement après sa présentation en compétition à la Mostra de Venise, ***Back to Buenos Aires*** franchit une étape importante pour son avenir international. **Les droits français du nouveau film de Marco Bechis ont été acquis par Paradis Films**, tandis que Fandango Sales a également conclu des accords pour plusieurs autres territoires européens, notamment le Benelux, la Scandinavie, la Suisse, la Grèce et la Bulgarie. ([Screen Daily](https://www.screendaily.com/news/marco-bechis-venice-competition-title-back-to-buenos-aires-lands-key-deals/5220367.article?utm%5Fsource=chatgpt.com))

Pour le public français, l’information est plus concrète qu’une simple sélection en festival : **le film dispose désormais d’un distributeur dans l’Hexagone**. Aucune date de sortie n’a cependant encore été annoncée par Paradis Films. Au moment de notre vérification, *Back to Buenos Aires* n’apparaît d’ailleurs pas encore parmi les prochaines sorties affichées sur le site du distributeur. ([Paradis Films](https://paradisfilms.com/distribution/?utm%5Fsource=chatgpt.com))

Il faudra donc encore patienter avant de savoir quand le film arrivera dans les salles françaises. Mais son acquisition aussi rapidement après Venise confirme qu’il commence déjà une deuxième vie, celle qui compte souvent autant que les prix pour un film d’auteur : **trouver réellement son chemin jusqu’au public.**

## Un film qui a quitté Venise sans prix officiel, mais pas sans acheteurs

Présenté le **11 septembre 2026** en compétition officielle de la 83e Mostra, *Back to Buenos Aires* faisait partie des films en lice pour le Lion d’or. Marco Bechis revenait ainsi dans la compétition vénitienne dix-huit ans après *Birdwatchers*. ([La Biennale di Venezia](https://www.labiennale.org/en/cinema/2026/venezia-83-competition/ritorno-buenos-aires?utm%5Fsource=chatgpt.com))

Le palmarès final ne lui a pas attribué l’une des récompenses principales : le Lion d’or est revenu à *Woman Unknown* de May el-Toukhy, tandis que les autres prix majeurs ont notamment distingué Lee Chang-dong, Ilya Khrzhanovsky, John Malkovich ou encore Stéphane Brizé. ([Reuters](https://www.reuters.com/business/media-telecom/list-winners-2026-venice-film-festival-2026-09-12/?utm%5Fsource=chatgpt.com))

Mais un festival comme Venise ne se joue pas uniquement sur scène lors de la remise des prix.

Avant même sa première mondiale, **Fandango Sales avait pris en charge les ventes internationales du film**. Son passage au Lido a désormais permis de transformer cette exposition en plusieurs contrats de distribution. La France revient à Paradis Films ; la Suisse à Trigon, tandis que d'autres accords ont été signés pour la Grèce, la Bulgarie, le Benelux et la Scandinavie. ([Screen Daily](https://www.screendaily.com/news/marco-bechis-venice-competition-title-back-to-buenos-aires-lands-key-deals/5220367.article?utm%5Fsource=chatgpt.com))

L'Italie n'aura pas à attendre longtemps : Fandango doit y sortir le film **le 17 septembre 2026**, moins d'une semaine après sa présentation vénitienne. ([ANSA.it](https://www.ansa.it/veneto/notizie/2026/07/23/bechis-in-ritorno-a-buenos-aires-una-storia-che-sentivo-lurgenza-di-raccontare%5Fa0970a8f-1c99-419b-827c-922cdae9b1dc.html?utm%5Fsource=chatgpt.com))

Pour la France, en revanche, **aucun jour, mois ou même fenêtre précise n'est encore confirmé**. L'acquisition ne doit donc pas être transformée trop vite en annonce de sortie.

## *Back to Buenos Aires* ne raconte pas simplement un ancien prisonnier face à ses bourreaux

Le film se déroule en **2008**.

Mariano Guerra, interprété par **Adriano Giannini**, vit en Italie depuis trente-trois ans lorsqu'il est rappelé à Buenos Aires. Il doit témoigner lors du procès d'anciens militaires responsables de son enlèvement, de sa détention et de ses tortures pendant la dictature argentine.

Mais Marco Bechis refuse précisément de construire Mariano comme un survivant héroïque revenant réclamer justice.

Pendant sa détention, le personnage a fini par collaborer avec ses tortionnaires. À Buenos Aires, il retrouve d'autres rescapés qui connaissent son passé et ne lui accordent pas tous leur pardon. Il doit également affronter **Evelyn, la fille d'une disparue qu'il avait dénoncée**, tandis que le médecin du centre clandestin qui l'avait contraint à travailler avec lui apparaît dans le public du tribunal. ([Filmitalia](https://filmitalia.org/en/film/219287/?ref=dernier-rush.fr))

Le véritable conflit se joue donc ailleurs.

Mariano doit témoigner contre ceux qui l'ont torturé, mais également accepter de raconter publiquement **ce qu'il a lui-même fait pour rester en vie**.

La Biennale résume le cœur du film autour de cette question : que signifie survivre lorsque le simple fait d'avoir survécu est devenu un poids ? Bechis explique avoir volontairement adopté une mise en scène retenue, davantage intéressée par les visages, les silences et l'attente que par une reconstruction spectaculaire de la violence. ([La Biennale di Venezia](https://www.labiennale.org/en/cinema/2026/venezia-83-competition/ritorno-buenos-aires?utm%5Fsource=chatgpt.com))

C'est aussi ce qui rapproche le film de l'histoire personnelle de son réalisateur sans en faire pour autant une autobiographie.

## Marco Bechis connaît cette histoire de l'intérieur, mais Mariano n'est pas son double

La distinction est essentielle.

**Marco Bechis a lui-même été enlevé en Argentine en 1977**, pendant la dictature militaire. Il a été détenu dans le centre clandestin connu sous le nom de **Club Atlético**, avant de quitter le pays. Cette expérience a profondément marqué sa filmographie. ([infobae](https://www.infobae.com/cultura/2026/08/13/veinticinco-anos-despues-de-garage-olimpo-marco-bechis-vuelve-a-la-dictadura-con-una-pelicula-que-compite-en-venecia/?ref=dernier-rush.fr))

Mais Mariano Guerra n'est pas Marco Bechis.

Le réalisateur insiste lui-même sur ce point dans son texte présenté à Venise : l'histoire du personnage n'est pas la sienne, même si elle naît d'une blessure qu'il connaît intimement. Il explique avoir choisi la fiction parce qu'elle lui permet d'approcher des vérités que le simple travail de mémoire ne suffit parfois pas à raconter. ([La Biennale di Venezia](https://www.labiennale.org/en/cinema/2026/venezia-83-competition/ritorno-buenos-aires?utm%5Fsource=chatgpt.com))

Cette précision évite également une confusion avec ***Garage Olimpo***.

Sorti en 1999 et présenté dans la section Un Certain Regard à Cannes, ce film de Bechis racontait l'intérieur d'un centre clandestin de détention pendant la dictature. *Back to Buenos Aires* retourne vers cet univers, mais depuis l'autre bout de l'histoire : **non plus le moment de la captivité, mais ce qui reste plusieurs décennies après**. ([infobae](https://www.infobae.com/cultura/2026/08/13/veinticinco-anos-despues-de-garage-olimpo-marco-bechis-vuelve-a-la-dictadura-con-una-pelicula-que-compite-en-venecia/?utm%5Fsource=chatgpt.com))

Bechis le formule lui-même comme une sorte de continuité. Mariano aurait pu être l'un des jeunes prisonniers que *Garage Olimpo* observait à l'époque. Cette fois, la caméra le retrouve plus de trente ans plus tard, avec tout ce que la survie a laissé derrière elle. ([la Repubblica](https://www.repubblica.it/spettacoli/dossier/mostra-del-cinema-di-venezia/2026/09/12/news/marco%5Fbechis%5Fritorno%5Fa%5Fbuenos%5Faires%5Ffilm%5Fconcorso%5Fvenezia%5F83%5Fintervista-425579648/amp/?utm%5Fsource=chatgpt.com))

## Pourquoi l'histoire se déroule précisément en 2008

Le choix de l'année n'est pas seulement scénaristique.

Après la fin de la dictature en 1983, l'Argentine avait adopté dans les années suivantes plusieurs dispositifs qui avaient largement bloqué les poursuites contre les responsables des crimes commis par le régime.

La situation change au début des années 2000.

En **2003**, le Congrès argentin annule les lois dites de « Punto Final » et « Obediencia Debida ». Deux ans plus tard, la Cour suprême les déclare inconstitutionnelles, permettant la réouverture et le développement de nombreuses procédures pour crimes contre l'humanité. ([Argentine Gouvernement](https://www.argentina.gob.ar/node/307911?utm%5Fsource=chatgpt.com))

En **2008**, l'année où se déroule *Back to Buenos Aires*, ces procès ont donc réellement commencé à produire des condamnations importantes. Human Rights Watch relevait alors plusieurs décisions contre d'anciens policiers et militaires impliqués dans des enlèvements, tortures et disparitions forcées. ([Human Rights Watch](https://www.hrw.org/world-report/2009/country-chapters/argentina?utm%5Fsource=chatgpt.com))

Le tribunal auquel Mariano est confronté appartient donc à un moment historique très particulier : **celui où des survivants ayant vécu des décennies avec leurs souvenirs doivent soudain les transformer en témoignages judiciaires**.

C'est ce contexte qui donne au film une profondeur différente d'un drame historique simplement situé pendant les années 1970.

La dictature est terminée depuis longtemps.

Ses conséquences, elles, ne le sont pas.

## Le film porte le nom de Buenos Aires… mais n'y a presque pas été tourné

C'est l'un des paradoxes les plus intéressants de la production.

***Back to Buenos Aires* a principalement été tourné entre Porto Alegre, au Brésil, et Turin, en Italie.** Les équipes ont recréé en grande partie la capitale argentine ailleurs, alors même que la ville constitue le cœur géographique et émotionnel du récit. ([infobae](https://www.infobae.com/cultura/2026/08/13/veinticinco-anos-despues-de-garage-olimpo-marco-bechis-vuelve-a-la-dictadura-con-una-pelicula-que-compite-en-venecia/?utm%5Fsource=chatgpt.com))

Marco Bechis a expliqué à Venise avoir volontairement réalisé ce qu'il décrit comme un film en **« exil volontaire »**. Seules quelques vues aériennes ont réellement été filmées à Buenos Aires ; Porto Alegre a notamment servi à reconstruire plusieurs lieux argentins. ([Buenos Aires Times](https://batimes.com.ar/news/culture/bechis-returns-to-dictatorship-trauma-with-venice-contender.phtml?utm%5Fsource=chatgpt.com))

Ce déplacement donne presque une dimension supplémentaire au titre.

Mariano revient physiquement à Buenos Aires après trente-trois ans. Bechis, lui, revient cinématographiquement vers cette ville sans y reconstruire entièrement son film.

Dans les deux cas, **le retour passe par une distance**.

## Adriano Giannini porte ce retour

Le rôle principal revient à **Adriano Giannini**, récemment vu notamment dans *Adagio* et la série Netflix *Public Disorder*.

Autour de lui, Bechis a choisi une distribution très largement argentine avec **Ana Celentano, Verónica Gerez, Olivia Nuss, Adrián Fondari, Marcelo Chaparro et Marcela Serli**, ainsi que la Brésilienne **Paula Cohen**. ([La Biennale di Venezia](https://www.labiennale.org/en/cinema/2026/venezia-83-competition/ritorno-buenos-aires?utm%5Fsource=chatgpt.com))

Deux noms créent même un pont direct avec le cinéma antérieur du réalisateur : **Adrián Fondari et Marcelo Chaparro avaient déjà travaillé avec Bechis sur *Garage Olimpo* et *Figli/Hijos***. ([infobae](https://www.infobae.com/cultura/2026/08/13/veinticinco-anos-despues-de-garage-olimpo-marco-bechis-vuelve-a-la-dictadura-con-una-pelicula-que-compite-en-venecia/?utm%5Fsource=chatgpt.com))

Cette continuité dépasse donc le simple sujet.

*Back to Buenos Aires* reprend des acteurs, des questions et des blessures que son réalisateur travaille depuis plusieurs décennies, mais en déplaçant cette fois son regard vers la vieillesse du traumatisme.

## La France faisait déjà partie de l'histoire de *Garage Olimpo*

L'acquisition française possède enfin une petite résonance particulière.

Le travail de Marco Bechis sur la dictature argentine a longtemps circulé en Europe. ***Garage Olimpo*** avait notamment été présenté à Cannes en 1999 avant de devenir l'un des films les plus identifiés de son réalisateur sur le continent. ([infobae](https://www.infobae.com/cultura/2026/08/13/veinticinco-anos-despues-de-garage-olimpo-marco-bechis-vuelve-a-la-dictadura-con-una-pelicula-que-compite-en-venecia/?utm%5Fsource=chatgpt.com))

Vingt-sept ans plus tard, le cinéaste revient vers le même traumatisme avec une perspective presque inversée.

À l'époque, il filmait la mécanique quotidienne d'un centre de détention clandestin.

Aujourd'hui, il s'intéresse à ce qui se produit lorsque l'un de ceux qui en sont sortis vivants doit expliquer, devant d'autres survivants et devant la justice, **le prix exact auquel il a obtenu cette survie**.

C'est probablement là que *Back to Buenos Aires* trouve sa véritable singularité : le film ne demande pas seulement si les bourreaux peuvent être jugés. Il demande ce qu'un procès peut encore réparer chez quelqu'un qui se juge lui-même depuis trente ans.

## Quand *Back to Buenos Aires* sortira-t-il en France ?

À ce jour, **Paradis Films a acquis les droits français, mais n'a annoncé aucune date de sortie**. ([Screen Daily](https://www.screendaily.com/news/marco-bechis-venice-competition-title-back-to-buenos-aires-lands-key-deals/5220367.article?utm%5Fsource=chatgpt.com))

Il est donc trop tôt pour donner un calendrier ou affirmer précisément sous quelle forme Paradis exploitera le film dans l'Hexagone.

Ce qui a changé ce week-end est néanmoins essentiel : *Back to Buenos Aires* n'est plus seulement un film italien et brésilien aperçu dans la compétition de Venise avec l'espoir hypothétique d'être acheté plus tard.

**Un distributeur français s'est désormais engagé sur le film.**

Pour une œuvre aussi intimement liée à la mémoire, la survie et à la difficulté de transmettre une expérience vécue, ce passage du circuit festivalier vers les salles internationales compte presque autant que son passage sur le tapis rouge.

Marco Bechis est revenu à Buenos Aires. **Le film, lui, a maintenant pris la route de la France.**